Une première en chirurgie cardiaque vétérinaire : des nouvelles d’Ida 3 mois et demi après !

Ida, la première chienne ayant bénéficié de la pose d’une valve sans ouvrir le cœur, revit ! La valve marche parfaitement bien, son cœur a retrouvé une taille normale en moins d’un mois et les traitements sont à présent progressivement allégés. Comme vous le voyez sur ces vidéos, elle marche, court et profite enfin de la vie auprès de sa famille !

Encore une fois bravo et merci à toutes les équipes qui ont travaillé main dans la main : la société Medtronic, l’IMMR, l’Unité de Cardiologie d’Alfort et le Pôle Anesthésie-Réanimation-Urgence-Soins intensifs de l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort, avec l’aide de la Fondation Un Cœur et de la Fondation Brigitte Bardot, une nouvelle fois réunies.

M. Bob Melder et M. Bruno Lecointe, Dr. N. Borenstein, Pr V. Chetboul, Pr. P. Verwaerde, Drs A. Morlet, P. Passavin, R. Fernandez, G. Giannettoni, E. Trehiou-Sechi, V. Saponaro, C. Poissonnier, S. Ghazal, S. Lefort, L. Enrique, C.R. Marchal, J. Delle Cave, E. Vannucci, C. Roux, C. Martin, T. Ternisien, Mmes L. Abassebay et M.-L. Robert.

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Le dendrolague est un kangourou arboricole menacé d’extinction à cause de la chasse et de la perte de son habitat

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Un programme d’élevage européen de ce marsupial a été mis en place. La Ménagerie du Jardin des Plantes, qui s’implique activement dans la protection des espèces en voie de disparition, y participe. Dans le cadre du Clinicat en cardiologie faune sauvage soutenu par la Fondation Un Cœur et l’association Yaboumba, dirigé par le Dr. Norin Chaï et le Pr. Valérie Chetboul, Kau Kau, une jeune femelle dendrolague qui a rejoint récemment la Ménagerie a pu bénéficier d’un check-up cardiaque complet.  Nous sommes heureux de vous annoncer qu’elle se porte comme un charme.

Merci aux Drs. Solène Lefort et Vittorio Saponaro (Unité de Cardiologie d’Alfort) de leur implication.

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Les maladies cardiaques chez les grands félins


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Les maladies cardiaques peuvent affecter les grands félins. La fondation Un Coeur, en association avec l’association Yaboumba et le muséum d’histoire naturelle (Dr. Norin Chai) ainsi que l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA, Pr. Valérie Chetboul) soutient leur dépistage et leur traitement.

Le 8 et 9 mars se tenait à l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort le congrès de l’association Yaboumba Junior consacré aux nouveaux animaux de compagnie (NAC) et à la faune sauvage. Une des intervenantes était le Dr Solène Lefort qui, dans le cadre de son Clinicat en cardiologie des animaux sauvages et exotiques financé par la Fondation Un Coeur, a présenté une conférence expliquant une affection cardiaque congénitale particulière découverte par ces équipes (le ventricule droit à double chambre) et pouvant toucher les bébés panthères. Une centaine de personnes était présente.

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Un bilan de santé pour les grands tatous velus de la Ménagerie du Jardin des plantes de Paris

Début février, les grands tatous velus de la Ménagerie du Jardin des plantes de Paris ont bénéficié d’un bilan de santé grâce à leurs soigneurs et à l’équipe vétérinaire, dont fait partie le clinicien formé dans le cadre du clinicat faune sauvage financé par la Fondation Un Cœur. Une échographie abdominale et une auscultation cardiaque ont notamment pu être pratiquées afin d’obtenir de précieuses données physiologiques sur leur état de santé, qui seront utiles lors des prochains suivis de ce couple.

Ces animaux d’Amérique du Sud sont reconnaissables à leurs plaques cornées qui forment une carapace protectrice lorsqu’ils se roulent en boule. Bien que la population globale de cette espèce soit plutôt stable, elle est par endroits menacée par l’extension des zones agricoles et par la chasse pour sa viande et pour sa carapace, utilisée pour fabriquer des instruments de musique.

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Clinicat vétérinaire faune sauvage – Entraînement médical des pandas roux de la Ménagerie du Jardin des plantes

Dans le cadre du clinicat vétérinaire faune sauvage à la Ménagerie du Jardin des plantes de Paris, financé par la Fondation Un Cœur, un travail d’entraînement médical des pandas roux a été approfondi.

Cet entraînement est un outil qui permet des interventions médicales sur des animaux sauvages sans engendrer de stress et sans recourir à une anesthésie générale. Il consiste à habituer l’animal à des gestes nécessaires à son examen clinique ou la réalisation d’un acte médical grâce à des récompenses, comme ici, des raisins. Chez ces pandas roux, cet entraînement permet de réaliser une auscultation cardiaque, une palpation abdominale et une échographie des organes abdominaux. Ainsi, le suivi de l’état de santé et de la reproduction de ces pandas roux peut être mené de façon optimale.

Les pandas roux sont en danger d’extinction, notamment à cause de la destruction de leur habitat au profit d’activités humaines. La Ménagerie du Jardin des plantes de Paris participe au programme d’élevage conservatoire de cette espèce.

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Une première en chirurgie cardiaque vétérinaire !

Pour tenter de sauver une petite chienne Beagle de 3 ans, Ida, dont l’état cardiaque s’était brutalement dégradé ces dernières semaines malgré une première intervention palliative 2 ans auparavant, plusieurs équipes de vétérinaires et cardiologues se sont mobilisées et ont réalisé le 19 décembre 2018 une première mondiale en chirurgie cardiaque : la pose d’un dispositif ultra perfectionné (stent valvé) pour remplacer la valve déficiente d’Ida, grâce au généreux don de la société Medtronic (USA/France).

Il s’agit à la fois du premier dispositif de ce type posé en médecine vétérinaire et de la première valve artificielle implantée chez le chien sans ouvrir le cœur !

Après 10 jours d’hospitalisation, Ida vient de sortir du service des Soins Intensifs du CHUVA (Centre Hospitalier Universitaire d’Alfort) et se porte bien. La convalescence va être longue, mais elle s’apprête à fêter la nouvelle année en famille, dans la caserne de pompiers dont elle est la mascotte !

