Electrocardiographie sur des Eléphants (Elephas maximus) sauvages au Cambodge par la Fondation Un Cœur : description d’une nouvelle onde !

La Fondation Un Cœur a mené une mission au Cambodge en collaboration avec l’association vétérinaire Yaboumba du 27 au 31 janvier 2014. Vous pouvez lire le rapport de cette mission en suivant ce lien

figure 2Le cœur de toutes les espèces animales présente une activité électrique liée aux variations de potentiel de cellules spécialisées dans la contraction (myocytes) et des cellules spécialisées dans l’automatisme et la conduction des influx nerveux. L’électrocardiogramme est une représentation graphique de cette activité électrique. De fait, l’électrocardiographie (ECG) apparaît comme un outil approprié pour étudier et déceler des altérations électrophysiologiques du cœur, permettant ainsi de diagnostiquer nombre de maladies. La position des électrodes par rapport au cœur détermine l’aspect des déflexions sur l’enregistrement.
Des pathologies cardiaques ont été décrites chez les éléphants, cependant il n’existe que peu d’études faisant mention de l’ECG chez ces animaux. De plus, ces études n’impliquent que des éléphants anesthésiés et en captivité.

Au cours de notre mission, nous nous sommes intéressés à des éléphants dans une réserve naturelle gérée par le projet ELEPHANT VALLEY. Aucune équipe n’avait travaillé sur le sujet avec des animaux en liberté et surtout non anesthésiés. En soi, notre étude représentait une originalité certaine.
Ensuite, nous nous sommes penchés sur la méthode en elle même. Les rares ECG effectués mentionnait des pinces électrodes spéciales, lourdes et incommodes à utiliser. Nous avons opté pour de simples pinces électrodes, les mêmes que nous utilisons sur les chiens et chats. Mais il fallait trouver le bon emplacement et la bonne technique !

Nos objectifs étaient donc, d’une part, d’évaluer la faisabilité d’une méthode simple pour l’enregistrement électrocardiographie sur des éléphants d’Asie en liberté et non sédatés, et d’autre part, de décrire les modèles et les valeurs de l’ECG correspondant.
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Sur les éléphants étudiés, notre technique a fonctionné à merveille. Nous avons ainsi pu obtenir près de 10 tracés ECG, propres, de bonne qualité et très exploitables.
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Sur le tracé ECG lui même, nous avons noté de grandes différences avec celui obtenu chez le chien et le chat, en raison de deux ondes supplémentaires : l’onde U et l’onde Ta. L’onde « Ta » ou « onde T atriale » correspond à la repolarisation (la relaxation) des oreillettes. De trop faible amplitude chez la plupart des espèces animales, elles sont le plus souvent cachées par l’onde qui la suit, le « complexe QRS ». Au meilleur de notre connaissance, les ondes Ta n’avaient jamais été signalées chez les éléphants auparavant. Cette étude vient d’être publiée dans le Journal of Zoo and Wildlife Medicine, journal scientifique de référence pour tous les vétérinaires de zoos et de faune sauvage dans le monde.

Référence de l’article :

Chai N, Pouchelon JL, Bouvard J, Sillero LC, Huynh M, Segalini V, Point L, Croce V, Rigaux G, Highwood J, Chetboul V. Proposed Simple Method For Electrocardiogram Recording In Free-Ranging Asian Elephants (Elephas maximus).J Zoo Wildl Med. 2016 Mar;47(1):6-11

Légende des figures :
Figure 1 : Disposition des électrodes.
Figure 2 : Examen électrocardiographique par le Pr. Jean Louis Pouchelon
Figure 3 : L’ECG d’un éléphant avec les ondes Ta indiquées par des flèches. L’onde P correspond à la dépolarisation (et la contraction) des oreillettes, droite et gauche. L’onde RS (appelé aussi complexe QRS) correspond à la dépolarisation (et la contraction) des ventricules, droit et gauche. L’onde T correspond à l’essentiel de la repolarisation (la relaxation) des ventricules. L’origine de l’onde U reste discutée.


