Info !

Un trouble du rythme cardiaque vient d’être décrit pour la 1ère fois chez le chien dans le Journal of the American Veterinary Medical Association par l’équipe de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (Dr. V Saponaro, Dr. P Passavin, Pr. V Chetboul et Pr. J-LPouchelon). Ces vétérinaires cardiologues ont su déceler sur un simple électrocardiogramme une anomalie qui est habituellement détectée chez l’homme grâce à des cathéters positionnés à l’intérieur du cœur ! Et fort heureusement, le chien va toujours très bien, plusieurs mois plus tard.

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Les arythmies cardiaques sont fréquentes chez les animaux et elles bénéficient de progrès constants dans leur diagnostic et leur traitement. Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site de la fondation :

L’examen holter, c’est par ici : http://www.fondationuncoeur.com/?s=holter+

Et les pacemakers, c’est par là ! : http://www.fondationuncoeur.com/peut-on-poser-un-pacemaker-a-un-chien/


Peut-on poser un pacemaker à un chien ?

L’implantation de pacemakers, pratique courante en cardiologie humaine lors de troubles du rythme cardiaque, se développe de plus en plus chez l’animal, le 1er pacemaker ayant été implanté chez le chien en 1968. Elle présente un réel intérêt clinique pour corriger, comme chez l’Homme, des arythmies incurables par traitement médical classique. La Fondation Un Cœur vous explique le principe et les avantages de cet outil.

Un pacemaker, comment ça fonctionne ?

Egalement appelé « stimulateur cardiaque », le pacemaker comporte un boitier dit « de stimulation », incluant une batterie (ou pile au lithium) ainsi qu’une ou plusieurs électrodes à positionner sur ou dans le cœur (voir photos 1 et 2). Ceci permet de déclencher des contractions cardiaques, en envoyant des stimuli électriques au muscle du cœur (ou myocarde).

Photo1Photo 1 : Les différents composants d’un pacemaker

Photo2Photo 2 : Radiographie d’une chienne croisée Yorkshire, qui présentait à la fois des syncopes quotidiennes et de l’œdème pulmonaire résistant au traitement médical en raison d’une arythmie grave : un bloc atrioventriculaire du 3ème degré (fréquence cardiaque avant pose du pacemaker : 40 bpm seulement ; fréquence cardiaque après pose du pacemaker : 100 bpm). Le pacemaker est positionné dans l’abdomen et l’électrode suturée au cœur après avoir traversé le diaphragme

Un programmateur (voir photo 1) permet de régler les différents paramètres de la pile (intensité du courant, voltage, durée de l’impulsion électrique, fréquence cardiaque souhaitée, etc). Les pacemakers les plus sophistiqués disposent même de systèmes permettant de détecter l’activité de l’animal (capteur piézo-électrique ou accéléromètre inséré à l’intérieur du boîtier de stimulation). La fréquence cardiaque peut ainsi augmenter si nécessaire, lorsque l’animal est plus actif ou lorsqu’il court. Le cardiologue vétérinaire programmera alors une fréquence cardiaque de base minimale et une fréquence cardiaque maximale délivrée par la pile, lorsque l’animal est respectivement au repos ou actif. Attention ! Comme toute pile, celle du pacemaker s’use d’autant plus vite que l’on s’en sert : afin de préserver une durée de vie de quelques années, la fréquence cardiaque maximale ne doit pas être trop élevée !

La pose d’un pacemaker temporaire externe peut être envisagée dans des centres spécialisés dans un contexte d’urgence, afin de stabiliser la fréquence cardiaque, le temps d’implanter dans un deuxième temps un pacemaker définitif. C’est ce qui avait été réalisé pour sauver la petite chienne Labrador Gina, atteinte d’un grave trouble du rythme dénommé « bloc atrioventriculaire du 3ème degré ». Si vous voulez revoir ce post, cliquez sur les liens suivants : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1634210043277475&id=627263943972095 et https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=2528483613850109&id=627263943972095.

L’implantation définitive du pacemaker se fait généralement de deux façons selon le format de l’animal :

-       par voie transdiaphragmatique : si l’animal est de petite taille, le boîtier est positionné dans l’abdomen et l’électrode, reliant le boîtier au cœur, passe à travers le diaphragme, et est suturé sur la pointe externe du cœur ou épicarde (voir photo 2) ;

-       par voie endocavitaire : si l’animal est de plus grande taille, le boîtier est alors fixé dans la région de l’encolure et l’électrode est positionnée à l’intérieur du cœur en passant par la veine jugulaire, comme pour Gina. Pour relire son histoire, c’est ici : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1486296381402176&id=627263943972095.

Pourquoi avoir recours à un pacemaker ?

Cet outil sert à corriger des troubles du rythme cardiaque particuliers, l’indication la plus fréquente chez le chien étant ceux caractérisés par une diminution majeure de la fréquence cardiaque (ou bradycardie).

Cette technique présente de nombreux avantages : l’implantation d’un pacemaker permet de traiter immédiatement les troubles cardiaques ne répondant pas à un traitement médical, de corriger les signes cliniques associés (fatigabilité à l’effort, voire au repos, syncopes, toux et difficultés respiratoires en raison d’un œdème pulmonaire) et ainsi d’augmenter l’espérance des animaux opérés.

Le pacemaker est par ailleurs le seul traitement efficace à court et à long terme de certaines arythmies, comme celles caractérisées par une « coupure » intermittente ou permanente du circuit électrique naturel qui existe à l’intérieur du cœur entre oreillettes et ventricules : blocs atrioventriculaires de type 2 de haut grade (BAV2) ou de type 3 (BAV3), respectivement.

Quels critères le chien doit-il remplir pour être éligible à l’implantation d’un pacemaker ?

Idéalement, l’arythmie du chien ne doit pas être d’origine extracardiaque. De plus, avant la pose, le chien doit passer une évaluation complète de son état : examen clinique approfondi, prises de sang, radiographies, électrocardiogramme et échocardiographie couplée entre autres à un examen Doppler tissulaire, pour être sûr que l’opération présente un risque minimal. Toute infection ou inflammation cardiaque doit également être exclue.

Et une fois le pacemaker posé ?

Une fois l’animal opéré, il est nécessaire de faire un contrôle électrocardiographique et radiographique. Il faut ensuite faire une surveillance régulière des paramètres cardiaques, tous les 3 à 6 mois, notamment avec un électrocardiogramme et une échocardiographie. Les paramètres de la pile décrits ci-dessus, dont sa longévité, doivent également être vérifiés régulièrement.

Les seuls inconvénients de cette technique sont son coût et le fait qu’il s’agisse d’un acte non anodin, hautement spécialisé, nécessitant des compétences bien spécifiques. Sa principale limitation en médecine vétérinaire est son prix et le matériel nécessaire, d’où l’importance des dons. De plus, elle demande de l’investissement de la part du propriétaire, puisqu’il y a de nombreux contrôles à réaliser. Elle est à l’heure actuelle essentiellement réservée au chien, et rarement réalisée chez le chat.

L’implantation d’un pacemaker est une solution parfois obligatoire chez les animaux souffrant d’arythmies cardiaques incurables par traitement médical. Son utilisation connaît une évolution croissante, puisqu’il s’agit souvent de la seule manière d’améliorer l’espérance de vie d’animaux cardiaques.

Bibliographie :

1. François L, Chetboul V, Nicolle A, Carlos C, Borenstein N, Pouchelon JL., Pacemaker implantation in dogs: results of the last 30 years. Schweiz Arch Tierheilkd2004;146:335-44.

 2. Nicolle A, Borenstein N, Tessier Vetzel D, Rouby M, Behr L, Pouchelon JL, Chetboul V., Exploration of a third degree atrioventricular block by standard echocardiography, tissue Doppler imaging, and treatment with a cardiac pacemaker in a German wire-haired pointer. Schweiz Arch Tierheilkd2004;146:81-7.