Cette première a été menée en France grâce au professionnalisme de plusieurs équipes : celle de l’IMMR du Dr. Nicolas Borenstein, celle de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) du Pr. Valérie Chetboul et celle du Pôle Anesthésie-Réanimation-Urgence-Soins intensifs du Pr. Patrick Verwaerde et du Dr. Rocio Fernandez à l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort.post-ida-stent-valve1 post-ida-stent-valve2-envoiUne profonde reconnaissance à la société Medtronic (en particulier M. Bob Melder et M. Bruno Lecointe) sans laquelle cette prouesse technique n’aurait pas eu lieu, à la Fondation Un Cœur et ses donateurs, et à toutes ces équipes, plus particulièrement aux Dr. N. Borenstein, au Pr V. Chetboul, au Pr. P. Verwaerde, aux Drs A. Morlet, P. Passavin, R. Fernandez, G. Giannettoni, E. Trehiou-Sechi, V. Saponaro, C. Poissonnier, S. Ghazal, S. Lefort, L. Enrique, à Mme L. Abassebay, C. R. Marchal, J. Delle Cave, E. Vannucci, à Mme M.-L. Robert, ainsi qu’au service d’imagerie et aux internes de l’ENVA (notamment C. Roux, C. Martin et T. Ternisien), pour leur implication dévouée. Bravo à Ida et à ses formidables propriétaires qui se sont battus à leurs côtés !

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Le bouledogue français est prédisposé à une malformation cardiaque : la sténose pulmonaire

Une étude soutenue par la Fondation Un Cœur et réalisée à l’Unité de Cardiologie d’Alfort vient de montrer que le Bouledogue français est prédisposé à la sténose pulmonaire, une malformation cardiaque. Cette affection, qui existe également chez l’enfant, est caractérisée par un obstacle à la sortie du sang désoxygéné depuis le ventricule droit. Chez le Bouledogue, dans 80% des cas, il n’y a malheureusement pas un mais plusieurs obstacles, avec dans près des 2/3 des cas, une trop petite taille des artères pulmonaires, 1 chien sur 2 décédant de cette malformation avant l’âge de 3 ans.

Merci à tous les auteurs de cette publication d’avoir alerté sur cette cardiopathie.

L’étape suivante : trouver le mode de transmission ainsi que le ou les gènes responsables pour éviter que ne se répande plus cette malformation au sein de cette adorable race.

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Dépistage des affections cardiques chez deux bébés panthères des neiges

L’Association Yaboumba et l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA), soutenues par la Fondation Un Cœur, poursuivent leur travail commun de dépistage des affections cardiaques chez les grands félins. Comme démontré par ces équipes de vétérinaires, les panthères sont en effet prédisposées à ces maladies, et il est important de les détecter précocement afin de les soigner au mieux.

Dans le cadre de ce programme dirigé par le Dr. Norin Chaï et le Pr. Valérie Chetboul, deux bébés panthères des neiges viennent ainsi de bénéficier d’un check-up cardiovasculaire complet. Les examens ont pu être faits sans anesthésie et tout en douceur !

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Clinicat Cardiologie Faune Sauvage – Grands Singes

Les grands singes (Orang Outan, Gorille, Chimpanzé et Bonobo) sont à un pas de l’extinction d’après la récente mise à jour de la liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Or les affections cardiovasculaires représentent une des principales causes de leur mortalité, la plus fréquente étant une myocardiopathie (ou maladie du muscle cardiaque).

Dans le cadre du clinicat cardiologie faune sauvage, financé par la Fondation Un Cœur, sous la direction du Dr Norin Chaï et du Pr. Valérie Chetboul, un travail impliquant le Dr. Solène Lefort a débuté  dans l’objectif de développer des outils diagnostiques de détection précoce de cette affection cardiaque à l’origine de morts subites (collaboration Muséum d’Histoire Naturelle, association Yaboumba, Unité de Cardiologie d’Alfort). 

Les prochains mois s’annoncent donc riches en découvertes et en émotions ! Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’avancée de cette étude. 

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Clinicat Cardiologie Faune Sauvage & Clinicat Médecine de la Faune Sauvage

  Depuis Septembre 2018 ont débuté les programmes de formation « Clinicat Vétérinaire Faune Sauvage » à la Ménagerie, le zoo du Jardin des Plantes et « Clinicat de Cardiologie en Faune Sauvage » à la Ménagerie, le zoo du Jardin des Plantes et au Service de Cardiologie de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort.

Ces programmes, dirigés par le Pr. Valérie Chetboul et le Dr. Norin Chai sont entièrement financés par la Fondation Un cœur. Ils ont pour objectif de faire découvrir pour l’un, les spécificités en Cardiologie de la Faune Sauvage et pour l’autre, les particularités du métier de vétérinaire en parc zoologique et d’en d’appréhender les différentes facettes.

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Une deuxième chance pour Jedai !

  Jedai est un Cane Corso de 4 ans, maltraité puis abandonné par ses premiers propriétaires, il a été recueilli par une nouvelle famille qui le comble d’amour. Cependant, atteint d’une maladie cardiaque compliquée d’une arythmie grave, depuis 4 mois son quotidien devenait de plus en plus en difficile à vivre : ses nouveaux maîtres assistaient impuissants à de nombreux malaises (jusqu’à 6 syncopes par jour).

   Afin de lui donner une chance de reprendre une vie normale, la Fondation Brigitte Bardot, la Fondation Un Cœur, les équipes de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) et IMMR réunies, se sont  mobilisées pour aider Jedai qui a pu être traité puis opéré par voie endovasculaire de sa malformation. Encore en convalescence, il doit se reposer mais depuis son intervention il ne fait déjà plus aucun malaise.

  Un grand Merci à tous ceux qui se sont mobilisés pour Jedai, et plus particulièrement aux deux Fondations Brigitte Bardot et Un Cœur, au Dr N. Borenstein et Pr. V Chetboul, ainsi qu’aux Drs. C. Misbach, P. Passavin, V. Saponaro, S. Ghazal, Mme L. Abassebay et M. X. Henri .

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Tous unis pour offrir le plus beau Noël à Nana, une chienne formidable au service du handicap !

    Nana est une jeune chienne Berger Allemand au quotidien pas comme les autres : elle accompagne sa maîtresse, éducatrice spécialisée, sur son lieu de travail (l’EPNAK). Au sein d’une classe accueillant des enfants autistes, Nana aide ces derniers à développer des liens affectifs, à devenir responsables, et à mieux vivre avec leur handicap.
Cependant, atteinte d’une maladie cardiaque grave, elle a dû arrêter de travailler pour se reposer. Afin de lui donner une chance de reprendre sa généreuse mission, les propriétaires de Nana, la Fondation Un Cœur, la SPA et plusieurs donateurs se sont mobilisés pour lui permettre de bénéficier d’une intervention endovasculaire.
Grâce aux équipes conjointes de l’UCA et de l’IMMR Paris, la malformation de Nana a pu être totalement corrigée. De retour dans son foyer, les propriétaires de Nana ont été heureux d’avoir pu partager cette fin d’année à ses côtés. Nana devrait pouvoir reprendre son merveilleux travail dès le mois prochain !