Charlotte – Une Première mondiale

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Une première mondiale en collaboration avec l’Unité de Cardiologie D’Alfort (UCA), la Fondation « Un Cœur » et l’IMMR : une intervention chirurgicale suivie par échographie intracardiaque !
Charlotte, une petite chienne Welsh Corgi, souffrant d’une malformation cardiaque de naissance a eu la chance de bénéficier de cette toute nouvelle technique de suivi chirurgical : celle dénommée ICE (Intra Cardiac Echocardiography). Cette technique innovante utilise une sonde échographique fine comme une allumette, glissée dans une artère et dirigée jusqu’à l’intérieur du cœur pour surveiller l’acte chirurgical en « intracardiaque » !
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Charlotte a pu rentrer chez elle, 36 heures plus tard, avec juste un petit pansement à l’intérieur de la cuisse et deux points de sutures !

Ce cas fera l’objet d’une publication internationale en cours de rédaction.

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Remerciements au Dr. Nicolas Borenstein et à toute l’équipe de l’IMMR, au Pr. V. Chetboul, au Dr. Damoiseaux (résidente ECVIM en cardiologie), au Dr. M. Lavennes (assistante de recherche clinique UCA/Fondation Un Cœur/Fondation de France), ainsi qu’aux vétérinaires référents (Dr. D. Bembaron, Dr. O. Arvay, Dr. B. Chekroun) et aux propriétaires de Charlotte pour leur confiance.

Crédits photos : Unité de Cardiologie d’Alfort/IMMr


La fondation Un Cœur et l’Association Yaboumba soutiennent le groupe de travail « Wildlife Cardiology Group (WLC) »

yaboumbaLa fondation Un Cœur et l’Association Yaboumba soutiennent le groupe de travail « Wildlife Cardiology Group (WLC) » consacré à la cardiologie des animaux sauvages.

Les pathologies cardiaques en parcs zoologiques sont sous-diagnostiquées et restent malheureusement trop souvent encore des découvertes d’autopsie.
Or, les félins captifs, à forte consanguinité, peuvent être atteints, tout comme les humains, à la fois de cardiopathies congénitales (présentes à la naissance) et acquises (apparaissant généralement à l’âge adulte). Ils peuvent aussi en être traités médicalement voire chirurgicalement.
De ce constat, un programme global d’études, de diagnostic et de soins en cardiologie de la faune sauvage a vu le jour sous la direction des Dr. Norin Chaï (Ménagerie du Jardin des Plantes) et du Pr. Valérie Chetboul (Unité de Cardiologie d’Alfort), avec la constitution du Wildlife Cardiology (WLC) Group, impliquant des vétérinaires bénévoles des deux équipes.
C’est dans le cadre de ce programme qu’une Panthère des Neiges avait pu bénéficier avec succès en 2011 de la première correction chirurgicale d’une malformation cardiaque congénitale (sténose pulmonaire).
Une première étude, initiée il y a 5 ans par le WLC Group et visant à développer une base de données sur les paramètres cardiologiques des grands félins sauvages, vient aussi de porter ses fruits sous la forme d’une publication majeure dans le Journal of Zoo and Wildlife Medicine, journal de référence pour les vétérinaires de parcs zoologiques et de faune sauvage.
Ce travail, qui représente la première étape pour améliorer le diagnostic et le traitement des cardiopathies chez les grands félins, a pu voir le jour grâce à la Fondation Un Cœur et l’Association Yaboumba réunies.