Une chaîne de solidarité Association/Fondations/Vétérinaires pour sauver Ophée !

Ophée a été recueillie en Martinique par SOS Animaux de Compagnie, une association ayant pour but le sauvetage d’animaux en difficulté sur l’île et leur aide au placement à la fois en France métropole et en Martinique. Souffrant d’une grave malformation cardiaque, elle a été rapatriée par l’association, puis transférée à l’équipe spécialisée de l’Unité de Cardiologie d’Alfort du Centre Hospitalier Universitaire Vétérinaire d’Alfort.

Comme dernièrement pour Potter et Pixelle, la malformation cardiaque a pu être corrigée avec succès – malgré le petit format d’Ophée, le risque encouru et les arythmies associées – grâce à la mise en place d’un petit dispositif par l’artère fémorale. Elle est repartie le lendemain en pleine forme, avec uniquement un petit pansement à l’intérieur de la cuisse, à la joie de tous, y compris de sa formidable adoptante, très émue de la retrouver ainsi. Cette action a été rendue possible par l’association SOS Animaux de Compagnie avec l’aide de la Fondation Brigitte Bardot et de la Fondation Un Cœur.

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Un grand merci à elles trois de leur confiance et bravo aux équipes conjointes de l’IMMR-Unité de Cardiologie d’Alfort-Fondation Un Coeur : en particulier au Dr. Nicolas Borenstein, au Pr. V. Chetboul, aux Drs. A. Morlet, L. Enrique Carazo, P. Passavin et A. Pun Garcia (mécénat Fondation Un Cœur/UCA) ainsi qu’au Pôle Anesthésie-Réanimation-Urgence-Soins Intensifs de l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort (équipes du Pr. Patrick Verwaerde et du Dr. Rocio Fernandez).


Faune sauvage / Cardiologie, mission « Oiseaux » (suite) : mesure de la pression intra-oculaire

Certaines maladies cardiaques peuvent potentiellement avoir des répercussions oculaires. De plus, la vision des oiseaux, l’une des plus performantes dans le règne animal, est essentielle à leur survie.

C’est pourquoi, dans le cadre du suivi d’une affection cardiaque, mais plus généralement pour toute évaluation clinique des oiseaux, la réalisation d’un examen ophtalmologique complet est essentielle.

Sur la vidéo, en slow-motion, un tonomètre est utilisé afin de mesurer la pression intraoculaire de Boss, un magnifique Ara Jaune et bleu (Ara Ararauna) découvert atteint d’une maladie cardiaque (cf. post du 12.12/2019). Participent à ces examens les Drs. Mathilde Glüntz et Pierre Huberdeau, vétérinaires en clinicat faune sauvage / cardiologie  via la Fondation Un Cœur et l’association Yaboumba en partenariat avec l’Unité de Cardiologie d’Alfort.

Pour visionner la vidéo, c’est ici !


Reportage : conférence sur la cardiologie des animaux sauvages et exotiques

La Fondation Un Cœur, en partenariat avec l’association Yaboumba Junior Alfort, a organisé le 12 novembre une conférence sur le thème de la cardiologie des animaux sauvages et exotiques. Cet événement a rencontré un franc succès : plus de 160 étudiants sont venus écouter les Drs Valérie Chetboul, Norin Chai, Lionel Schilliger, Mathilde Gluntz et Pierre Huberdeau.

Conf YabDe nombreux étudiants, toutes promotions confondues, sont venus assister à la conférence

Cette soirée, placée sous le signe de l’amitié, a surtout mis en avant le travail d’équipe entre les vétérinaires en faune sauvage et les spécialistes en cardiologie. Les Drs Chetboul, Chai et Schilliger ont en effet initié l’étude de cette discipline, encore méconnue chez les reptiles ou les grands félins il y a une vingtaine d’années.

De cette collaboration sont nés de nombreux travaux, largement publiés.

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Le Dr Norin Chai a notamment présenté le 1er cas de chirurgie cardiaque pratiqué chez une panthère des neiges, datant de 2010. Elle présentait un souffle cardiaque (systolique basal gauche), de grade important (entre 4 et 6), associé à un abattement. Une échocardiographie a été réalisée à l’Unité de Cardiologie d’Alfort, révélant une sténose très important de l’artère pulmonaire : son diamètre était seulement de 5 mm, et le sang y circulait alors à une vitesse très élevée. L’opération réalisée a consisté en une valvuloplastie par ballonnet. Après avoir cathétérisé la jugulaire, une sonde y a été insérée par fluoroscopie, qui a servi à guider le passage du ballon. Une fois au niveau de la sténose, le ballon a été gonflé pour dilater l’artère. Cette chirurgie a été un succès pour la panthère, dont l’abattement a totalement disparu dès la première semaine post-opératoire.

Le Dr Schilliger, spécialiste des reptiles, a ensuite abordé les particularités de ce groupe d’espèces, qui possèdent un cœur à l’anatomie originale ! Contrairement aux chiens, les reptiles ne présentent par exemple pas de toux en cas d’œdème pulmonaire cardiogénique. De plus, le ventricule du cœur des reptiles n’est pas cloisonné, mais présente des anfractuosités  appelés cava, contrairement aux crocodiliens, dont la morphologie du cœur est globalement semblable à celle des mammifères.

Toutes ces particularités permettent l’adaptation des reptiles à leur environnement. Les varans sont par exemple capables de « shunter » leur cœur par différence de pression lorsqu’ils se mettent en apnée. Cela permet de dévier le sang pauvre en oxygène vers la circulation systémique, afin de favoriser la perfusion des organes vitaux.

Les Drs Chetboul et Schilliger ont ensuite présenté leur premier projet réalisé il y a une vingtaine d’années : la mise en place d’un examen cardiaque standardisé chez les serpents. Ce travail a mené à une publication détaillant les différentes coupes à réaliser lors de l’examen échocardiographique des serpents.

Le Dr Huberdeau a enfin exposé les particularités de la cardiologie chez les oiseaux. La présentation clinique des pathologies cardiaques, ainsi que la manière de mener l’examen cardiaque chez ces espèces ont été détaillées.

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La cardiologie en faune sauvage et exotique a fait de nombreux progrès, et les recherches continuent grâce aux Dr Mathilde Gluntz et Pierre Huberdeau, actuellement en clinicat respectivement de cardiologie faune sauvage et faune sauvage, deux programmes financés par la Fondation Un Cœur, en partenariat avec l’association Yaboumba, l’Unité de Cardiologie d’Alfort, la Ménagerie du Jardin des Plantes et le Muséum d’Histoire Naturelle.

La Fondation Un Cœur permet donc au Dr Huberdeau de se former sur le terrain pendant 6 mois, en participant au suivi des cas, à la préparation et à la réalisation des interventions vétérinaires sur les animaux. De plus, il participe au suivi prophylactique des espèces du parc, ainsi qu’aux autopsies.

Pour en savoir plus :

1)     Chai N, Behr L, Chetboul V, Pouchelon JL, Wedlarski R, Tréhiou-Sechi E, Gouni V, Misbach C, Petit AM, Bourgeois A, Hazan T, Borenstein N. Successful treatment of a congenital pulmonic valvular stenosis in a snow leopard (Uncia uncia) by percutaneous balloon valvuloplasty. J Zoo Wildl Med. 2010 Dec;41(4):735-8.

2)     Chai N, Petit T, Kohl M, Bourgeois A, Gouni V, Trehiou-Sechi E, Misbach C, Petit A, Damoiseaux C, Garrigou A, Guepin R, Pouchelon JL, Chetboul V. Prevalence of valvular regurgitations in clinically healthy captive leopards and cheetahs: a prospective study from the wildlife cardiology (WLC) group (2008-2013).J Zoo Wildl Med. 2015 Sep;46(3):526-33.

