Avancées et perspectives du traitement des affections cardiaques chez l’animal

La Fondation Un Cœur permet l’amélioration de la qualité de vie de nombreux animaux malades en soutenant le développement de nouvelles thérapies et techniques chirurgicales, notamment en cardiologie.

Cette action se traduit dans deux domaines principaux :

1) L’innovation de la prise en charge médicale et chirurgicale des grandes affections cardiaques animales

- La persistance du canal artériel est une malformation congénitale, très fréquente chez l’enfant et chez le chien, caractérisée par une communication anormale (le canal artériel) entre l’aorte et le tronc pulmonaire (Figure 1). Le canal a ainsi pour conséquence néfaste un mélange de sang « bleu » (non oxygéné) et « rouge » (« oxygéné »). Traditionnellement ligaturé chirurgicalement après ouverture du thorax, le canal peut désormais être fermé par une technique non invasive. L’introduction par les artères d’un petit dispositif biocompatible appelé ACDO (Amplatz® canine duct occluder) permet, en effet, à présent l’occlusion du canal sans ouvrir le thorax. La Fondation Un Cœur a permis à de nombreux chiens de bénéficier de cette méthode « high tech », comme par exemple Belle qui souffrait de cette affection. Retrouvez son histoire par le lien suivant : http://www.fondationuncoeur.com/belle-histoire/

Pour en savoir plus sur cette maladie, cliquez sur ce lien : http://www.fondationuncoeur.com/quest-ce-que-la-persistance-du-canal-arteriel/

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- La sténose pulmonaire est une autre malformation congénitale fréquente chez l’enfant et chez le chien se caractérisant par un rétrécissement à la sortie du cœur droit. Lorsque ce rétrécissement est marqué, le sang « bleu » a du mal à passer du ventricule droit dans l’artère pulmonaire pour rejoindre les poumons. Un manque d’oxygénation est alors possible, d’où l’apparition d’une fatigabilité, d’une intolérance à l’exercice, de malaises avec possible perte de connaissance, et même d’un arrêt cardiaque brutal.

Pour élargir l’obstacle, la technique de choix (appelée « valvuloplastie par ballonnet ») consiste, toujours sans ouvrir le thorax, à acheminer un ballonnet jusqu’au lieu de l’obstacle (Figure 2), à l’aide d’un cathéter introduit dans une veine. Le ballonnet est ensuite gonflé, une ou plusieurs fois, permettant d’élargir l’obstacle et ainsi de rétablir le passage du sang.

La Fondation Un Cœur a permis à de nombreux chiens de bénéficier de ce type d’intervention, comme par exemple Pia qui souffrait de cette affection à un stade préterminal. Retrouvez sa miraculeuse histoire via les liens suivants :
http://www.fondationuncoeur.com/dexcellentes-nouvelles-de-pia-6-mois-apres-son-intervention-elle-fete-son-premier-anniversaire/
https://www.facebook.com/627263943972095/videos/1175214876169540/

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- La maladie valvulaire dégénérative mitrale (MVDM) représente aujourd’hui un enjeu majeur en médecine des carnivores domestiques. Cette maladie caractérisée par une sorte de « vieillissement précoce » d’une des quatre valves du cœur (la valve mitrale) est en effet la cardiopathie canine la plus fréquente, représentant une cause courante de mortalité, notamment chez les chiens de petit format (Cavalier King Charles par exemple).

La Fondation Un Cœur participe depuis des années à aider des équipes à la mise au point de traitements médicaux et chirurgicaux innovants pour lutter contre la MVDM. Parmi ces traitements, citons par exemple le torasémide ayant démontré en 2017 son efficacité, permettant de diviser par deux le risque de décès cardiaque ou d’aggravation de l’insuffisance cardiaque chez les chiens atteints de MVDM (étude TEST, Journal of Veterinary Internal Medicine).

La Fondation Un Cœur soutient également le développement de thérapies chirurgicales innovantes. Un des objectifs actuels est la mise au point, en collaboration avec des équipes internationales (France et USA notamment), d’une correction « mini-invasive » de la MVDM évitant la mise en place d’une circulation extra-corporelle et l’ouverture du cœur. Chez l’homme à ce jour, une telle chirurgie réparatrice est déjà possible grâce à la mise en place, par exemple, d’une petite pince dénommée « clip mitral » (Figure 3) reliant les deux feuillets de la valve pour maintenir son étanchéité  : https://www.lequotidiendumedecin.fr/specialites/chirurgie/la-fuite-mitrale-stoppee-en-un-clip

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2) La révolution du traitement et du suivi des arythmies cardiaques

Tout comme l’homme, les animaux peuvent souffrir d’arythmies cardiaques et les pacemakers permettent d’en corriger certaines, lorsqu’elles deviennent réfractaires aux traitements médicaux et qu’elles engendrent des malaises fréquents avec un risque imminent d’arrêt cardiaque.
Si l’animal est de petit format, le pacemaker est implanté dans l’abdomen, une électrode reliant, à travers le diaphragme, la pile au cœur (voie dite trans-diaphragmatique). Si à l’inverse l’animal est de grand format, la pile est positionnée à la base de l’encolure et l’électrode est directement fixée à l’intérieur du cœur, comme cela est fait chez l’homme (voie dite endovasculaire).
Retrouvez l’explication du pacemaker plus en détail par le lien suivant : http://www.fondationuncoeur.com/peut-on-poser-un-pacemaker-a-un-chien/