Le Wildlife Cardiology Group  réunit les équipes de la Ménagerie du jardin des Plantes et celle de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) dirigées respectivement par le Dr. Norin Chaï et le Pr. Valérie Chetboul, ainsi que le Dr. Thierry Petit (Zoo la Palmyre). Le Wildlife Cardiology Group  réunit les équipes de la Ménagerie du jardin des Plantes et celle de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) dirigées respectivement par le Dr. Norin Chaï et le Pr. Valérie Chetboul, ainsi que le Dr. Thierry Petit (Zoo la Palmyre).
Un guépard examiné au zoo de la Palmyre dans le cadre du programme de dépistage  des cardiopathies lancé par le WLC group. Un guépard examiné au zoo de la Palmyre dans le cadre du programme de dépistage des cardiopathies lancé par le WLC group.

Une « Belle » histoire

article-belle-photo4Belle, Cavalier King Charles de 8 ans,  a été adoptée il y a 3 mois par son propriétaire à la SPA. Trouvée errante sur la voie publique, elle est atteinte d’une cardiopathie acquise bien connue au sein de la race : la maladie valvulaire mitrale dégénérative. En plus de cette valvulopathie, Belle souffre d’une persistance du canal artériel, une maladie cardiaque congénitale qui jusqu’alors était toujours passée inaperçue. Cette malformation cardiaque est caractérisée par une communication anormale (le canal artériel) entre deux artères (aorte, artère pulmonaire), ayant pour conséquence un mélange de sang oxygéné et non oxygéné. La persistance du canal artériel peut ainsi entraîner la mort si cette communication n’est pas fermée chirurgicalement.

article-belle-photo1En raison du diagnostic tardif lié au passé de Belle, la cardiopathie est très évoluée expliquant la fatigue de Belle, même au repos. Une échocardiographie réalisée à l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) a permis de découvrir que la dilatation du cœur était très importante avec même une perte de contractilité.

Grâce à notre partenaire Zoetis, la Fondation « Un Cœur » finance depuis le 15 décembre 2014 un nouveau poste d’Assistant au sein de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA).
Une des missions de cet assistant (Dr. Jonathan Bouvard) a notamment été la prise en charge de Belle.

article-belle-photo3Le canal artériel de Belle a pu être fermé avec succès sans ouvrir ni le cœur ni même le thorax, grâce à un petit dispositif endovasculaire en forme de diabolo (dénommé ACDO) introduit par une artère du membre postérieur de la chienne (artère fémorale). Le suivi de la mise en place de ce dispositif a été réalisé par angiographie et échographie transoesophagienne.

Belle a pu rentrer chez elle en région parisienne, 48 heures plus tard, avec juste un petit pansement à l’intérieur de la cuisse et deux points de sutures. Aux dernières nouvelles, Belle est beaucoup plus vive et plus en forme que jamais.

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Remerciements au Dr. N Borenstein (vétérinaire chirurgien cardiaque), au Pr. V Chetboul, aux Drs. V. Gouni et  J. Bouvard de l’UCA, à Lamia Le Berre Abassebay (anesthésiste) ainsi qu’à M. Poix, le nouveau maître de Belle. 


Zoetis USA : le second partenaire de la Fondation Un cœur.

Grâce à un second mécénat par le laboratoire Zoetis (Zoetis USA), la Fondation Un Cœur finance depuis le 15 décembre 2014 un nouveau poste d’Assistant de Recherche Clinique au sein de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) !
Le Dr. Jonathan, Bouvard diplômé de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort (ENVA, promotion 2012), occupe ce poste, dédié à la cardiologie animale (diagnostic, soins médicaux et chirurgicaux, et recherche).

Au cours de l’année universitaire 2012/2013 et après plusieurs stages aux USA au cours de sa scolarité, le Dr. Bouvard a effectué un internat en clinique des animaux de compagnie au sein de l’ENVA où sa passion pour la cardiologie n’a fait que se confirmer. Après une année de stage à l’UCA au cours de laquelle il a parallèlement obtenu un diplôme inter-universitaire en chirurgie des cardiopathies congénitales, il a rejoint l’UCA dirigée par le Pr. Valérie Chetboul.
Jonathan a fait le choix de l’UCA non seulement en raison de sa passion pour la cardiologie, mais aussi pour l’excellence de la formation qui y est délivrée, la passion, le dynamisme et l’esprit innovant qui règne au sein de cette équipe.
Son projet de recherche en tant qu’Assistant de Recherche Clinique portera sur la maladie cardiaque du chien la plus fréquente, une maladie dégénérative des valves (dénommée « maladie valvulaire dégénérative mitrale ») touchant plus particulièrement les chiens de petit format. jonathan-photo-article