3)     Chai N, Pouchelon JL, Bouvard J, Sillero LC, Huynh M, Segalini V, Point L, Croce V, Rigaux G, Highwood J, Chetboul V. Proposed simple method for electrocardiogram recording in free-ranging asian elephants (elephas maximus).J Zoo Wildl Med. 2016 Mar;47(1):6-11.

4)     Chetboul V, Schilliger L, Tessier D, Pouchelon JL, Frye F.[Specific features of echocardiographic examination in ophidians. Schweiz Arch Tierheilkd 2004 Jul;146(7):327-34.

5)     Schilliger L, Chetboul V, Damoiseaux C, Nicolier A. Restrictive cardiomyopathy and secondary congestive heart failure in a mcdowell’s carpet python (moreliaspilotamcdowelli).J Zoo Wildl Med. 2016 Dec;47(4):1101-1104.

6)     Schilliger L, Tréhiou-Sechi E, Petit AM, Misbach C, Chetboul V. Double valvular insufficiency in a Burmese python (Python molurusbivittatus, Linnaeus, 1758) suffering from concomitant bacterial pneumonia.J Zoo Wildl Med. 2010 Dec;41(4):742-4.


Qu’est ce qu’un Holter ?

La Fondation Un Cœur soutient la cardiologie vétérinaire. Celle-ci fait appel, comme pour l’homme, à différents outils diagnostiques, comme le Holter. Qu’est-ce qu’un Holter ?

Un Holter est un instrument diagnostique très utile en cardiologie. Bien connu en médecine humaine, son champ d’application s’étend aussi à la médecine vétérinaire, chez les chiens surtout, et chez les chats. Mais à quoi sert-il, et surtout en quoi est-il utile chez nos animaux ?

Un Holter est un outil portable qui permet un enregistrement en continu de l’activité électrique cardiaque, ou électrocardiogramme (ECG), au minimum pendant 24 heures. En pratique, il comporte deux parties : un boîtier d’enregistrement et un logiciel d’analyse. L’appareil est branché à l’animal par 5 à 7 électrodes, scotchées sur son thorax. L’ensemble est finalement plus petit qu’un téléphone portable, tout est maintenu dans un gilet. Cela permet d’augmenter le confort de l’animal, tout en préservant le dispositif bien en place, et ceci de façon totalement indolore.

Holter

Un Holter et son dispositif d’attache au chien (Dr Vittorio Saponaro – Unité de Cardiologie d’Alfort)

Il existe plusieurs types de Holter, selon la durée d’enregistrement souhaitée : 24, 48 voire une semaine. Pour des périodes plus longues, le Holter est implanté directement sous la peau, cette fois-ci sous la forme d’un micro-dispositif de quelques centimètres, appelé cardiaceventrecorder. L’enregistrement peut alors durer un an.

 

Mais pourquoi avoir recours au Holter chez nos animaux ?

Il est possible qu’après l’examen clinique de l’animal, et suite à de premiers examens complémentaires, le vétérinaire ait encore besoin de préciser le diagnostic.

-        Soit l’auscultation cardiaque met en évidence une arythmie, l’enregistrement Holter va alors permettre de mieux analyser et d’étudier sa récurrence au cours de la journée.

-        Soit l’animal ne présente pas d’arythmie au cours de l’auscultation, le Holter peut permettre de dépister des arythmies dites « occultes », qui se manifesteraient en dehors de la consultation et qui pourraient alors expliquer certaines manifestations cliniques (pertes de connaissance par exemple).

L’utilisation d’un Holter peut aider le vétérinaire à évaluer de façon précise l’efficacité d’un traitement anti-arythmique. Ceci est par exemple très utile lors de fibrillation atriale. Ce trouble du rythme cardiaque, plus souvent rencontré chez les grands chiens, est caractérisé, comme chez l’Homme, par des battements cardiaques irréguliers à haute fréquence. Si l’enregistrement Holter met en évidence une fréquence cardiaque moyenne de 125 battements par minute ou moins au cours de la journée, avec le traitement, le pronostic sera plus favorable.

Enfin, le Holter permet le dépistage de certaines maladies cardiaques caractéristiques de races particulières, difficilement décelables, voire indécelables, à l’échocardiographie. On peut citer :

-        la myocardiopathie dilatée chez le Doberman, révélée au Holter s’il enregistre plus de 300 extrasystoles ventriculaires par jour ;

-        la myocardiopathie arythmogène droite chez le Boxer, révélée au Holter s’il enregistre, entre autres, plus de 100 extrasystoles ventriculaires par jour ;

-        l’arythmie ventriculaire familiale chez le Berger Allemand, caractérisée par des arythmies potentiellement létales, survenant préférentiellement pendant le sommeil, notamment chez le jeune.

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Holter sur un Doberman (Dr Vittorio Saponaro – Unité de Cardiologie d’Alfort)

 Les indications de l’examen Holter en médecine vétérinaire sont donc multiples.

Une fois installé sur l’animal, ce dernier rentre simplement chez lui pour la période définie. Il mène ses activités habituelles, et il est demandé au propriétaire de tenir un « journal » pour répertorier les heures précises d’apparition d’éventuels événements (malaises ou épisodes de fatigue par exemple).

Les seules limites de l’examen Holter sont les éventuels artéfacts qui peuvent être enregistrés si l’appareil bouge.

L’ultime étape est ensuite le recueil, l’analyse et l’interprétation des données. Le Holter comporte un logiciel qui distingue dans un premier temps les battements atypiques de ceux normaux. Un opérateur vérifie enfin tous les événements et corrige les éventuelles fausses interprétations du logiciel, afin d’établir le diagnostic final.

Le Holter est devenu un outil indispensable au cardiologue vétérinaire. Il s’agit d’un examen de choix chez l’animal atteint d’arythmie cardiaque, afin de le traiter au mieux. Chez nos carnivores domestiques, l’enregistrement le plus commun est réalisé sur 24 heures.

 

Bibliographie :

1 -  J Vet Cardiol. 2017 Oct;19(5):405-415. doi: 10.1016/j.jvc.2017.08.006. Epub 2017 Sep 29.

European Society of Veterinary Cardiology screening guidelines for dilated cardiomyopathy in Doberman Pinschers.

Wess G1, Domenech O2, Dukes-McEwan J3, Häggström J4, Gordon S5.

 2 -  Acta Myol. 2017 Sep 1;36(3):135-150. eCollection 2017 Sep.

Arrhythmogenic right ventricular cardiomyopathy in Boxer dogs: the diagnosis as a link to the human disease.

Vischer AS1,2, Connolly DJ3, Coats CJ1, Fuentes VL3, McKenna WJ4, Castelletti S1,5, Pantazis AA1,6.

 3 – Nherited ventricular arrhythmia in German Shepherd dogs. in Santilli, Moise, Pariaut, Perego

I. Santilli Ed. Edra, Milano, 2018 p. 224-225.

 

Un grand merci au Dr Vittorio Saponaro, de l’Unité de Cardiologie d’Alfort, pour sa pédagogie et pour ses explications sur le sujet.

 


La chirurgie cardiaque vétérinaire : bilan et perspectives

Valérie Chetboula, Jonathan Bouvardb et Nicolas Borensteinc

a Professeur de Cardiologie, Agrégée de Pathologie Médicale, Dipl. ECVIM-CA (Cardiology). Unité de Cardiologie d’Alfort, CHUVA et UMR INSERM-ENVA U955. Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, 7 avenue du général de Gaulle, 94704 Maisons-Alfort cedex, France.

bDVM, Dipl. internat en clinique des animaux de compagnie. Unité de Cardiologie d’Alfort, CHUVA, Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, 7 avenue du général de Gaulle, 94704 Maisons-Alfort cedex, France.c DVM, PhD. IMM Recherche, 42 boulevard Jourdan, 75014 Paris, France.
 