L’histoire de Nana est la belle illustration des missions premières de la Fondation Un Cœur : soigner l’animal et aider l’homme !
Un grand merci à la SPA, à la Fondation Un Coeur, aux donateurs, à toute l’équipe de l’IMMR et de l’Unité de Cardiologie d’Alfort, et plus particulièrement le Dr Nicolas Borenstein, le Dr Olivier Chevènement, Mme Lamia Abassebay, Mme Morgane Riau, le Pr Valérie Chetboul, le Dr Vassiliki Gouni, le Dr Emilie Trehiou-Sechi, le Dr Vittorio Saponaro et le Dr Peggy Passavin.

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Une intervention novatrice vient d’être réalisée pour tenter de sauver Preston

    Une intervention novatrice vient d’être réalisée pour tenter de sauver Preston, Golden Retriever de 8 mois atteint d’une grave et rare malformation cardiaque, déjà en voie de décompensation : un instrument spécial a pu être positionné dans une de ses chambres cardiaques pour couper et ensuite écraser un obstacle épais et rigide qui bloquait le passage du sang, le tout sans ouvrir le cœur (intervention dite « endovasculaire »). Preston s’est très vite rétabli et commence même déjà à courir. Devant la gravité de son affection, il va néanmoins devoir rester sous étroite surveillance médicale. Merci à la Fondation Brigitte Preston1Bardot, à la Fondation Un Coeur, à divers donateurs, aux équipes de l’Unité de Cardiologie d’Alfort et de l’IMMR (Paris), qui se sont mobilisés pour cette intervention. Un grand merci, entre autres, aux Drs N. Borenstein, V. Saponaro, E. Trehiou-Sechi, P. Passavin, C. Poissonnier, au Pr V. Chetboul ainsi qu’au Dr. M. Roche-Catholy dont le poste est financé par la Fondation Un Coeur, pour leur implication dévouée. Un grand merci également aux propriétaires de Preston de nous avoir accordé leur confiance.

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La fondation Un Cœur et l’Association Yaboumba soutiennent le groupe de travail « Wildlife Cardiology Group (WLC) »

La fondation Un Cœur et l’Association Yaboumba soutiennent le groupe de travail « Wildlife Cardiology Group (WLC) » consacré à la cardiologie des animaux sauvages Les pathologies cardiaques en parcs zoologiques sont sous-diagnostiquées et restent malheureusement trop souvent encore des découvertes d’autopsie.Or, les félins captifs, à forte consanguinité, peuvent être atteints, tout comme les humains, à la fois de cardiopathies congénitales (présentes à la naissance) et acquises (apparaissant généralement à l’âge adulte). Ils peuvent aussi en être traités médicalement voire chirurgicalement.De ce constat, un programme global d’études, de diagnostic et de soins en cardiologie de la faune sauvage a vu le jour sous la direction des Dr. Norin Chaï (Ménagerie du Jardin des Plantes) et du Pr. Valérie Chetboul (Unité de Cardiologie d’Alfort), avec la constitution du Wildlife Cardiology (WLC) Group, impliquant des vétérinaires bénévoles des deux équipes.C’est dans le cadre de ce programme qu’une Panthère des Neiges avait pu bénéficier avec succès en 2011 de la première correction chirurgicale d’une malformation cardiaque congénitale (sténose pulmonaire). Une première étude, initiée il y a 5 ans par le WLC Group et visant à développer une base de données sur les paramètres cardiologiques des grands félins sauvages, vient aussi de porter ses fruits sous la forme d’une publication majeure dans le Journal of Zoo and Wildlife Medicine, journal de référence pour les vétérinaires de parcs zoologiques et de faune sauvage. Ce travail, qui représente la première étape yaboumbapour améliorer le diagnostic et le traitement des cardiopathies chez les grands félins, a pu voir le jour grâce à la Fondation Un Cœur et l’Association Yaboumba réunies.
Un guépard examiné au zoo de la Palmyre dans le cadre du programme de dépistage  des cardiopathies lancé par le WLC group.
Le Wildlife Cardiology Group  réunit les équipes de la Ménagerie du jardin des Plantes et celle de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) dirigées respectivement par le Dr. Norin Chaï et le Pr. Valérie Chetboul, ainsi que le Dr. Thierry Petit (Zoo la Palmyre).


Grâce à un mécénat par le laboratoire Zoetis

Grâce à un mécénat par le laboratoire Zoetis (USA), la Fondation Un Cœur finance un nouveau poste d’Assistant de Recherche Clinique au sein de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) !
Le Dr. Marine Roche-Catholy, diplômée de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon (ENVL/VetAgro Sup, promotion 2016), occupe ce poste dédié à la cardiologie animale (diagnostic, soins médicaux et chirurgicaux, et recherche), depuis le 1er septembre 2017. 
C’est durant ses multiples stages à l’étranger (Australie, Philippines, Suisse), en milieu universitaire et au sein de cliniques privées, que le Dr Roche-Catholy s’est découvert une passion pour cette discipline qu’est la cardiologie. Après un internat en clinique des animaux de compagnie au sein de l’ENVL, elle a rejoint l’UCA dirigée par le Pr. V. Chetboul.
Marine a fait le choix de l’UCA non seulement en raison de sa passion pour la cardiologie, mais aussi pour l’excellence de la formation qui y est délivrée ainsi que le dynamisme et l’esprit innovant qui règnent au sein de cette équipe.
Son projet de recherche portera sur la maladie cardiaque du chien la plus fréquente, dénommée « maladie valvulaire dégénérative mitrale », touchant plus particulièrement les chiens de petit format.
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Congrès européen de médecine interne des Animaux de Compagnie