La chirurgie cardiaque vétérinaire : bilan et perspectives

Valérie Chetboula, Jonathan Bouvardb et Nicolas Borensteinc

a Professeur de Cardiologie, Agrégée de Pathologie Médicale, Dipl. ECVIM-CA (Cardiology). Unité de Cardiologie d’Alfort, CHUVA et UMR INSERM-ENVA U955. Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, 7 avenue du général de Gaulle, 94704 Maisons-Alfort cedex, France.

bDVM, Dipl. internat en clinique des animaux de compagnie. Unité de Cardiologie d’Alfort, CHUVA, Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, 7 avenue du général de Gaulle, 94704 Maisons-Alfort cedex, France.c DVM, PhD. IMM Recherche, 42 boulevard Jourdan, 75014 Paris, France.
 

 

La cardiologie vétérinaire est une discipline ayant bénéficié des avancées récentes de la cardiologie humaine et de ses propres recherches. Ceci est particulièrement vrai concernant le diagnostic des cardiopathies avec le développement de l’échocardiographie, de l’électrocardiographie et du Holter. Le traitement médical a de même fait de nombreux progrès, avec la preuve de l’efficacité de plusieurs classes de médicaments comme les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine, les inodilatateurs ou les diurétiques de dernière génération, permettant d’améliorer la qualité de vie et de prolonger la durée de vie des animaux cardiaques.

Certaines affections cardiaques animales peuvent aussi bénéficier d’un geste chirurgical curatif. Néanmoins, ceci reste limité à des interventions extra-cardiaques (sans ouvrir le cœur) réalisées au sein de cliniques vétérinaires : ligature du canal artériel, exérèse de tumeurs  de la base du cœur ou encore du péricarde (péricardectomie). S’y ajoute la possibilité de pose de pacemaker dont le but est de traiter des animaux atteints d’arythmies graves. Il n’existe pas de pacemaker spécifiquement conçu pour les chiens. Toutefois, des pacemakers humains sont adaptables aux animaux (Figure 1).

Depuis ces dernières années, d’autres corrections chirurgicales plus complexes, car « intra-cardiaques », sont accessibles aux carnivores domestiques. Elles sont réservées à des centres universitaires ou à des centres de recherche disposant d’un plateau technique important, doté d’équipements de haute technicité, permettant deux approches chirurgicales : l’une par voie endovasculaire (chirurgie dite « interventionnelle » pratiquée sans ouvrir le cœur) et l’autre à cœur ouvert nécessitant la mise en place d’une circulation extracorporelle (CEC).

Le partenariat entre l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) et des chirurgiens cardiaques de  l’IMM recherche (UCA-IMMR), créé il y a maintenant plus de 20 ans à l’initiative des professeurs J-L Pouchelon, V Chetboul et F Laborde, a permis d’opérer et de sauver des animaux souffrant de diverses cardiopathies, le plus souvent congénitales, par l’une ou l’autre de ces deux approches.

Interventions endovasculaires les plus courantes chez l’animal

  • Généralités : le cathétérisme interventionnel a été reconnu comme une technique novatrice et utile suite aux travaux du physiologiste français André Cournan dont les recherches à ce sujet lui ont valu l’attribution du prix Nobel de médecine en 1956. Cette technique consiste, sous contrôle d’un amplificateur de brillance, en l’introduction d’un cathéter dans une veine ou une artère  pour accéder au cœur. Le matériel étant introduit dans les vaisseaux à travers la peau, on parle aussi de procédures endoluminales ou percutanées. Ces procédures endovasculaires permet ainsi, de nos jours, d’éviter certaines interventions chirurgicales à cœur ouvert, notamment lors de sténose pulmonaire (rétrécissement de l’artère pulmonaire) et, plus récemment, de persistance du canal artériel chez les carnivores domestiques.

