Clinicat Cardiologie Faune Sauvage – Grands Singes

Les grands singes (Orang Outan, Gorille, Chimpanzé et Bonobo) sont à un pas de l’extinction d’après la récente mise à jour de la liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Or les affections cardiovasculaires représentent une des principales causes de leur mortalité, la plus fréquente étant une myocardiopathie (ou maladie du muscle cardiaque).

Dans le cadre du clinicat cardiologie faune sauvage, financé par la Fondation Un Cœur, sous la direction du Dr Norin Chaï et du Pr. Valérie Chetboul, un travail impliquant le Dr. Solène Lefort a débuté  dans l’objectif de développer des outils diagnostiques de détection précoce de cette affection cardiaque à l’origine de morts subites (collaboration Muséum d’Histoire Naturelle, association Yaboumba, Unité de Cardiologie d’Alfort). 

Les prochains mois s’annoncent donc riches en découvertes et en émotions ! Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’avancée de cette étude. 

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Clinicat Cardiologie Faune Sauvage & Clinicat Médecine de la Faune Sauvage

  Depuis Septembre 2018 ont débuté les programmes de formation « Clinicat Vétérinaire Faune Sauvage » à la Ménagerie, le zoo du Jardin des Plantes et « Clinicat de Cardiologie en Faune Sauvage » à la Ménagerie, le zoo du Jardin des Plantes et au Service de Cardiologie de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort.

Ces programmes, dirigés par le Pr. Valérie Chetboul et le Dr. Norin Chai sont entièrement financés par la Fondation Un cœur. Ils ont pour objectif de faire découvrir pour l’un, les spécificités en Cardiologie de la Faune Sauvage et pour l’autre, les particularités du métier de vétérinaire en parc zoologique et d’en d’appréhender les différentes facettes.

clinicat

Chirurgie cardiaque chez le chien : réparation et remplacement de la valve mitrale

Avec le soutien de la Fondation Un Cœur, les équipes de l’UCA et de l’IMMR, composées de vétérinaires cardiologues spécialistes (Dipl. DESV et ECVIM en cardiologie), de vétérinaires chirurgiens et de chirurgiens cardiaques de renom, souhaitent de nouveau unir leurs compétences et leurs efforts pour contribuer à sauver les chiens atteints de maladie valvulaire dégénérative mitrale par une intervention chirurgicale à cœur ouvert adaptée. Pour en savoir plus et nous soutenir, cliquez sur ce lien


Electrocardiographie sur des Eléphants (Elephas maximus) sauvages au Cambodge par la Fondation Un Cœur : description d’une nouvelle onde !

La Fondation Un Cœur a mené une mission au Cambodge en collaboration avec l’association vétérinaire Yaboumba du 27 au 31 janvier 2014. Vous pouvez lire le rapport de cette mission en suivant ce lien

figure 2Le cœur de toutes les espèces animales présente une activité électrique liée aux variations de potentiel de cellules spécialisées dans la contraction (myocytes) et des cellules spécialisées dans l’automatisme et la conduction des influx nerveux. L’électrocardiogramme est une représentation graphique de cette activité électrique. De fait, l’électrocardiographie (ECG) apparaît comme un outil approprié pour étudier et déceler des altérations électrophysiologiques du cœur, permettant ainsi de diagnostiquer nombre de maladies. La position des électrodes par rapport au cœur détermine l’aspect des déflexions sur l’enregistrement.
Des pathologies cardiaques ont été décrites chez les éléphants, cependant il n’existe que peu d’études faisant mention de l’ECG chez ces animaux. De plus, ces études n’impliquent que des éléphants anesthésiés et en captivité.

Au cours de notre mission, nous nous sommes intéressés à des éléphants dans une réserve naturelle gérée par le projet ELEPHANT VALLEY. Aucune équipe n’avait travaillé sur le sujet avec des animaux en liberté et surtout non anesthésiés. En soi, notre étude représentait une originalité certaine.
Ensuite, nous nous sommes penchés sur la méthode en elle même. Les rares ECG effectués mentionnait des pinces électrodes spéciales, lourdes et incommodes à utiliser. Nous avons opté pour de simples pinces électrodes, les mêmes que nous utilisons sur les chiens et chats. Mais il fallait trouver le bon emplacement et la bonne technique !