La Fondation Un Cœur et l’Unité de Cardiologie d’Alfort ont été représentées lors du dernier congrès européen de médecine interne des Animaux de Compagnie (ECVIM-CA Congress), qui s’est déroulé du 14 au 16 septembre dernier à Malte. Le Dr Camille Poissonnier (Fondation Un Cœur – Mécénat Vétoquinol) a ainsi présenté une étude sur la maladie d’Ebstein, malformation congénitale rare et grave de la valve tricuspide à laquelle le Labrador est prédisposé. Il s’agit à ce jour de la première étude analysant les caractéristiques de cette malformation, avec présentation de nouveaux indices échographiques pour en grader la gravité, les précédentes descriptions de cette cardiopathie n’ayant été faites que sur des cas isolés.
Merci à toute l’équipe de l’Unité de Cardiologie d’Alfort et au docteur vétérinaire E. Bomassi pour sa contribution à cette étude en voie de publication.
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Chirurgie cardiaque chez le chien : réparation et remplacement de la valve mitrale

Maïko est un jeune Pearson Terrier référé pour la prise en charge d’une malformation cardiaque congénitale décompensée, à un stade terminal, compliquée d’une anomalie hématologique rare secondaire. Maïko était condamné à très court terme.
Grâce à la générosité de nombreuses personnes, amis, famille des propriétaires de Maïko, et même anonymes, une correction par voie endovasculaire de la cardiopathie a été possible il y a deux semaines. Maïko a été immédiatement soulagé et transformé, ses propriétaires ne l’ont jamais connu aussi en forme et il peut à nouveau goûter aux plaisirs de la vie en jouant avec ses compagnons canins et équins !

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Nous tenions à remercier toutes les personnes qui se sont battues pour Maïko, ses propriétaires, son vétérinaire, le Dr Commère ainsi que l’équipe de l’IMMr-UCA/Fondation Un Coeur et en particulier le Dr Nicolas Borenstein, le Dr Olivier Chevenement, Mme Lamia Abessebay, les Drs. Maria Paz et Luis Enrique Carazo Arias, le Pr Valérie Chetboul, les Drs Vassiliki Gouni, Cécile Damoiseaux, Marie Lavennes et Camille Poissonnier et enfin, l’équipe de soins intensifs du CHUVA, en particulier au Drs Mathieu Magnin et Fiona Da Riz.


Chirurgie cardiaque chez le chien : réparation et remplacement de la valve mitrale

Avec le soutien de la Fondation Un Cœur, les équipes de l’UCA et de l’IMMR, composées de vétérinaires cardiologues spécialistes (Dipl. DESV et ECVIM en cardiologie), de vétérinaires chirurgiens et de chirurgiens cardiaques de renom, souhaitent de nouveau unir leurs compétences et leurs efforts pour contribuer à sauver les chiens atteints de maladie valvulaire dégénérative mitrale par une intervention chirurgicale à cœur ouvert adaptée. Pour en savoir plus et nous soutenir, cliquez sur ce lien


Electrocardiographie sur des Eléphants (Elephas maximus) sauvages au Cambodge par la Fondation Un Cœur : description d’une nouvelle onde !

La Fondation Un Cœur a mené une mission au Cambodge en collaboration avec l’association vétérinaire Yaboumba du 27 au 31 janvier 2014. Vous pouvez lire le rapport de cette mission en suivant ce lien

figure 2Le cœur de toutes les espèces animales présente une activité électrique liée aux variations de potentiel de cellules spécialisées dans la contraction (myocytes) et des cellules spécialisées dans l’automatisme et la conduction des influx nerveux. L’électrocardiogramme est une représentation graphique de cette activité électrique. De fait, l’électrocardiographie (ECG) apparaît comme un outil approprié pour étudier et déceler des altérations électrophysiologiques du cœur, permettant ainsi de diagnostiquer nombre de maladies. La position des électrodes par rapport au cœur détermine l’aspect des déflexions sur l’enregistrement.
Des pathologies cardiaques ont été décrites chez les éléphants, cependant il n’existe que peu d’études faisant mention de l’ECG chez ces animaux. De plus, ces études n’impliquent que des éléphants anesthésiés et en captivité.

Au cours de notre mission, nous nous sommes intéressés à des éléphants dans une réserve naturelle gérée par le projet ELEPHANT VALLEY. Aucune équipe n’avait travaillé sur le sujet avec des animaux en liberté et surtout non anesthésiés. En soi, notre étude représentait une originalité certaine.
Ensuite, nous nous sommes penchés sur la méthode en elle même. Les rares ECG effectués mentionnait des pinces électrodes spéciales, lourdes et incommodes à utiliser. Nous avons opté pour de simples pinces électrodes, les mêmes que nous utilisons sur les chiens et chats. Mais il fallait trouver le bon emplacement et la bonne technique !

Nos objectifs étaient donc, d’une part, d’évaluer la faisabilité d’une méthode simple pour l’enregistrement électrocardiographie sur des éléphants d’Asie en liberté et non sédatés, et d’autre part, de décrire les modèles et les valeurs de l’ECG correspondant.
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Sur les éléphants étudiés, notre technique a fonctionné à merveille. Nous avons ainsi pu obtenir près de 10 tracés ECG, propres, de bonne qualité et très exploitables.
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Sur le tracé ECG lui même, nous avons noté de grandes différences avec celui obtenu chez le chien et le chat, en raison de deux ondes supplémentaires : l’onde U et l’onde Ta. L’onde « Ta » ou « onde T atriale » correspond à la repolarisation (la relaxation) des oreillettes. De trop faible amplitude chez la plupart des espèces animales, elles sont le plus souvent cachées par l’onde qui la suit, le « complexe QRS ». Au meilleur de notre connaissance, les ondes Ta n’avaient jamais été signalées chez les éléphants auparavant. Cette étude vient d’être publiée dans le Journal of Zoo and Wildlife Medicine, journal scientifique de référence pour tous les vétérinaires de zoos et de faune sauvage dans le monde.

Référence de l’article :

Chai N, Pouchelon JL, Bouvard J, Sillero LC, Huynh M, Segalini V, Point L, Croce V, Rigaux G, Highwood J, Chetboul V. Proposed Simple Method For Electrocardiogram Recording In Free-Ranging Asian Elephants (Elephas maximus).J Zoo Wildl Med. 2016 Mar;47(1):6-11

Légende des figures :
Figure 1 : Disposition des électrodes.
Figure 2 : Examen électrocardiographique par le Pr. Jean Louis Pouchelon
Figure 3 : L’ECG d’un éléphant avec les ondes Ta indiquées par des flèches. L’onde P correspond à la dépolarisation (et la contraction) des oreillettes, droite et gauche. L’onde RS (appelé aussi complexe QRS) correspond à la dépolarisation (et la contraction) des ventricules, droit et gauche. L’onde T correspond à l’essentiel de la repolarisation (la relaxation) des ventricules. L’origine de l’onde U reste discutée.