 

  • La persistance du canal artériel : la persistance du canal artériel est une des cardiopathies congénitales les plus courantes du chien. Le canal artériel, présent chez le fœtus, se ferme dans les 72 premières heures de la vie. La persistance du canal artériel est une malformation congénitale caractérisée par l’absence de fermeture de ce canal, entrainant ainsi un mélange de sang entre l’aorte et l’artère pulmonaire aux effets souvent délétères (40% de survie à 1 an sans correction chirurgicale [1]). La fermeture du canal artériel est classiquement réalisée par thoracotomie (ouverture du thorax) et ligature du canal après sa dissection. Néanmoins, une technique novatrice, réalisée par voie endovasculaire, peut être à présent proposée : elle consiste à introduire au travers d’un cathéter un petit dispositif appelé ACDO [2] (Amplatz® canine duct occluder) ayant pour but d’occlure la lumière du canal (Figures 2 à 5).
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  • Figure4-chir-cardioFigure5-chir-cardio                                                                                                                                                           

    La procédure est contrôlée par angiographie et échocardiographie transœsophagienne (Figures 6 et 7).

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Ces dispositifs endovasculaires spécifiquement conçus pour le chien ont vu le jour à la fin des années 2000 et présentent l’avantage d’être spécifiquement adaptés à la forme et à la taille des  canaux artériels dans cette espèce. Le risque d’embolisation est donc particulièrement réduit. Cette technique présente, par ailleurs, de très bons résultats avec de nombreux avantages : temps opératoire court limitant les risques anesthésiques, absence de dissection du canal réduisant ainsi les risques hémorragiques, et absence d’ouverture du thorax permettant une hospitalisation post-opératoire de courte durée). Cette technique endovasculaire a permis aux équipes UCA-IMMR depuis 2008 de traiter avec succès plusieurs dizaines de chiens souffrant de cette malformation.

 

  • Figure8-chir-cardioLa sténose pulmonaire: De même, la dilatation par ballonnet (ou angioplastie pulmonaire percutanée) est la technique de choix pour corriger – sans ouvrir le cœur – une autre malformation congénitale très fréquente du chien, la sténose pulmonaire, représentant jusqu’à 32% des cardiopathies congénitales dans cette espèce [3], les Bouledogues français et anglais étant les races les plus prédisposées. La technique consiste à faire cheminer, par des cathéters introduits préalablement dans une veine, un ballonnet jusqu’au lieu de l’obstacle artériel. Le ballonnet est ensuite gonflé, souvent à plusieurs reprises, pour dilater l’obstacle et agrandir ainsi la voie de passage du sang (Figure 8). Le premier cas « humain » a été réalisé en 1982 [4] (après avoir été testé chez un Bouledogue Anglais en 1980) et en 2009, la première correction d’une sténose pulmonaire chez un grand félin (une panthère des neiges) utilisant cette technique a été réussie par les équipes UCA-IMMR [5].

Cependant, selon la complexité de la malformation de l’artère pulmonaire, certaines sténoses peuvent ne pas répondre à la dilatation par ballonnet. Dans ce cas, une angioplastie par implantation de stent peut s’avérer nécessaire.

Ces interventions chirurgicales interventionnelles, permettant d’accéder au cœur sans ouvrir le thorax, ont l’avantage d’être peu invasives par comparaison aux chirurgies à cœur ouvert avec amélioration fonctionnelle et augmentation de l’espérance de vie des animaux opérés. Cependant, ces techniques restent limitées aux cas évoqués ci-dessus (persistance du canal artériel et sténose pulmonaire) et mériteraient d’être développées pour d’autres affections cardiaques congénitales ou acquises, restant à l’heure actuelle incurables chez l’animal. La recherche ayant pour but de développer de nouveaux dispositifs endovasculaires offre ainsi de réelles perspectives d’avenir en chirurgie cardiaque vétérinaire.