Découvrez également l’histoire de Gina, la chienne « aux 3 pacemakers », racontée par sa propriétaire : http://www.fondationuncoeur.com/3-ans-et-demi-apres-la-pose-de-son-pacemaker-gina-profite-toujours-de-sa-nouvelle-vie/

Notons que le Holter permet le suivi rapproché d’animaux souffrant de diverses arythmies. Cet examen a également l’avantage de mettre en évidence des arythmies parfois très difficiles à détecter, ce qui permet d’adapter au mieux la prise en charge ultérieure. Ces arythmies intermittentes sont fréquentes, par exemple, chez les chiens grand format (Dobermann et Dogues, notamment) lors de maladies du muscle cardiaque dénommées « myocardiopathies ».

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Pour en savoir plus sur cet examen particulier, cliquez sur le lien suivant : http://www.fondationuncoeur.com/quest-ce-quun-holter-2/.

La recherche cardiologie animale a grandement évolué au cours de ces dernières années, c’est pourquoi la Fondation Un Cœur continuera à assurer de nombreux sauvetages grâce au soutien financier de ses généreux donateurs.  



CARDIOLOGIE DÉDIÉE AUX OISEAUX AU CONGRES YABOUMBA WORLD (20-21/02/2020)

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Lors du dernier congrès de médecine et chirurgie des animaux exotiques et sauvages, le Dr Pierre Huberdeau a représenté la Fondation Un Cœur (clinicat Faune sauvage). Sa présentation portait sur le magnifique Ara ararauna dont la maladie cardiaque a été détectée en décembre dernier par le Dr N. Chai et son équipe, aidés du Pr V. Chetboul (cf. post du 12/12/2019).

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L’oiseau se porte actuellement très bien avec le traitement anti-hypertenseur en cours et cette première en cardiologie vétérinaire fera l’objet d’une prochaine publication !

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CARDIOLOGIE FAUNE SAUVAGE

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Les Drs M. Gluntz (Clinicat Fondation Un Cœur « Cardiologie Faune Sauvage et Exotique ») et P. Huberdeau (Clinicat Fondation Un Cœur « Faune Sauvage »), encadrés par le Dr D. Duby, sont intervenus sur un mâle Oryx d’Arabie (Oryx leucoryx) qui présentait de l’abattement modéré et une baisse d’appétit. Un examen clinique complet, suivi d’un bilan sanguin, de clichés radiographiques et d’une échocardiographie ont été réalisés. L’animal se porte bien à l’heure actuelle.

Disparu de son milieu naturel dans les années 1980, l’Oryx d’Arabie a pu être sauvé de l’extinction grâce à des programmes de réintroduction internationaux. Il est aujourd’hui classé en annexe I de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction). La population sauvage étant toujours vulnérable, les groupes détenus en parcs zoologiques permettent de maintenir une diversité génétique de l’espèce.

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Clinicat en Médecine et Chirurgie des Animaux Sauvages et Exotiques

Ouverture des Candidatures pour le clinicat en médecine et chirurgie de la faune sauvage au sein de la Ménagerie, le zoo du Jardin des Plantes à Paris.  L’objectif de ce clinicat est de contribuer à l’apport de connaissances relatives à l’anatomie, la physiologie, le diagnostic, et le traitement des maladies chez les petits et grands mammifères sauvages,  les oiseaux, les reptiles, les amphibiens et même certains invertébrés.

En partenariat avec la Fondation Un Cœur et Yaboumba.

                                                                                                   

Objectifs du Clinicat

- Participation active du clinicien dans la médecine et chirurgie des espèces rencontrées dans les institutions mères et partenaires. (capture, contention, anesthésie, thérapeutique, autopsie, coprologie, chirurgie, radiographie, échographie, endoscopie, etc…)
- Compréhension de l’élevage de l’animal sauvage en captivité et de la nutrition spécifique au maintien de chaque taxon dans la collection. (« journées soigneur », réalisation de fiches alimentaires, enrichissements, etc…)
- Connaissance de l’anatomie, de la parasitologie, la pathologie, la physiologie, la pharmacologie, la médecine préventive, la toxicologie appliquée aux espèces généralement présentées dans les établissements zoologiques.
- Recherche clinique, lectures de la littérature récente, et préparation de manuscrits scientifiques.
- Développement d’une compétence en enseignement par l’organisation et l’animation de conférences pour étudiants.

Le clinicien aura obligation de rédiger et publier au minimum un cas clinique dans un journal à comité de lecture, un « mini-projet » de recherche clinique. A la fin de son clinicat, il devra également rédiger un rapport d’activité pour la fondation Un Cœur.

Admission

Les candidats devront être docteurs vétérinaires diplômés et parlant couramment le français. Ils devront posséder un sens moral et éthique de la profession vétérinaire.

Le clinicat est d’une durée de 6 mois (du 28/09/2020 au  26/03/2021).  Prolongeable 4 mois (jusqu’au 30/07/2021). Logement non fourni.

Les candidats doivent faire parvenir CV et lettre de motivation avant le 4 mai 2020 à aude.bourgeois@mnhn.fr et dylan.duby@mnhn.fr