 

La cardiologie vétérinaire est une discipline ayant bénéficié des avancées récentes de la cardiologie humaine et de ses propres recherches. Ceci est particulièrement vrai concernant le diagnostic des cardiopathies avec le développement de l’échocardiographie, de l’électrocardiographie et du Holter. Le traitement médical a de même fait de nombreux progrès, avec la preuve de l’efficacité de plusieurs classes de médicaments comme les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine, les inodilatateurs ou les diurétiques de dernière génération, permettant d’améliorer la qualité de vie et de prolonger la durée de vie des animaux cardiaques.

Certaines affections cardiaques animales peuvent aussi bénéficier d’un geste chirurgical curatif. Néanmoins, ceci reste limité à des interventions extra-cardiaques (sans ouvrir le cœur) réalisées au sein de cliniques vétérinaires : ligature du canal artériel, exérèse de tumeurs  de la base du cœur ou encore du péricarde (péricardectomie). S’y ajoute la possibilité de pose de pacemaker dont le but est de traiter des animaux atteints d’arythmies graves. Il n’existe pas de pacemaker spécifiquement conçu pour les chiens. Toutefois, des pacemakers humains sont adaptables aux animaux (Figure 1).

Depuis ces dernières années, d’autres corrections chirurgicales plus complexes, car « intra-cardiaques », sont accessibles aux carnivores domestiques. Elles sont réservées à des centres universitaires ou à des centres de recherche disposant d’un plateau technique important, doté d’équipements de haute technicité, permettant deux approches chirurgicales : l’une par voie endovasculaire (chirurgie dite « interventionnelle » pratiquée sans ouvrir le cœur) et l’autre à cœur ouvert nécessitant la mise en place d’une circulation extracorporelle (CEC).

Le partenariat entre l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) et des chirurgiens cardiaques de  l’IMM recherche (UCA-IMMR), créé il y a maintenant plus de 20 ans à l’initiative des professeurs J-L Pouchelon, V Chetboul et F Laborde, a permis d’opérer et de sauver des animaux souffrant de diverses cardiopathies, le plus souvent congénitales, par l’une ou l’autre de ces deux approches.

Interventions endovasculaires les plus courantes chez l’animal

  • Généralités : le cathétérisme interventionnel a été reconnu comme une technique novatrice et utile suite aux travaux du physiologiste français André Cournan dont les recherches à ce sujet lui ont valu l’attribution du prix Nobel de médecine en 1956. Cette technique consiste, sous contrôle d’un amplificateur de brillance, en l’introduction d’un cathéter dans une veine ou une artère  pour accéder au cœur. Le matériel étant introduit dans les vaisseaux à travers la peau, on parle aussi de procédures endoluminales ou percutanées. Ces procédures endovasculaires permet ainsi, de nos jours, d’éviter certaines interventions chirurgicales à cœur ouvert, notamment lors de sténose pulmonaire (rétrécissement de l’artère pulmonaire) et, plus récemment, de persistance du canal artériel chez les carnivores domestiques.

 

  • La persistance du canal artériel : la persistance du canal artériel est une des cardiopathies congénitales les plus courantes du chien. Le canal artériel, présent chez le fœtus, se ferme dans les 72 premières heures de la vie. La persistance du canal artériel est une malformation congénitale caractérisée par l’absence de fermeture de ce canal, entrainant ainsi un mélange de sang entre l’aorte et l’artère pulmonaire aux effets souvent délétères (40% de survie à 1 an sans correction chirurgicale [1]). La fermeture du canal artériel est classiquement réalisée par thoracotomie (ouverture du thorax) et ligature du canal après sa dissection. Néanmoins, une technique novatrice, réalisée par voie endovasculaire, peut être à présent proposée : elle consiste à introduire au travers d’un cathéter un petit dispositif appelé ACDO [2] (Amplatz® canine duct occluder) ayant pour but d’occlure la lumière du canal (Figures 2 à 5).
    Figure2-chir-cardioFigure3-chir-cardio
  • Figure4-chir-cardioFigure5-chir-cardio                                                                                                                                                           

    La procédure est contrôlée par angiographie et échocardiographie transœsophagienne (Figures 6 et 7).

Figure6-chir-cardio Figure7-chir-cardio

Ces dispositifs endovasculaires spécifiquement conçus pour le chien ont vu le jour à la fin des années 2000 et présentent l’avantage d’être spécifiquement adaptés à la forme et à la taille des  canaux artériels dans cette espèce. Le risque d’embolisation est donc particulièrement réduit. Cette technique présente, par ailleurs, de très bons résultats avec de nombreux avantages : temps opératoire court limitant les risques anesthésiques, absence de dissection du canal réduisant ainsi les risques hémorragiques, et absence d’ouverture du thorax permettant une hospitalisation post-opératoire de courte durée). Cette technique endovasculaire a permis aux équipes UCA-IMMR depuis 2008 de traiter avec succès plusieurs dizaines de chiens souffrant de cette malformation.

 

  • Figure8-chir-cardioLa sténose pulmonaire: De même, la dilatation par ballonnet (ou angioplastie pulmonaire percutanée) est la technique de choix pour corriger – sans ouvrir le cœur – une autre malformation congénitale très fréquente du chien, la sténose pulmonaire, représentant jusqu’à 32% des cardiopathies congénitales dans cette espèce [3], les Bouledogues français et anglais étant les races les plus prédisposées. La technique consiste à faire cheminer, par des cathéters introduits préalablement dans une veine, un ballonnet jusqu’au lieu de l’obstacle artériel. Le ballonnet est ensuite gonflé, souvent à plusieurs reprises, pour dilater l’obstacle et agrandir ainsi la voie de passage du sang (Figure 8). Le premier cas « humain » a été réalisé en 1982 [4] (après avoir été testé chez un Bouledogue Anglais en 1980) et en 2009, la première correction d’une sténose pulmonaire chez un grand félin (une panthère des neiges) utilisant cette technique a été réussie par les équipes UCA-IMMR [5].

Cependant, selon la complexité de la malformation de l’artère pulmonaire, certaines sténoses peuvent ne pas répondre à la dilatation par ballonnet. Dans ce cas, une angioplastie par implantation de stent peut s’avérer nécessaire.

Ces interventions chirurgicales interventionnelles, permettant d’accéder au cœur sans ouvrir le thorax, ont l’avantage d’être peu invasives par comparaison aux chirurgies à cœur ouvert avec amélioration fonctionnelle et augmentation de l’espérance de vie des animaux opérés. Cependant, ces techniques restent limitées aux cas évoqués ci-dessus (persistance du canal artériel et sténose pulmonaire) et mériteraient d’être développées pour d’autres affections cardiaques congénitales ou acquises, restant à l’heure actuelle incurables chez l’animal. La recherche ayant pour but de développer de nouveaux dispositifs endovasculaires offre ainsi de réelles perspectives d’avenir en chirurgie cardiaque vétérinaire.

Interventions à cœur ouvert – problématique

Certaines affections cardiaques imposent d’ouvrir le cœur pour être corrigées. Ceci nécessite le recours à la CEC dont le principe est de détourner le sang hors du cœur pendant le temps nécessaire à la réalisation des gestes chirurgicaux.

L’avènement de la CEC a révolutionné la chirurgie cardiaque chez l’homme dans les années 60 : d’une chirurgie très risquée, réalisée en aveugle (par palpation) et avec une fenêtre de temps d’intervention très courte, dans des conditions d’hypothermie mal contrôlés, elle est devenue une discipline de reconstruction, de réparation ou de remplacement, très codifiée, avec des gestes complexes, parfois très longs.

Grâce à la motivation de quelques chirurgiens vétérinaires d’universités Nord-américaines, véritables pionniers de cette discipline, la chirurgie cardiaque vétérinaire a bénéficié de l’usage de la CEC à partir des années 1970 [6].