Interventions à cœur ouvert – problématique

Certaines affections cardiaques imposent d’ouvrir le cœur pour être corrigées. Ceci nécessite le recours à la CEC dont le principe est de détourner le sang hors du cœur pendant le temps nécessaire à la réalisation des gestes chirurgicaux.

L’avènement de la CEC a révolutionné la chirurgie cardiaque chez l’homme dans les années 60 : d’une chirurgie très risquée, réalisée en aveugle (par palpation) et avec une fenêtre de temps d’intervention très courte, dans des conditions d’hypothermie mal contrôlés, elle est devenue une discipline de reconstruction, de réparation ou de remplacement, très codifiée, avec des gestes complexes, parfois très longs.

Grâce à la motivation de quelques chirurgiens vétérinaires d’universités Nord-américaines, véritables pionniers de cette discipline, la chirurgie cardiaque vétérinaire a bénéficié de l’usage de la CEC à partir des années 1970 [6].

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Le montage de la CEC (remplaçant à la fois le cœur et les poumons du malade) nécessite la mise en place de canules au niveau des veines caves ou de l’atrium droit (canule atrio-cave). Ces canules permettent d’extraire le sang « non oygéné », qui est ensuite conduit via un circuit hépariné, vers un oxygénateur (jouant le rôle de poumon), puis vers une pompe (jouant le rôle du cœur). Le sang alors oxygéné est ensuite ré-injecté via une canule mise en place dans l’aorte ascendante (Figure 9).

Le circuit de CEC nécessite un réglage précis par un spécialiste appelé perfusionniste ou pompiste. Très peu de publications vétérinaires font état d’une expérience en chirurgie sous CEC en raison du plateau technique et du personnel nécessaire.

Toutefois, grâce aux équipes UCA-IMMR, plusieurs animaux ont pu bénéficier d’une chirurgie cardiaque à cœur ouvert sous CEC en France. Ces équipes ont de surcroit innové en évitant, comme classiquement réalisé chez l’homme, le recours à la cardioplégie (arrêt du cœur) pendant l’intervention. La première correction à cœur ouvert et cœur battant d’une malformation de la valve mitrale a ainsi été réalisée, avec succès, en 2002 chez un Cairn Terrier de 1 an (Figure 10).

Figure10-chir-cardioElle a été suivie en 2005 de la pose de la première valve bioprothétique chez un Bull Terrier de 1 an [7,8]. Enfin, plus récemment, (2010) la correction à cœur ouvert – cœur battant d’une malformation cardiaque congénitale grave chez un chat (Cor Triatratum Sinister) a été réalisée par les mêmes équipes[9].

Malgré ces avancées remarquables, de nombreux progrès restent à réaliser, notamment concernant le prise en charge chirurgicale de la cardiopathie la plus fréquente du chien, la maladie valvulaire dégénérative mitrale. Cette cardiopathie affecte préférentiellement les chiens de petit format, le Cavalier King Charles étant particulièrement prédisposé [9].Elle est à l’origine de décès par insuffisance cardiaque congestive (œdème pulmonaire) dans 25 à 40% des cas selon les races [10,11] malgré la mise en place d’un traitement médical. La réparation partielle sous CEC de la valve atteinte (valvuloplastie) permet de limiter les conséquences de la maladie [12]. Néanmoins, la solution optimale semble être le remplacement valvulaire complet grâce à la pose de prothèses adaptées au petit format et à la physiologie de ces chiens malades. Ceci reste l’objet de recherche en cours pour les années à venir…


Bibliographie

[1] Eyster GE, Eyster JT, Cords GB, Johnston J. Patent ductus arteriosus in the dog : charactéristics of occurrence and results of surgery in one hundred consecutive cases. J Am Vet Med Assoc 1976;168:435-438.