Charlotte – Une Première mondiale

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Une première mondiale en collaboration avec l’Unité de Cardiologie D’Alfort (UCA), la Fondation « Un Cœur » et l’IMMR : une intervention chirurgicale suivie par échographie intracardiaque !
Charlotte, une petite chienne Welsh Corgi, souffrant d’une malformation cardiaque de naissance a eu la chance de bénéficier de cette toute nouvelle technique de suivi chirurgical : celle dénommée ICE (Intra Cardiac Echocardiography). Cette technique innovante utilise une sonde échographique fine comme une allumette, glissée dans une artère et dirigée jusqu’à l’intérieur du cœur pour surveiller l’acte chirurgical en « intracardiaque » !
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Charlotte a pu rentrer chez elle, 36 heures plus tard, avec juste un petit pansement à l’intérieur de la cuisse et deux points de sutures !

Ce cas fera l’objet d’une publication internationale en cours de rédaction.

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Remerciements au Dr. Nicolas Borenstein et à toute l’équipe de l’IMMR, au Pr. V. Chetboul, au Dr. Damoiseaux (résidente ECVIM en cardiologie), au Dr. M. Lavennes (assistante de recherche clinique UCA/Fondation Un Cœur/Fondation de France), ainsi qu’aux vétérinaires référents (Dr. D. Bembaron, Dr. O. Arvay, Dr. B. Chekroun) et aux propriétaires de Charlotte pour leur confiance.

Crédits photos : Unité de Cardiologie d’Alfort/IMMr


La fondation Un Cœur et l’Association Yaboumba soutiennent le groupe de travail « Wildlife Cardiology Group (WLC) »

yaboumbaLa fondation Un Cœur et l’Association Yaboumba soutiennent le groupe de travail « Wildlife Cardiology Group (WLC) » consacré à la cardiologie des animaux sauvages.

Les pathologies cardiaques en parcs zoologiques sont sous-diagnostiquées et restent malheureusement trop souvent encore des découvertes d’autopsie.
Or, les félins captifs, à forte consanguinité, peuvent être atteints, tout comme les humains, à la fois de cardiopathies congénitales (présentes à la naissance) et acquises (apparaissant généralement à l’âge adulte). Ils peuvent aussi en être traités médicalement voire chirurgicalement.
De ce constat, un programme global d’études, de diagnostic et de soins en cardiologie de la faune sauvage a vu le jour sous la direction des Dr. Norin Chaï (Ménagerie du Jardin des Plantes) et du Pr. Valérie Chetboul (Unité de Cardiologie d’Alfort), avec la constitution du Wildlife Cardiology (WLC) Group, impliquant des vétérinaires bénévoles des deux équipes.
C’est dans le cadre de ce programme qu’une Panthère des Neiges avait pu bénéficier avec succès en 2011 de la première correction chirurgicale d’une malformation cardiaque congénitale (sténose pulmonaire).
Une première étude, initiée il y a 5 ans par le WLC Group et visant à développer une base de données sur les paramètres cardiologiques des grands félins sauvages, vient aussi de porter ses fruits sous la forme d’une publication majeure dans le Journal of Zoo and Wildlife Medicine, journal de référence pour les vétérinaires de parcs zoologiques et de faune sauvage.
Ce travail, qui représente la première étape pour améliorer le diagnostic et le traitement des cardiopathies chez les grands félins, a pu voir le jour grâce à la Fondation Un Cœur et l’Association Yaboumba réunies.

Le Wildlife Cardiology Group  réunit les équipes de la Ménagerie du jardin des Plantes et celle de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) dirigées respectivement par le Dr. Norin Chaï et le Pr. Valérie Chetboul, ainsi que le Dr. Thierry Petit (Zoo la Palmyre). Le Wildlife Cardiology Group  réunit les équipes de la Ménagerie du jardin des Plantes et celle de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) dirigées respectivement par le Dr. Norin Chaï et le Pr. Valérie Chetboul, ainsi que le Dr. Thierry Petit (Zoo la Palmyre).
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Une « Belle » histoire

article-belle-photo4Belle, Cavalier King Charles de 8 ans,  a été adoptée il y a 3 mois par son propriétaire à la SPA. Trouvée errante sur la voie publique, elle est atteinte d’une cardiopathie acquise bien connue au sein de la race : la maladie valvulaire mitrale dégénérative. En plus de cette valvulopathie, Belle souffre d’une persistance du canal artériel, une maladie cardiaque congénitale qui jusqu’alors était toujours passée inaperçue. Cette malformation cardiaque est caractérisée par une communication anormale (le canal artériel) entre deux artères (aorte, artère pulmonaire), ayant pour conséquence un mélange de sang oxygéné et non oxygéné. La persistance du canal artériel peut ainsi entraîner la mort si cette communication n’est pas fermée chirurgicalement.

article-belle-photo1En raison du diagnostic tardif lié au passé de Belle, la cardiopathie est très évoluée expliquant la fatigue de Belle, même au repos. Une échocardiographie réalisée à l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) a permis de découvrir que la dilatation du cœur était très importante avec même une perte de contractilité.

Grâce à notre partenaire Zoetis, la Fondation « Un Cœur » finance depuis le 15 décembre 2014 un nouveau poste d’Assistant au sein de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA).
Une des missions de cet assistant (Dr. Jonathan Bouvard) a notamment été la prise en charge de Belle.

article-belle-photo3Le canal artériel de Belle a pu être fermé avec succès sans ouvrir ni le cœur ni même le thorax, grâce à un petit dispositif endovasculaire en forme de diabolo (dénommé ACDO) introduit par une artère du membre postérieur de la chienne (artère fémorale). Le suivi de la mise en place de ce dispositif a été réalisé par angiographie et échographie transoesophagienne.

Belle a pu rentrer chez elle en région parisienne, 48 heures plus tard, avec juste un petit pansement à l’intérieur de la cuisse et deux points de sutures. Aux dernières nouvelles, Belle est beaucoup plus vive et plus en forme que jamais.

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Remerciements au Dr. N Borenstein (vétérinaire chirurgien cardiaque), au Pr. V Chetboul, aux Drs. V. Gouni et  J. Bouvard de l’UCA, à Lamia Le Berre Abassebay (anesthésiste) ainsi qu’à M. Poix, le nouveau maître de Belle. 


Zoetis USA : le second partenaire de la Fondation Un cœur.