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Le montage de la CEC (remplaçant à la fois le cœur et les poumons du malade) nécessite la mise en place de canules au niveau des veines caves ou de l’atrium droit (canule atrio-cave). Ces canules permettent d’extraire le sang « non oygéné », qui est ensuite conduit via un circuit hépariné, vers un oxygénateur (jouant le rôle de poumon), puis vers une pompe (jouant le rôle du cœur). Le sang alors oxygéné est ensuite ré-injecté via une canule mise en place dans l’aorte ascendante (Figure 9).

Le circuit de CEC nécessite un réglage précis par un spécialiste appelé perfusionniste ou pompiste. Très peu de publications vétérinaires font état d’une expérience en chirurgie sous CEC en raison du plateau technique et du personnel nécessaire.

Toutefois, grâce aux équipes UCA-IMMR, plusieurs animaux ont pu bénéficier d’une chirurgie cardiaque à cœur ouvert sous CEC en France. Ces équipes ont de surcroit innové en évitant, comme classiquement réalisé chez l’homme, le recours à la cardioplégie (arrêt du cœur) pendant l’intervention. La première correction à cœur ouvert et cœur battant d’une malformation de la valve mitrale a ainsi été réalisée, avec succès, en 2002 chez un Cairn Terrier de 1 an (Figure 10).

Figure10-chir-cardioElle a été suivie en 2005 de la pose de la première valve bioprothétique chez un Bull Terrier de 1 an [7,8]. Enfin, plus récemment, (2010) la correction à cœur ouvert – cœur battant d’une malformation cardiaque congénitale grave chez un chat (Cor Triatratum Sinister) a été réalisée par les mêmes équipes[9].

Malgré ces avancées remarquables, de nombreux progrès restent à réaliser, notamment concernant le prise en charge chirurgicale de la cardiopathie la plus fréquente du chien, la maladie valvulaire dégénérative mitrale. Cette cardiopathie affecte préférentiellement les chiens de petit format, le Cavalier King Charles étant particulièrement prédisposé [9].Elle est à l’origine de décès par insuffisance cardiaque congestive (œdème pulmonaire) dans 25 à 40% des cas selon les races [10,11] malgré la mise en place d’un traitement médical. La réparation partielle sous CEC de la valve atteinte (valvuloplastie) permet de limiter les conséquences de la maladie [12]. Néanmoins, la solution optimale semble être le remplacement valvulaire complet grâce à la pose de prothèses adaptées au petit format et à la physiologie de ces chiens malades. Ceci reste l’objet de recherche en cours pour les années à venir…


Bibliographie

[1] Eyster GE, Eyster JT, Cords GB, Johnston J. Patent ductus arteriosus in the dog : charactéristics of occurrence and results of surgery in one hundred consecutive cases. J Am Vet Med Assoc 1976;168:435-438.

[2] Amplatz® Canine Duct Occluder, Infinity Medical, LLC™, West Hollywood, CA.

[3] Oliveira P, Domenech O, Silva J, Vannini S, Bussadori R, Bussadori C. Restrospective review of congenital heart disease in 976 dogs. J Vet Intern Med 2011;25:477-483.

[4] Buchanan JW, Anderson JH, White RI. The 1st balloon valvuloplasty : an historical note. J Vet Intern Med2002;16:116-117

[5] Chai N, Behr L, Chetboul V, Pouchelon JL, Wedlarski R, Tréhiou-Sechi E, Gouni V, Misbach C, Petit AM, Bourgeois A, Hazan T, Borenstein N.Successful treatment of a congenital pulmonic valvular stenosis in a snow leopard (Uncia uncia) by percutaneous balloon valvuloplasty. J Zoo Wildl Med 2010;41:735-738.

[6] Breznock EM, Vasko JS, Hilwig RW, Bell RL,Hamlin RL. Surgical correction, using hypothermia, of interventricular septal defect in the dog. J Am Vet Med Assoc 1971;158:1391-1400.

[7] Borenstein N, Daniel P, Behr L, Pouchelon JL, Carbognani D, Pierrel A, Macabet V, Lacheze A, Jamin G, Carlos C, Chetboul V, Laborde F.Successful surgical treatment of mitral valve stenosis in a dog. Vet Surg 2004;33:138-145.

[8] Behr L, Chetboul V, Carlos Sampedrano C, Vassiliki G, Pouchelon JL, Laborde F, Borenstein N. Beating heart mitral valve replacement with a bovine pericardial bioporthesis for treatment of mitral valve dysplasia in a Bull Terrier. Vet Surg 2007;36:190-198.

[9] Borenstein N, Gouni V, Behr L, Trehiou-Sechi E, Petit A, Misbach C, Raillard M, Pierrel A, Retortillo JL, Pouchelon JL, Laborde F, Chetboul V.Successful surgical treatment of cor triatriatum sinister in a cat under cardiopulmonary bypass.Vet Surg, sous presse.

[10] Chetboul V, Tissier R, Villaret F, Nicolle A, Déan E, Benalloul T, Pouchelon JL. Caractéristiques épidémiologiques, cliniques, écho-Doppler de l’endocardiose mitral chez le Cavalier King Charles en France : étude rétroscpective de 451 cas (1995 à 2003). Can Vet J 2004;45:1012-1015.

[11] Serfass P, Chetboul V, Carlos Sampedrano C, Nicole A, Benalloul T, Laforge H, Gau C, Hébert C, Pouchelon JL, Tissier R. Retrospective study of 942 small-sized dogs : Prevalence of left apical systolic heart murmur and left-sided heart failure, critical effects of breed and sex. J Vet Cardiol 2006;8:11-18.

[12] Uechi M. Mitral valve repair in dogs. J Vet Cardiol 2012;14:185-192.


Figure 1 : Mise en place d’un pacemaker chez un chien de petit format atteint d’une arythmie grave à l’origine de syncopes (plusieurs par jour). Le pacemaker, relié au cœur par une électrode, va quelques minutes plus tard être placé dans l’abdomen. Il a permis d’enrayer l’arythmie, faisant ainsi totalement disparaître les symptômes, ce pendant plusieurs années.Crédit photo : Pr. Valérie Chetboul (UCA).

 

Figure 2 : Schéma illustrant la pose d’un ACDO par voie endovasculaire chez un chien atteint de persistance du canal artériel. Crédit figure : Infiniti Medical.

A)   L’ACDO est attaché au cathéter et mis en place dans le canal artériel ;

B)    Le cathéter est ensuite retiré le long de l’aorte jusqu’à l’artère fémorale.

Ao : Aorte – TP : Tronc pulmonaire – CA : Canal artériel

 

Figure 3 : ACDO (Amplatz® canine duct occluder ; Infiniti Medical®) : dispositif formé de deux disques et ayant une forme de diabolo adapté à la forme des canaux artériels de chien.Crédit photo : Dr. Nicolas Borenstein (IMMR).

 

Figure 4 : Dissection de l’artère fémorale d’un chien en vue de la pose d’un ACDO.Crédit photo : Pr. Valérie Chetboul (UCA).

Figure 5 : Voie d’abord de l’artère fémorale et pose d’un cathéter guide en vue de l’occlusion d’un canal artériel par voie endovasculaire. Crédit photo : Dr. Cécile Damoiseaux (UCA).

 

Figure 6 : Images angiographiques montrant le déploiement d’un ACDO (flèche jaune) dans le canal artériel d’un chien sous contrôle échographique transœsophagien (*). Le cathéter guide introduit dans l’artère fémorale remonte l’aorte jusqu’au canal artériel (6A) où l’ACDO y est déployé (6B. Crédit photo : IMMR.

Figure 7 : Suivi per-opératoire d’une pose d’ACDO par échographie transœsophagienne.Crédit photo : Dr. Cécile Damoiseaux (UCA).

Figure 8 : Dilatation par ballonet d’une sténose pulmonaire sous contrôle échographique transœsophagien (*). L’injection de produit de contraste dans le ballon permet d’écraser l’obstacle situé dans l’artère pulmonaire. Noter la forme caractéristique du ballon en sablier (flèche bleue, 8A) avant la levée de l’obstacle (8B). Cette forme disparaît apres levée de l’obstacle (photo de droite).Crédit photo : IMMR.