[2] Amplatz® Canine Duct Occluder, Infinity Medical, LLC™, West Hollywood, CA.

[3] Oliveira P, Domenech O, Silva J, Vannini S, Bussadori R, Bussadori C. Restrospective review of congenital heart disease in 976 dogs. J Vet Intern Med 2011;25:477-483.

[4] Buchanan JW, Anderson JH, White RI. The 1st balloon valvuloplasty : an historical note. J Vet Intern Med2002;16:116-117

[5] Chai N, Behr L, Chetboul V, Pouchelon JL, Wedlarski R, Tréhiou-Sechi E, Gouni V, Misbach C, Petit AM, Bourgeois A, Hazan T, Borenstein N.Successful treatment of a congenital pulmonic valvular stenosis in a snow leopard (Uncia uncia) by percutaneous balloon valvuloplasty. J Zoo Wildl Med 2010;41:735-738.

[6] Breznock EM, Vasko JS, Hilwig RW, Bell RL,Hamlin RL. Surgical correction, using hypothermia, of interventricular septal defect in the dog. J Am Vet Med Assoc 1971;158:1391-1400.

[7] Borenstein N, Daniel P, Behr L, Pouchelon JL, Carbognani D, Pierrel A, Macabet V, Lacheze A, Jamin G, Carlos C, Chetboul V, Laborde F.Successful surgical treatment of mitral valve stenosis in a dog. Vet Surg 2004;33:138-145.

[8] Behr L, Chetboul V, Carlos Sampedrano C, Vassiliki G, Pouchelon JL, Laborde F, Borenstein N. Beating heart mitral valve replacement with a bovine pericardial bioporthesis for treatment of mitral valve dysplasia in a Bull Terrier. Vet Surg 2007;36:190-198.

[9] Borenstein N, Gouni V, Behr L, Trehiou-Sechi E, Petit A, Misbach C, Raillard M, Pierrel A, Retortillo JL, Pouchelon JL, Laborde F, Chetboul V.Successful surgical treatment of cor triatriatum sinister in a cat under cardiopulmonary bypass.Vet Surg, sous presse.

[10] Chetboul V, Tissier R, Villaret F, Nicolle A, Déan E, Benalloul T, Pouchelon JL. Caractéristiques épidémiologiques, cliniques, écho-Doppler de l’endocardiose mitral chez le Cavalier King Charles en France : étude rétroscpective de 451 cas (1995 à 2003). Can Vet J 2004;45:1012-1015.

[11] Serfass P, Chetboul V, Carlos Sampedrano C, Nicole A, Benalloul T, Laforge H, Gau C, Hébert C, Pouchelon JL, Tissier R. Retrospective study of 942 small-sized dogs : Prevalence of left apical systolic heart murmur and left-sided heart failure, critical effects of breed and sex. J Vet Cardiol 2006;8:11-18.

[12] Uechi M. Mitral valve repair in dogs. J Vet Cardiol 2012;14:185-192.


Figure 1 : Mise en place d’un pacemaker chez un chien de petit format atteint d’une arythmie grave à l’origine de syncopes (plusieurs par jour). Le pacemaker, relié au cœur par une électrode, va quelques minutes plus tard être placé dans l’abdomen. Il a permis d’enrayer l’arythmie, faisant ainsi totalement disparaître les symptômes, ce pendant plusieurs années.Crédit photo : Pr. Valérie Chetboul (UCA).

 

Figure 2 : Schéma illustrant la pose d’un ACDO par voie endovasculaire chez un chien atteint de persistance du canal artériel. Crédit figure : Infiniti Medical.

A)   L’ACDO est attaché au cathéter et mis en place dans le canal artériel ;

B)    Le cathéter est ensuite retiré le long de l’aorte jusqu’à l’artère fémorale.