Grâce à un second mécénat par le laboratoire Zoetis (Zoetis USA), la Fondation Un Cœur finance depuis le 15 décembre 2014 un nouveau poste d’Assistant de Recherche Clinique au sein de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) !
Le Dr. Jonathan, Bouvard diplômé de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort (ENVA, promotion 2012), occupe ce poste, dédié à la cardiologie animale (diagnostic, soins médicaux et chirurgicaux, et recherche).

Au cours de l’année universitaire 2012/2013 et après plusieurs stages aux USA au cours de sa scolarité, le Dr. Bouvard a effectué un internat en clinique des animaux de compagnie au sein de l’ENVA où sa passion pour la cardiologie n’a fait que se confirmer. Après une année de stage à l’UCA au cours de laquelle il a parallèlement obtenu un diplôme inter-universitaire en chirurgie des cardiopathies congénitales, il a rejoint l’UCA dirigée par le Pr. Valérie Chetboul.
Jonathan a fait le choix de l’UCA non seulement en raison de sa passion pour la cardiologie, mais aussi pour l’excellence de la formation qui y est délivrée, la passion, le dynamisme et l’esprit innovant qui règne au sein de cette équipe.
Son projet de recherche en tant qu’Assistant de Recherche Clinique portera sur la maladie cardiaque du chien la plus fréquente, une maladie dégénérative des valves (dénommée « maladie valvulaire dégénérative mitrale ») touchant plus particulièrement les chiens de petit format. jonathan-photo-article


La chirurgie cardiaque vétérinaire : bilan et perspectives

Valérie Chetboula, Jonathan Bouvardb et Nicolas Borensteinc

a Professeur de Cardiologie, Agrégée de Pathologie Médicale, Dipl. ECVIM-CA (Cardiology). Unité de Cardiologie d’Alfort, CHUVA et UMR INSERM-ENVA U955. Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, 7 avenue du général de Gaulle, 94704 Maisons-Alfort cedex, France.

bDVM, Dipl. internat en clinique des animaux de compagnie. Unité de Cardiologie d’Alfort, CHUVA, Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, 7 avenue du général de Gaulle, 94704 Maisons-Alfort cedex, France.c DVM, PhD. IMM Recherche, 42 boulevard Jourdan, 75014 Paris, France.
 

 

La cardiologie vétérinaire est une discipline ayant bénéficié des avancées récentes de la cardiologie humaine et de ses propres recherches. Ceci est particulièrement vrai concernant le diagnostic des cardiopathies avec le développement de l’échocardiographie, de l’électrocardiographie et du Holter. Le traitement médical a de même fait de nombreux progrès, avec la preuve de l’efficacité de plusieurs classes de médicaments comme les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine, les inodilatateurs ou les diurétiques de dernière génération, permettant d’améliorer la qualité de vie et de prolonger la durée de vie des animaux cardiaques.

Certaines affections cardiaques animales peuvent aussi bénéficier d’un geste chirurgical curatif. Néanmoins, ceci reste limité à des interventions extra-cardiaques (sans ouvrir le cœur) réalisées au sein de cliniques vétérinaires : ligature du canal artériel, exérèse de tumeurs  de la base du cœur ou encore du péricarde (péricardectomie). S’y ajoute la possibilité de pose de pacemaker dont le but est de traiter des animaux atteints d’arythmies graves. Il n’existe pas de pacemaker spécifiquement conçu pour les chiens. Toutefois, des pacemakers humains sont adaptables aux animaux (Figure 1).

Depuis ces dernières années, d’autres corrections chirurgicales plus complexes, car « intra-cardiaques », sont accessibles aux carnivores domestiques. Elles sont réservées à des centres universitaires ou à des centres de recherche disposant d’un plateau technique important, doté d’équipements de haute technicité, permettant deux approches chirurgicales : l’une par voie endovasculaire (chirurgie dite « interventionnelle » pratiquée sans ouvrir le cœur) et l’autre à cœur ouvert nécessitant la mise en place d’une circulation extracorporelle (CEC).

Le partenariat entre l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) et des chirurgiens cardiaques de  l’IMM recherche (UCA-IMMR), créé il y a maintenant plus de 20 ans à l’initiative des professeurs J-L Pouchelon, V Chetboul et F Laborde, a permis d’opérer et de sauver des animaux souffrant de diverses cardiopathies, le plus souvent congénitales, par l’une ou l’autre de ces deux approches.

Interventions endovasculaires les plus courantes chez l’animal

  • Généralités : le cathétérisme interventionnel a été reconnu comme une technique novatrice et utile suite aux travaux du physiologiste français André Cournan dont les recherches à ce sujet lui ont valu l’attribution du prix Nobel de médecine en 1956. Cette technique consiste, sous contrôle d’un amplificateur de brillance, en l’introduction d’un cathéter dans une veine ou une artère  pour accéder au cœur. Le matériel étant introduit dans les vaisseaux à travers la peau, on parle aussi de procédures endoluminales ou percutanées. Ces procédures endovasculaires permet ainsi, de nos jours, d’éviter certaines interventions chirurgicales à cœur ouvert, notamment lors de sténose pulmonaire (rétrécissement de l’artère pulmonaire) et, plus récemment, de persistance du canal artériel chez les carnivores domestiques.

 

  • La persistance du canal artériel : la persistance du canal artériel est une des cardiopathies congénitales les plus courantes du chien. Le canal artériel, présent chez le fœtus, se ferme dans les 72 premières heures de la vie. La persistance du canal artériel est une malformation congénitale caractérisée par l’absence de fermeture de ce canal, entrainant ainsi un mélange de sang entre l’aorte et l’artère pulmonaire aux effets souvent délétères (40% de survie à 1 an sans correction chirurgicale [1]). La fermeture du canal artériel est classiquement réalisée par thoracotomie (ouverture du thorax) et ligature du canal après sa dissection. Néanmoins, une technique novatrice, réalisée par voie endovasculaire, peut être à présent proposée : elle consiste à introduire au travers d’un cathéter un petit dispositif appelé ACDO [2] (Amplatz® canine duct occluder) ayant pour but d’occlure la lumière du canal (Figures 2 à 5).
    Figure2-chir-cardioFigure3-chir-cardio
  • Figure4-chir-cardioFigure5-chir-cardio                                                                                                                                                           

    La procédure est contrôlée par angiographie et échocardiographie transœsophagienne (Figures 6 et 7).