 

Figure 9 : Principe de la circulation extra-corporelle.Crédit Figure : Dr. Nicolas Borenstein.

Figure 10 : Rébus, atteint d’une malformation grave de la valve mitrale, est le premier chien à avoir été opéré à cœur ouvert – cœur battant (équipes UCA-IMMR). Crédit Photo : Pr. Valérie Chetboul (UCA). 


Le Magazine de la Santé « In Vivo »

Le magazinel de la santéLa Fondation Un Coeur est à l’honneur dans  le « Magazine de la santé« , sur  France 5, animé par Martine Carrère d’Encausse et Michel Cymes. Une série de reportages est consacrée à la médecine vetérinaire, à Maison-Alfort dont deux modules à la chirurgie cardiaque animale, et donc au travail de Valérie Chetboul et de son équipe, dans le cadre d’un feuilleton « In Vivo ». Tous les jours de cette semaine vers 14h30. Vous pourrez voir l’intégrale de « In Vivo »qui passera ce dimanche 29 juin à 20h sur France 5.


Témoignage de Robert J.Y. MORAILLON

Robert J.Y. MORAILLON           Ayant enseigné pendant plus de 40 ans la médecine interne des équidés et des carnivores à l’Ecole Nationale vétérinaire d’Alfort, j’ai participé à l’évolution spectaculaire de cette discipline en favorisant la création des spécialisations.

Parmi celles-ci, l’une des premières fut confiée à mon collègue, le Professeur Jean-Louis POUCHELON qui a développé la cardiologie des animaux de compagnie. Sous son impulsion, des progrès considérables ont permis une amélioration importante du diagnostic et du traitement des principales cardiopathies du chien et du chat.

Le Professeur Valérie chetboul qui fut l’une de nos premières internes a contribué très efficacement au fonctionnement et au développement de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) dont elle a pris la direction depuis plusieurs années. Son activité scientifique a donné lieu à de très nombreuses publications dans la presse internationale et elle a su créer une équipe mondialement reconnue, développant en France des collaborations en matière de recherche avec l’unité de cardiologie de l’hôpital Henri Mondor à Créteil et avec le service de chirurgie cardiaque du Professeur François LABORDE à l’Institut Montsouris.

Les travaux cliniques de cette unité ont permis la mise en place de techniques de pointe en chirurgie cardiaque appliquées à différentes espèces animales. L’amélioration du diagnostic précoce de certaines cardiopathies permet, en collaboration avec les clubs de races canines et félines, de sélectionner des animaux indemnes utilisés pour l’élevage, ce qui aboutit à terme à l’éradication de certaines malformations cardiaques. Ces nouvelles possibilités ont une importance particulière lorsqu’il s’agit d’investir des sommes considérables dans l’élevage et le dressage de certains animaux destinés à aider les personnes handicapées (chiens d’assistance aux handicapés moteurs, aux non-voyants, aux autistes) : la nécessité de reformer certains animaux dont la maladie n’a pas été détectée à temps constitue un drame pour la personne handicapée et une perte économique importante. La détection précoce de ces cardiopathies est ainsi essentielle.

Les travaux poursuivis par l’Unité de Cardiologie d’Alfort s’appliquent également aux animaux exotiques et des programmes de détection précoce des cardiopathies congénitales s’appliquent parfaitement à certaines espèces sauvages dont la sauvegarde devient problématique en raison de la consanguinité qui règne chez les animaux de ces espèces.

La fondation «  Un Coeur », créée par Mme Anouk AIMEE et M. Jean GLAVANY, destinée d’une part à soigner les animaux et aider les équipes dont c’est la vocation et, d’autre part, à maintenir la biodiversité, est le fruit d’une excellente initiative qui mérite d’être soutenue par les amis des animaux.

Robert J.Y. MORAILLON

Docteur Vétérinaire, Professeur émérite,

et Directeur honoraire de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort


Une mission «Double Cœur» pour la Fondation Un Cœur et l’association Yaboumba

 

FondationUnCoeur_Yaboumba

 

Elephant_Cambodge

 

Du 27 au 31 janvier 2014, la Fondation Un Cœur a mené une mission au Cambodge en collaboration avec l’association vétérinaire Yaboumba. Cette mission, baptisée « Double Cœur », double car à la fois humanitaire et scientifique, a été réalisée par une équipe internationale de 10 vétérinaires passionnés, partis dans ce pays dont l’héritage majestueux des Rois Angkoriens ne saurait  oublier sa tragique récente histoire …

 

Un grand merci aux sponsors : l’entreprise «  Alsace Biscuits » et le laboratoire Vetoquinol pour le don de  gâteaux et de matériels distribués aux orphelins de Kien Khleang (Association Elephant Blanc) ainsi qu’à la société General Electric (M. E. Demaret) pour le prêt de l’échocardiographe V-Scan (de la taille d’un smartphone, donc très pratique en raison des conditions de terrain difficiles : ici la jungle !).

Alsace_BiscuitsvetoquinolGEcardio

 

carte Cambodge

 

 

 

 

 

 

 

Etape 1 : Orphelinat  (Kien Khleang orphanage center)

Vétérinaires de cœur pour une Fondation du Cœur, la première étape de nos aventuriers était de donner -  pendant un temps – des sourires, encore plus de sourires à des enfants orphelins. Dans un orphelinat situé sur la rive du Tonlé Sap (à la sortie de Phnom Pehn) et géré par l’Association Éléphant Blanc, ils ont apporté cadeaux, et  surprises à une centaine d’enfants. Ils ont vécu une soirée avec eux, dansé, joué, câliné, aimé ces enfants qui les ont accueillis avec des regards reconnaissants. C’était fort, très fort et l’on se demande encore qui était reconnaissant envers qui…

Au delà de toute entreprise vétérinaire, cette étape était importante, humaine, où l’on se rend compte qu’on ne peut se couper de ce qui est essentiel…. le Cœur !

 

cadeaux_partenaires enfant_Cambodge

 enfants-Cambodge

 

Etape 2 : Eléphants (réserve naturelle de l’ELEPHANT VALLEY PROJECT).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’équipe vétérinaire est ensuite partie pour le Mondolkiri (province du Nord-est du Cambodge, près de la frontière vietnamienne) afin de réaliser une étude portant sur les éléphants d’une réserve naturelle gérée par l’ELEPHANT VALLEY PROJECT (EVP) de l’ONG « Elephant Livelihood Initiative Environment ” (E.L.I.E). Le Mondolkiri abrite, en effet,  la majorité des éléphants du pays, mais ces derniers, utilisés pour le travail  par les Bunongs (minorité éthnique locale) sont en voie de disparition (il en resterait seulement environ 300).Le magnifique projet EVP, qu’il convient de saluer et d’encourager, a pour but de permettre à des éléphants ayant beaucoup travaillé, voire qui sont blessés ou maltraités, de se reposer dans la forêt et d’y être traités. Les éléphants sont rachetés par l’EVP et leurs propriétaires sont dédommagés pour la perte de revenus liée au fait que l’éléphant ne travaille plus.

Ce projet a abordé deux aspects médicaux de la conservation des éléphants, la tuberculose et la cardiologie dans cette région clé d’Asie pour la sauvegarde de l’espèce.

Les objectifs de ce projet furent ainsi :

-        d’étudier la prévalence de la tuberculose, maladie infectieuse majeure chez des éléphants dans leur milieu naturel

-        développer une base de données sur les paramètres cardiologiques chez l’éléphant en milieu naturel, ce qui n’avait encore jamais été réalisé (les maladies cardiaques étant très répandues chez ces animaux, mais très rarement diagnostiquées de leur vivant).

Jack Highwood, le responsable de l’ELEPHANT VALLEY PROJECT,  s’est chargé de regrouper les éléphants et d’assurer la sécurité des vétérinaires lors des manipulations.