Nos objectifs étaient donc, d’une part, d’évaluer la faisabilité d’une méthode simple pour l’enregistrement électrocardiographie sur des éléphants d’Asie en liberté et non sédatés, et d’autre part, de décrire les modèles et les valeurs de l’ECG correspondant.
Figure1
Sur les éléphants étudiés, notre technique a fonctionné à merveille. Nous avons ainsi pu obtenir près de 10 tracés ECG, propres, de bonne qualité et très exploitables.
Figure3
Sur le tracé ECG lui même, nous avons noté de grandes différences avec celui obtenu chez le chien et le chat, en raison de deux ondes supplémentaires : l’onde U et l’onde Ta. L’onde « Ta » ou « onde T atriale » correspond à la repolarisation (la relaxation) des oreillettes. De trop faible amplitude chez la plupart des espèces animales, elles sont le plus souvent cachées par l’onde qui la suit, le « complexe QRS ». Au meilleur de notre connaissance, les ondes Ta n’avaient jamais été signalées chez les éléphants auparavant. Cette étude vient d’être publiée dans le Journal of Zoo and Wildlife Medicine, journal scientifique de référence pour tous les vétérinaires de zoos et de faune sauvage dans le monde.

Référence de l’article :

Chai N, Pouchelon JL, Bouvard J, Sillero LC, Huynh M, Segalini V, Point L, Croce V, Rigaux G, Highwood J, Chetboul V. Proposed Simple Method For Electrocardiogram Recording In Free-Ranging Asian Elephants (Elephas maximus).J Zoo Wildl Med. 2016 Mar;47(1):6-11

Légende des figures :
Figure 1 : Disposition des électrodes.
Figure 2 : Examen électrocardiographique par le Pr. Jean Louis Pouchelon
Figure 3 : L’ECG d’un éléphant avec les ondes Ta indiquées par des flèches. L’onde P correspond à la dépolarisation (et la contraction) des oreillettes, droite et gauche. L’onde RS (appelé aussi complexe QRS) correspond à la dépolarisation (et la contraction) des ventricules, droit et gauche. L’onde T correspond à l’essentiel de la repolarisation (la relaxation) des ventricules. L’origine de l’onde U reste discutée.


La fondation Un Cœur et l’Association Yaboumba soutiennent le groupe de travail « Wildlife Cardiology Group (WLC) »

yaboumbaLa fondation Un Cœur et l’Association Yaboumba soutiennent le groupe de travail « Wildlife Cardiology Group (WLC) » consacré à la cardiologie des animaux sauvages.

Les pathologies cardiaques en parcs zoologiques sont sous-diagnostiquées et restent malheureusement trop souvent encore des découvertes d’autopsie.
Or, les félins captifs, à forte consanguinité, peuvent être atteints, tout comme les humains, à la fois de cardiopathies congénitales (présentes à la naissance) et acquises (apparaissant généralement à l’âge adulte). Ils peuvent aussi en être traités médicalement voire chirurgicalement.
De ce constat, un programme global d’études, de diagnostic et de soins en cardiologie de la faune sauvage a vu le jour sous la direction des Dr. Norin Chaï (Ménagerie du Jardin des Plantes) et du Pr. Valérie Chetboul (Unité de Cardiologie d’Alfort), avec la constitution du Wildlife Cardiology (WLC) Group, impliquant des vétérinaires bénévoles des deux équipes.
C’est dans le cadre de ce programme qu’une Panthère des Neiges avait pu bénéficier avec succès en 2011 de la première correction chirurgicale d’une malformation cardiaque congénitale (sténose pulmonaire).
Une première étude, initiée il y a 5 ans par le WLC Group et visant à développer une base de données sur les paramètres cardiologiques des grands félins sauvages, vient aussi de porter ses fruits sous la forme d’une publication majeure dans le Journal of Zoo and Wildlife Medicine, journal de référence pour les vétérinaires de parcs zoologiques et de faune sauvage.
Ce travail, qui représente la première étape pour améliorer le diagnostic et le traitement des cardiopathies chez les grands félins, a pu voir le jour grâce à la Fondation Un Cœur et l’Association Yaboumba réunies.

Le Wildlife Cardiology Group  réunit les équipes de la Ménagerie du jardin des Plantes et celle de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) dirigées respectivement par le Dr. Norin Chaï et le Pr. Valérie Chetboul, ainsi que le Dr. Thierry Petit (Zoo la Palmyre). Le Wildlife Cardiology Group  réunit les équipes de la Ménagerie du jardin des Plantes et celle de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) dirigées respectivement par le Dr. Norin Chaï et le Pr. Valérie Chetboul, ainsi que le Dr. Thierry Petit (Zoo la Palmyre).
Un guépard examiné au zoo de la Palmyre dans le cadre du programme de dépistage  des cardiopathies lancé par le WLC group. Un guépard examiné au zoo de la Palmyre dans le cadre du programme de dépistage des cardiopathies lancé par le WLC group.