Figure6-chir-cardio Figure7-chir-cardio

Ces dispositifs endovasculaires spécifiquement conçus pour le chien ont vu le jour à la fin des années 2000 et présentent l’avantage d’être spécifiquement adaptés à la forme et à la taille des  canaux artériels dans cette espèce. Le risque d’embolisation est donc particulièrement réduit. Cette technique présente, par ailleurs, de très bons résultats avec de nombreux avantages : temps opératoire court limitant les risques anesthésiques, absence de dissection du canal réduisant ainsi les risques hémorragiques, et absence d’ouverture du thorax permettant une hospitalisation post-opératoire de courte durée). Cette technique endovasculaire a permis aux équipes UCA-IMMR depuis 2008 de traiter avec succès plusieurs dizaines de chiens souffrant de cette malformation.

 

  • Figure8-chir-cardioLa sténose pulmonaire: De même, la dilatation par ballonnet (ou angioplastie pulmonaire percutanée) est la technique de choix pour corriger – sans ouvrir le cœur – une autre malformation congénitale très fréquente du chien, la sténose pulmonaire, représentant jusqu’à 32% des cardiopathies congénitales dans cette espèce [3], les Bouledogues français et anglais étant les races les plus prédisposées. La technique consiste à faire cheminer, par des cathéters introduits préalablement dans une veine, un ballonnet jusqu’au lieu de l’obstacle artériel. Le ballonnet est ensuite gonflé, souvent à plusieurs reprises, pour dilater l’obstacle et agrandir ainsi la voie de passage du sang (Figure 8). Le premier cas « humain » a été réalisé en 1982 [4] (après avoir été testé chez un Bouledogue Anglais en 1980) et en 2009, la première correction d’une sténose pulmonaire chez un grand félin (une panthère des neiges) utilisant cette technique a été réussie par les équipes UCA-IMMR [5].

Cependant, selon la complexité de la malformation de l’artère pulmonaire, certaines sténoses peuvent ne pas répondre à la dilatation par ballonnet. Dans ce cas, une angioplastie par implantation de stent peut s’avérer nécessaire.

Ces interventions chirurgicales interventionnelles, permettant d’accéder au cœur sans ouvrir le thorax, ont l’avantage d’être peu invasives par comparaison aux chirurgies à cœur ouvert avec amélioration fonctionnelle et augmentation de l’espérance de vie des animaux opérés. Cependant, ces techniques restent limitées aux cas évoqués ci-dessus (persistance du canal artériel et sténose pulmonaire) et mériteraient d’être développées pour d’autres affections cardiaques congénitales ou acquises, restant à l’heure actuelle incurables chez l’animal. La recherche ayant pour but de développer de nouveaux dispositifs endovasculaires offre ainsi de réelles perspectives d’avenir en chirurgie cardiaque vétérinaire.

Interventions à cœur ouvert – problématique

Certaines affections cardiaques imposent d’ouvrir le cœur pour être corrigées. Ceci nécessite le recours à la CEC dont le principe est de détourner le sang hors du cœur pendant le temps nécessaire à la réalisation des gestes chirurgicaux.

L’avènement de la CEC a révolutionné la chirurgie cardiaque chez l’homme dans les années 60 : d’une chirurgie très risquée, réalisée en aveugle (par palpation) et avec une fenêtre de temps d’intervention très courte, dans des conditions d’hypothermie mal contrôlés, elle est devenue une discipline de reconstruction, de réparation ou de remplacement, très codifiée, avec des gestes complexes, parfois très longs.

Grâce à la motivation de quelques chirurgiens vétérinaires d’universités Nord-américaines, véritables pionniers de cette discipline, la chirurgie cardiaque vétérinaire a bénéficié de l’usage de la CEC à partir des années 1970 [6].

Figure9-chir-cardio

Le montage de la CEC (remplaçant à la fois le cœur et les poumons du malade) nécessite la mise en place de canules au niveau des veines caves ou de l’atrium droit (canule atrio-cave). Ces canules permettent d’extraire le sang « non oygéné », qui est ensuite conduit via un circuit hépariné, vers un oxygénateur (jouant le rôle de poumon), puis vers une pompe (jouant le rôle du cœur). Le sang alors oxygéné est ensuite ré-injecté via une canule mise en place dans l’aorte ascendante (Figure 9).

Le circuit de CEC nécessite un réglage précis par un spécialiste appelé perfusionniste ou pompiste. Très peu de publications vétérinaires font état d’une expérience en chirurgie sous CEC en raison du plateau technique et du personnel nécessaire.

Toutefois, grâce aux équipes UCA-IMMR, plusieurs animaux ont pu bénéficier d’une chirurgie cardiaque à cœur ouvert sous CEC en France. Ces équipes ont de surcroit innové en évitant, comme classiquement réalisé chez l’homme, le recours à la cardioplégie (arrêt du cœur) pendant l’intervention. La première correction à cœur ouvert et cœur battant d’une malformation de la valve mitrale a ainsi été réalisée, avec succès, en 2002 chez un Cairn Terrier de 1 an (Figure 10).

Figure10-chir-cardioElle a été suivie en 2005 de la pose de la première valve bioprothétique chez un Bull Terrier de 1 an [7,8]. Enfin, plus récemment, (2010) la correction à cœur ouvert – cœur battant d’une malformation cardiaque congénitale grave chez un chat (Cor Triatratum Sinister) a été réalisée par les mêmes équipes[9].

Malgré ces avancées remarquables, de nombreux progrès restent à réaliser, notamment concernant le prise en charge chirurgicale de la cardiopathie la plus fréquente du chien, la maladie valvulaire dégénérative mitrale. Cette cardiopathie affecte préférentiellement les chiens de petit format, le Cavalier King Charles étant particulièrement prédisposé [9].Elle est à l’origine de décès par insuffisance cardiaque congestive (œdème pulmonaire) dans 25 à 40% des cas selon les races [10,11] malgré la mise en place d’un traitement médical. La réparation partielle sous CEC de la valve atteinte (valvuloplastie) permet de limiter les conséquences de la maladie [12]. Néanmoins, la solution optimale semble être le remplacement valvulaire complet grâce à la pose de prothèses adaptées au petit format et à la physiologie de ces chiens malades. Ceci reste l’objet de recherche en cours pour les années à venir…


Bibliographie

[1] Eyster GE, Eyster JT, Cords GB, Johnston J. Patent ductus arteriosus in the dog : charactéristics of occurrence and results of surgery in one hundred consecutive cases. J Am Vet Med Assoc 1976;168:435-438.