Des examens cliniques, morphométriques, thermographiques ont ainsi pu être réalisés ainsi que des bilans sanguins. A la plus grande joie du personnel de l’EVP et des vétérinaires de l’équipe, des bilans cardiovasculaires inédits ont aussi été effectués, du matériel « high tech » ayant été dépêché sur place depuis la France ….les résultats feront l’objet de publications et communications scientifiques dont les amis de la Fondation Un  Cœur et de l’Association Yaboumba seront tenus au courant !

Cette mission vétérinaire cambodgienne « Double Cœur » est l’illustration même du pourquoi de l’existence de la Fondation Un Cœur : faire reculer les limites de la médecine vétérinaire et la cardiologie animale  tout en aidant l’Homme !

 

Projet média associé

Tout au long du voyage, un caméraman a suivi l’équipe vétérinaire et a pu immortaliser tous ces moments magiques. Le Pr. Valérie Chetboul et le Dr. Norin Chai ont été interviewés sur la Fondation Un Cœur, sur leurs motivations, sur leurs valeurs…. Avant même de pouvoir visionner ces séquences que nous attendons avec impatience, les dires de ces deux vétérinaires passionnés peuvent se résumer en un mot : Cœur….

 

Un massacre qui a commencé il y a 10000 ans…

Nous assistons impuissants à de réguliers massacres de populations entières d’éléphants… Les assauts de la population humaine, non seulement restreignent de plus en plus leur habitat, mais les tuent sans distinction de sexe ou d’âge. Nous aurions tendance à penser qu’il s’agit d’un méfait du monde moderne. Il n’en est rien. Au Pleistocene, il y a quelques millions d’années, les ancêtres immédiats des éléphants modernes sont apparus, en même temps que les premiers membres du genre Homo, dont l’espèce humaine moderne est le seul représentant. À la fin de la même ère, il y a 10 000 ans, les mammouths et les mastodontes furent rayés de la planète, peut-être par la main de l’Homme… Même si d’autres arguments impliquant notamment les changements climatiques viennent infirmer partiellement cette hypothèse, une synthèse des dernières découvertes de la biologie de l’évolution, de l’écologie et de la paléontologie tendent à véritablement prouver le rôle décisif de l’Homme, dans la disparition d’un très grand nombre d’espèces animales, dont les mammouths et les mastodontes. Et une simple lecture même rapide de l’histoire récente (re)démontre le rôle destructeur de l’Homme. Il y a quelques milliers d’années à peine, l’Elephas maximus (actuel  éléphant d’Asie) dominait les écosystèmes d’une grande partie de l’Afrique, pénétrant jusqu’en Chine et au Moyen-Orient. Loxodonta (actuel éléphant d’Afrique) occupait toute l’Afrique. Quand on voit aujourd’hui la distribution des espèces, on comprend que l’expansion et l’essor inexorable de l’humanité, combinés à la chasse à l’ivoire leur ont été fatals….

Les hommes ont de tout temps été fascinés par la beauté – et les pouvoirs supposés de l’ivoire. La représentation sculptée préhistorique – la plus ancienne connue – un petit cheval, trouvé à Vogelherd en Allemagne – a été gravée dans de l’ivoire (dans une défense de mammouth), il y a 35000 ans. Nous sommes alors à l’aube de l’histoire de l’art, du moins une forme d’expression que l’on retrouve dans certaines des plus anciennes civilisations du Moyen-Orient, puis en Égypte ancienne, en Crète et en Grèce. Ce sont les Romains qui ont élevé le travail de l’ivoire au rang de grand art. La demande d’ivoire devint énorme, avec sa conséquence immédiate : la population d’éléphants commença à diminuer. Au Ile siècle avant Jésus-Christ, on tua ainsi le dernier éléphant d’Afrique du Nord…

Une extinction annoncée…

Les éléphants sont les plus grands mammifères terrestres. Ils subissent des agressions directes telles que le braconnage pour leur ivoire, la perte de l’habitat, la pollution, le changement climatique… La perte de l’habitat induit par ailleurs un cercle vicieux où la confrontation Eléphants / Hommes (agriculteurs) devient inéluctable et où l’un doit laisser la place à l’autre (même s’il existe des projets de conservation participatifs sensibilisant et prônant la cohabitation).Mais il existe aussi des menaces plus insidieuses et plus profondes. Les plus grandes défenses sont portées par les adultes mâles, qui sont donc les principales cibles des braconniers. En peu de temps, ces éléphants reproducteurs deviennent rares. Sachant que chez les femelles, l’œstrus ne dure que 4-5 jours seulement pendant les 3 ou 4 cycles fertiles par an, la probabilité d’une reproduction réussie s’amoindrit radicalement. Au delà de cette cassure du lien reproducteur, les grands mâles ayant disparu, les braconniers s’en prennent aux femelles adultes. Or, la société des éléphants est matriarcale, les femelles âgées forment le nœud du groupe et sont les dépositaires de l’expérience et de la connaissance du monde. La disparition de ces femelles est tout simplement un facteur de connaissance et de donc de destruction de la société des éléphants. De plus, en tuant les mères, on affame les éléphanteaux qui ont besoin du lait maternel durant de longs mois. Ces jeunes, s’ils survivent, manqueront d’un apprentissage essentiel. Sans modèle éducatif, ils ne sauront ni les comportements reproducteurs, ni utiliser rationnellement leur environnement.

Une rupture des liens de reproduction et une rupture des liens sociaux induiront à moyen terme l’effondrement de la population.

 

Pourquoi il est important de protéger l’éléphant

Les éléphants font partie des animaux les plus intelligents. Tant en sciences comportementales qu’en neurophysiologie et anatomie, les preuves ne manquent pas pour décrire aussi bien une intelligence pragmatique qu’émotionnelle. Passer ne serait-ce qu’une courte période en leur compagnie suffit à se rendre compte de leur sensibilité, comme individus, et de leur complexité, en tant que groupe. On parle chez eux d’empathie, de compassion, d’altruisme, mais aussi, d’automédication, de jeux, de simulations, d’imitations, d’utilisation outils, d’art, de conscience de soi, de rites funéraires… Parler du massacre des éléphants, c’est simplement parler de «génocide»… Des raisons simplement éthiques et ces raisons seules devraient être suffisantes pour protéger ces êtres hautement sensibles.

On parle du rôle biologique important de l’éléphant, dans la dissémination des graines par exemple. Mais la place de l’éléphant dans un écosystème se situe en réalité bien au delà.

Quand on observe un éléphant en train de démolir un arbre ou de déraciner une jeune plante, il y a de quoi être impressionné par la puissance de destruction de l’animal. Les biologistes portent aujourd’hui un regard différent sur la puissance destructrice de l’éléphant et la voient plutôt comme une force de création. L’idée est aussi simple que profonde. Lorsqu’on est immergé dans une forêt tropicale dense, une question nous vient à l’esprit. Où sont les grands animaux ? Il peut en exister, mais ils sont peu nombreux, du moins représentés par une faible diversité spécifique. La destruction des arbres par l’éléphant dans la savane boisée permet aux buissons de survivre et la destruction des buissons dans une savane buissonneuse crée de l’espace pour la prairie. Les biologistes commencent à comprendre que l’éléphant est un acteur clé du façonnage de la mosaïque d’habitats permettant aux autres espèces de prospérer. On parle d’« espèce clé» ou ici, d’ «herbivore clé». L’écosystème s’effondre et bien d’autres espèces iront aux oubliettes de l’évolution si cet herbivore clé vient à s’éteindre. Le rôle essentiel de l’éléphant a été occulté par le commerce de l’ivoire… alors que c’est un élément vital de l’équation. L’éléphant n’est pas seulement une espèce en danger, ni seulement l’étendard des conservateurs : la survie de bien d’autres espèces qui constituent la diversité de la faune dépend de sa sauvegarde.