Interventions vétérinaires d’urgence sur des chimpanzés dans le cadre d’une aide à l’association HELP CONGO

ProgrammeHelpCongo

Contexte

chimpanzes

H.E.L.P. Congo (Habitat Ecologique et Liberté des Primates) agit pour la sauvegarde des chimpanzés et leur réintroduction en milieu naturel depuis 1989. Aliette Jamart, une Française vivant en République du Congo, décide à l’époque de venir en aide aux chimpanzés et autres primates du « zoo mouroir » de Pointe-Noire. Les chimpanzés y vivent alors dans des conditions misérables. Elle les recueille chez elle. « Une fois que l’on a pris un chimpanzé dans ses bras, il devient impossible de s’en détacher… » souligne Aliette Jamart. Les recueillir ne suffit pas : il faut aussi enrayer le trafic illégal et protéger la forêt. Ainsi depuis 2000, HELP Congo développe d’autres programmes : l’éducation et l’information à l’environnement, la création d’une plantation pilote, des missions scientifiques sur l’habitat des primates… Élevée en 2008 au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur, en reconnaissance de ses quarante trois années d’activités professionnelles et associatives, c’est le 28 avril 1989 qu’Aliette Jamart fait la promesse de rendre leur liberté aux chimpanzés… En 1991 le gouvernement congolais met à la disposition de HELP trois îles boisées sur la lagune de Conkouati, à 180 kilomètres au Nord de Pointe-Noire. Ainsi est né le Sanctuaire de Conkouati. En novembre 1996, cinq chimpanzés sont relâchés au Triangle, zone forestière au sein du Parc National de Conkouati-Douli. Il s’agit du premier relâcher de chimpanzés dans leur milieu naturel jamais réalisé ! Plus de soixante dix chimpanzés ont été accueillis par HELP Congo entre 1989 et aujourd’hui. Parmi eux se trouve une majorité de jeunes individus, parfois âgés de moins d’un an, saisis par les autorités congolaises ou abandonnés par des particuliers. Les plus âgés, proviennent du zoo de Pointe-Noire (détruit en 1994), d’autres ont été déplacés du zoo de Brazzaville pendant la guerre de 1997.

Ils ont été accueillis sur une des îles du Sanctuaire. À ce jour, deux des trois îles sont encore habitées par des chimpanzés. Ils y trouvent de quoi manger mais de façon insuffisante : un complément nutritionnel leur est apporté quotidiennement. Aujourd’hui, partout sur le globe, des milliers d’espèces animales et végétales disparaissent, parfois même avant d’avoir été décrites ou étudiées ; et au rythme actuel de la déforestation 90% de l’habitat des grands singes aura disparu en Afrique d’ici 2030. Les hommes sont donc responsables de l’avenir de ce « cousin » éloigné… HELP Congo a pour vocation d’agir pour la conservation des primates, mais aussi de leur habitat et de tout ce qui en assure l’équilibre. Pour cela, il faut à la fois protéger la nature et sensibiliser les hommes. HELP Congo lutte donc également contre le braconnage en soutenant les autorités congolaises dans leurs actions, et en dissuadant les braconniers, par la présence permanente de ses équipes en forêt. En sensibilisant à la préservation de la forêt, en luttant contre la déforestation, et en participant activement à la recherche scientifique sur les primates, HELP Congo montre que la réintroduction est vraiment un outil de conservation, le braconnage ayant fortement diminué depuis 1996.

Le projet

chimpanze

HELP CONGO nous a contacté pour les aider sur différents cas cliniques. «Lucie», une femelle chimpanzée,  a été vue en chaleur fin 2011. Depuis février 2012, aucune chaleur n’a été observée. Il y a eu des accouplements avec le mâle dominant. Elle a été ensuite observée avec un « gros ventre » en mai 2012. Le vétérinaire de HELP CONGO pense qu’elle aurait dû accoucher  fin août. Elle a encore un juvénile de 6 ans avec elle.
Sur elle, il faudrait donc faire une échographie pour objectiver une gestation. Et si oui, voir si le bébé est viable. Dans tous les cas, si elle n’arrive pas à mettre bas, une césarienne serait envisagée.
«Pépère», un mâle adulte qui présente des syncopes lorsqu’il s’excite. Une pathologie cardiaque sous jacente est suspectée. Il s’agit de faire sur lui un examen cardiologique complet et proposer le cas échéant un traitement.
«Chinois», présente des sinusites chroniques. Le vétérinaire aurait besoin de lui faire faire une rhinoscopie pour évaluer ses sinus et cornets nasaux.
«Cheyenne» est une femelle dépressive qui a perdu son bébé. Elle ne s’en est pas remise et présente des problèmes de santé depuis. Le vétérinaire nous demande s’il est possible de lui faire une échographie abdominale pour déceler ou non des kystes parasitaires intestinaux.