[2] Amplatz® Canine Duct Occluder, Infinity Medical, LLC™, West Hollywood, CA.

[3] Oliveira P, Domenech O, Silva J, Vannini S, Bussadori R, Bussadori C. Restrospective review of congenital heart disease in 976 dogs. J Vet Intern Med 2011;25:477-483.

[4] Buchanan JW, Anderson JH, White RI. The 1st balloon valvuloplasty : an historical note. J Vet Intern Med2002;16:116-117

[5] Chai N, Behr L, Chetboul V, Pouchelon JL, Wedlarski R, Tréhiou-Sechi E, Gouni V, Misbach C, Petit AM, Bourgeois A, Hazan T, Borenstein N.Successful treatment of a congenital pulmonic valvular stenosis in a snow leopard (Uncia uncia) by percutaneous balloon valvuloplasty. J Zoo Wildl Med 2010;41:735-738.

[6] Breznock EM, Vasko JS, Hilwig RW, Bell RL,Hamlin RL. Surgical correction, using hypothermia, of interventricular septal defect in the dog. J Am Vet Med Assoc 1971;158:1391-1400.

[7] Borenstein N, Daniel P, Behr L, Pouchelon JL, Carbognani D, Pierrel A, Macabet V, Lacheze A, Jamin G, Carlos C, Chetboul V, Laborde F.Successful surgical treatment of mitral valve stenosis in a dog. Vet Surg 2004;33:138-145.

[8] Behr L, Chetboul V, Carlos Sampedrano C, Vassiliki G, Pouchelon JL, Laborde F, Borenstein N. Beating heart mitral valve replacement with a bovine pericardial bioporthesis for treatment of mitral valve dysplasia in a Bull Terrier. Vet Surg 2007;36:190-198.

[9] Borenstein N, Gouni V, Behr L, Trehiou-Sechi E, Petit A, Misbach C, Raillard M, Pierrel A, Retortillo JL, Pouchelon JL, Laborde F, Chetboul V.Successful surgical treatment of cor triatriatum sinister in a cat under cardiopulmonary bypass.Vet Surg, sous presse.

[10] Chetboul V, Tissier R, Villaret F, Nicolle A, Déan E, Benalloul T, Pouchelon JL. Caractéristiques épidémiologiques, cliniques, écho-Doppler de l’endocardiose mitral chez le Cavalier King Charles en France : étude rétroscpective de 451 cas (1995 à 2003). Can Vet J 2004;45:1012-1015.

[11] Serfass P, Chetboul V, Carlos Sampedrano C, Nicole A, Benalloul T, Laforge H, Gau C, Hébert C, Pouchelon JL, Tissier R. Retrospective study of 942 small-sized dogs : Prevalence of left apical systolic heart murmur and left-sided heart failure, critical effects of breed and sex. J Vet Cardiol 2006;8:11-18.

[12] Uechi M. Mitral valve repair in dogs. J Vet Cardiol 2012;14:185-192.


Figure 1 : Mise en place d’un pacemaker chez un chien de petit format atteint d’une arythmie grave à l’origine de syncopes (plusieurs par jour). Le pacemaker, relié au cœur par une électrode, va quelques minutes plus tard être placé dans l’abdomen. Il a permis d’enrayer l’arythmie, faisant ainsi totalement disparaître les symptômes, ce pendant plusieurs années.Crédit photo : Pr. Valérie Chetboul (UCA).

 

Figure 2 : Schéma illustrant la pose d’un ACDO par voie endovasculaire chez un chien atteint de persistance du canal artériel. Crédit figure : Infiniti Medical.

A)   L’ACDO est attaché au cathéter et mis en place dans le canal artériel ;

B)    Le cathéter est ensuite retiré le long de l’aorte jusqu’à l’artère fémorale.

Ao : Aorte – TP : Tronc pulmonaire – CA : Canal artériel

 

Figure 3 : ACDO (Amplatz® canine duct occluder ; Infiniti Medical®) : dispositif formé de deux disques et ayant une forme de diabolo adapté à la forme des canaux artériels de chien.Crédit photo : Dr. Nicolas Borenstein (IMMR).

 

Figure 4 : Dissection de l’artère fémorale d’un chien en vue de la pose d’un ACDO.Crédit photo : Pr. Valérie Chetboul (UCA).

Figure 5 : Voie d’abord de l’artère fémorale et pose d’un cathéter guide en vue de l’occlusion d’un canal artériel par voie endovasculaire. Crédit photo : Dr. Cécile Damoiseaux (UCA).

 

Figure 6 : Images angiographiques montrant le déploiement d’un ACDO (flèche jaune) dans le canal artériel d’un chien sous contrôle échographique transœsophagien (*). Le cathéter guide introduit dans l’artère fémorale remonte l’aorte jusqu’au canal artériel (6A) où l’ACDO y est déployé (6B. Crédit photo : IMMR.

Figure 7 : Suivi per-opératoire d’une pose d’ACDO par échographie transœsophagienne.Crédit photo : Dr. Cécile Damoiseaux (UCA).

Figure 8 : Dilatation par ballonet d’une sténose pulmonaire sous contrôle échographique transœsophagien (*). L’injection de produit de contraste dans le ballon permet d’écraser l’obstacle situé dans l’artère pulmonaire. Noter la forme caractéristique du ballon en sablier (flèche bleue, 8A) avant la levée de l’obstacle (8B). Cette forme disparaît apres levée de l’obstacle (photo de droite).Crédit photo : IMMR.

 

Figure 9 : Principe de la circulation extra-corporelle.Crédit Figure : Dr. Nicolas Borenstein.

Figure 10 : Rébus, atteint d’une malformation grave de la valve mitrale, est le premier chien à avoir été opéré à cœur ouvert – cœur battant (équipes UCA-IMMR). Crédit Photo : Pr. Valérie Chetboul (UCA). 


Le Magazine de la Santé « In Vivo »

Le magazinel de la santéLa Fondation Un Coeur est à l’honneur dans  le « Magazine de la santé« , sur  France 5, animé par Martine Carrère d’Encausse et Michel Cymes. Une série de reportages est consacrée à la médecine vetérinaire, à Maison-Alfort dont deux modules à la chirurgie cardiaque animale, et donc au travail de Valérie Chetboul et de son équipe, dans le cadre d’un feuilleton « In Vivo ». Tous les jours de cette semaine vers 14h30. Vous pourrez voir l’intégrale de « In Vivo »qui passera ce dimanche 29 juin à 20h sur France 5.