Conclusion

L’éléphant n’est pas une simple espèce menacée parmi d’autres. Il représente notre volonté (ou non) de préserver la nature. Si nous sommes incapables de sauver de l’extinction le plus grand des mammifères terrestre, comment pourrons-nous sauver les autres espèces et à moyen – long terme, nous sauver nous mêmes ?

Il y a plusieurs siècles, les Romains n’avaient pas compris le lien entre leur consommation d’ivoire et la raréfaction de l’animal qui le fournissait. Pline écrivait «le principal ennemi naturel de l’éléphant était le dragon»… Aujourd’hui, nous vivons à une époque où nous sommes à la fois acteur et spectateur de l’extinction d’une «espèce clé». Nous savons et réalisons ce que nous faisons, nous en connaissons les conséquences, et malgré cela, l’entreprise de destruction des éléphants continue…

 

 

 


Echocardiographie d’un dauphin (vidéo)

Fondation un coeur – Vétérinaire : Valérie Chetboul – échocardiographie d’un dauphin avec l’équipe du delphinium du Parc Astérix. Image :  Julianne Klein


La Grande Odyssée : Le point

grande odysee

La Grande Odyssée Savoie Mont Blanc est la course de chiens de traineaux la plus difficile au monde. Du 11 au 22 Janvier 2014, 19 mushers engagés dans cette 10ème édition ont parcourus avec leurs attelages composés de 10 chiens, près de 1000 km, cumulant 30 000 mètres de dénivelés positifs. Un véritable exploit sportif pour ces athlètes à quatre pattes, suivis de près par une équipe de vétérinaires bénévoles dirigés par le Docteur Delphine Clero, appartenant à l’Unité de Médecine de l’Elevage et du Sport de l’Ecole Vétérinaire de Maisons-Alfort. Grâce au prêt du dispositif Alive Cor par la société Galileo, les cœurs de ces chiens ont pu être surveillés à distance par les cardiologues vétérinaires de l’Unité de Cardiologie d’Alfort, dirigée par le Professeur Valérie Chetboul.

En effet, cet outil ingénieux permet d’enregistrer le rythme cardiaque des chiens (électrocardiogramme) par simple apposition d’un téléphone, équipé d’une coque spécialement conçue à cet effet, contre le thorax de l’animal. Un geste simple à réaliser dans des conditions climatiques parfois très rudes ! Un grand nombre d’électrocardiogrammes ont pu être envoyés à l’Unité de Cardiologie d’Alfort et interprétés par des spécialistes en temps réel. Aucun problème cardiaque grave n’a été décelé chez les chiens de la course et ce dispositif a permis d’aider les vétérinaires présents sur le terrain dans leurs démarches de soin.

« Mimi », une chienne Alaskan appartenant à l’un des meilleurs mushers de la course, a présenté un abattement et des troubles digestifs au retour d’une étape très difficile. Le vétérinaire l’ayant examiné a décelé une arythmie en écoutant son cœur à l’aide de son stéthoscope. Le dispositif Alive Cor a permis de caractériser cette arythmie et les cardiologues de Maisons-Alfort ont imputé cette dernière à la déshydratation et les troubles du potassium sanguin faisant suite à un effort intense. Après une nuit de soin et 24 heures de repos, Mimi a pu repartir en tête de l’attelage, à la plus grande joie de son musher, qui a avoué par la suite avoir rarement vu Mimi dans une forme aussi olympique!

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Précautions pour les chiens porteur d’un pacemaker : mode d’emploi

1) Le propriétaire doit toujours garder sur lui la carte du pacemaker lorsqu’il se promène avec son chien.

précaution

2) Quelques précautions sont à prendre avec des appareils électriques et ceux générant un champ électromagnétique :

    • La distance entre un téléphone mobile et le pacemaker doit être supérieure à 20 cm !pécautions1
    • Il est déconseillé au chien de s’approcher des gros haut-parleurs stéréo des discothèques !précautions 2
    • Dans les magasins, le chien doit franchir les portes automatiques sans s’arrêter !

3) Vacances avec voyage en avion : le chien présente sa carte de pacemaker pour être fouillé à la main (éviter le portique et le bâton détecteur de métaux) !précaution3

 

4) Eviter les sports brutaux (exemple : rugby !).

précaution4

 

Adapté à partir : http://www.behra.eu/espace-public/pacemaker/regles-a-suivre-par-le-porteur-dun-pacemaker/


Vétoquinol, premier partenaire de la fondation Un coeur

Partenariat Vetoquinol

Grâce à un premier mécénat par le laboratoire Vétoquinol, la Fondation Un Cœur finance depuis le 1er octobre 2013 un poste d’Assistant de Recherche Clinique au sein de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) !

Vanessa Soubeyran Arqued occupera ce poste, dédié à la cardiologie (clinique et recherche) des carnivores domestiques, au cours de l’année universitaire 2013/2014.

Vanessa est diplômée de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort (promotion 2012) et avait déjà réalisé un an de stage au sein de l’UCA, dirigée par la Pr. Valérie Chetboul.

C’est durant ses multiples stages à l’étranger (Etats-Unis, Royaume-Uni, Espagne), en milieu universitaire et au sein de cliniques privées, que Vanessa s’est découvert une passion pour cette discipline qu’est la cardiologie.

La jeune femme a choisi l’UCA non seulement en raison de sa passion pour la cardiologie, mais aussi pour l’excellence de la formation qui y est délivrée, le dynamisme de l’équipe et la gestion exemplaire de la clientèle dans ce service.

Son premier projet de recherche en tant qu’Assistante de Recherche Clinique portera sur la maladie cardiaque du chien la plus fréquente, une maladie dégénérative des valves (dénommée maladie valvulaire dégénérative mitrale) touchant plus particulièrement les chiens de petit format. Ce sujet tient d’autant plus à cœur Vanessa que ses propres chiennes, Yorkshire Terriers, sont concernées par cette cardiopathie.

Un grand merci au laboratoire Vétoquinol pour ce premier mécénat avec la Fondation Un cœur !

Espérons … de tout cœur ! …que ce partenariat ouvre la porte à d’autres soutiens à l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort pour l’emploi des jeunes, afin d’aider ces derniers à réaliser leurs rêves et leurs projets professionnels ! Ceci permettra  ainsi d’améliorer les connaissances en médecine vétérinaire et, par la même, les soins prodigués aux animaux !


Un beau partenariat Fondation un coeur, Galiléo et la Grande Odysée

logo_galileo_pantoneGrandeOdysee

 

« L’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA)BeagleECGfromTF et l’Unité de Médecine de l’Elevage et du Sport (UMES) de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort (ENVA) ont décidé, avec le soutien de la Fondation « Un Cœur » et de la société Galileo, d’unir une fois de plus leurs forces dans une collaboration qui vise à mettre en place durant la Grande Odyssée Savoie Mont Blanc 2014 un suivi cardiologique par télémédecine des chiens participant à la course. 

 

L’utilisation du nouveau système « Alivecor », qui se présente sous la forme d’une coque « enregistreuse » associée à un smartphone, permet de réaliser sur le chien un enregistrement de tracé électrocardiographique 

(ECG) qui est ensuite instantanément transmis depuis le site de course à un cardiologue spécialiste de l’UCA, basé à l’ENVA, par email, ce dernier assurant une lecture et un retour immédiat à l’équipe de vétérinaires de terrain de la Grande Odyssée. 

 

L’intérêt d’une telle approche réside en une efficacité très accrue du dépistage d’éventuelles anomalies cardiaques qui ne pourraient être que suspectées  lors de l’examen clinique initial et quotidien des 

Partenariat

chiens, ceci sans nécessiter de disposer d’un matériel d’enregistrement lourd et fragile dans des conditions de course telles que celles d’une compétition de 1000 km à travers les Alpes savoyardes. »

 

Site de La Grande Odysée : http://www.grandeodyssee.com/fr/index.html