Approche méthodologique

  • Les animaux sont tous en forêt mais viennent à l’appel des bénévoles et des éco-rangers de HELP CONGO. Il y a une relation de confiance qui s’est installée. Les anesthésies s’effectueront par voie orale avec des anesthésiques cachés dans des fruits ou du jus
  • du fruit. Les matériel échographique et endoscopique sont tous portables et les examens peuvent s’effectuer en forêt même. Dans le cas d’une chirurgie, un « bloc opératoire » improvisé pourra également être installé.
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Etude des cardiopathies chez les grands félins

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Pr. Valérie Chetboul – Dr. Norin Chai

 

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Contexte

De tous les animaux chasseurs, les félins sont bien les plus impressionnants. Dotés par la nature d’armes redoutables, ils illustrent à merveille cette beauté indomptée de la vie sauvage. Cependant, la cohabitation avec l’homme est difficile et dans les prochaines dizaines années, nous verrons disparaître nombre d’espèces sauvages de leur milieu naturel.De fait, de plus en plus, la survie de nombreuses espèces animales dépend de la reproduction en captivité. Nourrir les connaissances sur la biologie, la physiologie, affiner les méthodes de prévention, les outils diagnostic, et définir des protocoles de traitements de plus en plus spécifiques, permettent de réduire la morbidité et la mortalité des populations et ainsi aider à la conservation de nombreuses espèces menacées. Les pathologies cardiaques en parcs zoologiques sont souvent sous diagnostiquées. La plupart des félins captifs – qui sont souvent consanguins – semblent en souffrir. De plus, de nombreuses lésions cardiaques ne se voient pas à l’autopsie. De ce constat, un projet global d’étude sur les maladies cardiaques a été lancé par le service de Cardiologie de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, la Ménagerie du Jardin des Plantes et Yaboumba. Continuer la lecture …


Etude cardiologique et dépistage de la tuberculose dans une population d’éléphants en milieu naturel au Cambodge

Elephants

Pr. Valérie Chetboul – Dr. Norin Chai

 

Elephants2Contexte

Les éléphants sont les plus grands mammifères terrestres. Ils subissent des agressions directes telles que le braconnage pour leur ivoire, la perte de l’habitat, la pollution, le changement climatique… La perte de l’habitat induit par ailleurs un cercle vicieux où la confrontation Eléphants / Hommes (agriculteurs) devient inéluctable et où l’un doit laisser la place à l’autre (même s’il existe des projets de conservation participatifs sensibilisant et prônant la cohabitation). Les éléphants font partie des animaux les plus intelligents. Tant en sciences comportementales qu’en neurophysiologie et anatomie, les preuves ne manquent pas pour décrire aussi bien une intelligence pragmatique qu’émotionnelle. Passer ne serait-ce qu’une courte période en leur compagnie suffit à se rendre compte de leur sensibilité, comme individus, et de leur complexité, en tant que groupe. On parle chez eux d’empathie, de compassion, d’altruisme, mais aussi, d’automédication, de jeux, de simulations, d’imitations, d’utilisation outils, d’art, de conscience de soi, de rites funéraires… Parler du massacre des éléphants, c’est simplement parler de «génocide»… Des raisons simplement éthiques et ces raisons seules devraient être suffisantes pour protéger ces êtres hautement sensibles. L’éléphant n’est pas une simple espèce menacée parmi d’autres. Il représente notre volonté (ou non) de préserver la nature. Si nous sommes incapables de sauver de l’extinction le plus grand des mammifères terrestre, comment pourrons-nous sauver les autres espèces et à moyen – long terme, nous sauver nous mêmes ? Il y a plusieurs siècles, les Romains n’avaient pas compris le lien entre leur consommation d’ivoire et la raréfaction de l’animal qui le fournissait. Pline écrivait «le principal ennemi naturel de l’éléphant était le dragon»… Aujourd’hui, nous vivons à une époque où nous sommes à la fois acteur et spectateur de l’extinction d’une «espèce clé». Nous savons et réalisons ce que nous faisons, nous en connaissons les conséquences, et malgré cela, nous poursuivons notre oeuvre de destruction… La tuberculose représente un problème majeur de santé publique chez l’homme et reste la première cause de mortalité d’origine infectieuse, avec le SIDA. C’est une maladie bactérienne complexe, causée par différents bacilles de la famille des Mycobactéries, et commune à l’homme et à l’animal. Continuer la lecture …