Ao : Aorte – TP : Tronc pulmonaire – CA : Canal artériel

 

Figure 3 : ACDO (Amplatz® canine duct occluder ; Infiniti Medical®) : dispositif formé de deux disques et ayant une forme de diabolo adapté à la forme des canaux artériels de chien.Crédit photo : Dr. Nicolas Borenstein (IMMR).

 

Figure 4 : Dissection de l’artère fémorale d’un chien en vue de la pose d’un ACDO.Crédit photo : Pr. Valérie Chetboul (UCA).

Figure 5 : Voie d’abord de l’artère fémorale et pose d’un cathéter guide en vue de l’occlusion d’un canal artériel par voie endovasculaire. Crédit photo : Dr. Cécile Damoiseaux (UCA).

 

Figure 6 : Images angiographiques montrant le déploiement d’un ACDO (flèche jaune) dans le canal artériel d’un chien sous contrôle échographique transœsophagien (*). Le cathéter guide introduit dans l’artère fémorale remonte l’aorte jusqu’au canal artériel (6A) où l’ACDO y est déployé (6B. Crédit photo : IMMR.

Figure 7 : Suivi per-opératoire d’une pose d’ACDO par échographie transœsophagienne.Crédit photo : Dr. Cécile Damoiseaux (UCA).

Figure 8 : Dilatation par ballonet d’une sténose pulmonaire sous contrôle échographique transœsophagien (*). L’injection de produit de contraste dans le ballon permet d’écraser l’obstacle situé dans l’artère pulmonaire. Noter la forme caractéristique du ballon en sablier (flèche bleue, 8A) avant la levée de l’obstacle (8B). Cette forme disparaît apres levée de l’obstacle (photo de droite).Crédit photo : IMMR.

 

Figure 9 : Principe de la circulation extra-corporelle.Crédit Figure : Dr. Nicolas Borenstein.

Figure 10 : Rébus, atteint d’une malformation grave de la valve mitrale, est le premier chien à avoir été opéré à cœur ouvert – cœur battant (équipes UCA-IMMR). Crédit Photo : Pr. Valérie Chetboul (UCA). 


Le Magazine de la Santé « In Vivo »

Le magazinel de la santéLa Fondation Un Coeur est à l’honneur dans  le « Magazine de la santé« , sur  France 5, animé par Martine Carrère d’Encausse et Michel Cymes. Une série de reportages est consacrée à la médecine vetérinaire, à Maison-Alfort dont deux modules à la chirurgie cardiaque animale, et donc au travail de Valérie Chetboul et de son équipe, dans le cadre d’un feuilleton « In Vivo ». Tous les jours de cette semaine vers 14h30. Vous pourrez voir l’intégrale de « In Vivo »qui passera ce dimanche 29 juin à 20h sur France 5.


Témoignage de Robert J.Y. MORAILLON

Robert J.Y. MORAILLON           Ayant enseigné pendant plus de 40 ans la médecine interne des équidés et des carnivores à l’Ecole Nationale vétérinaire d’Alfort, j’ai participé à l’évolution spectaculaire de cette discipline en favorisant la création des spécialisations.

Parmi celles-ci, l’une des premières fut confiée à mon collègue, le Professeur Jean-Louis POUCHELON qui a développé la cardiologie des animaux de compagnie. Sous son impulsion, des progrès considérables ont permis une amélioration importante du diagnostic et du traitement des principales cardiopathies du chien et du chat.

Le Professeur Valérie chetboul qui fut l’une de nos premières internes a contribué très efficacement au fonctionnement et au développement de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) dont elle a pris la direction depuis plusieurs années. Son activité scientifique a donné lieu à de très nombreuses publications dans la presse internationale et elle a su créer une équipe mondialement reconnue, développant en France des collaborations en matière de recherche avec l’unité de cardiologie de l’hôpital Henri Mondor à Créteil et avec le service de chirurgie cardiaque du Professeur François LABORDE à l’Institut Montsouris.

Les travaux cliniques de cette unité ont permis la mise en place de techniques de pointe en chirurgie cardiaque appliquées à différentes espèces animales. L’amélioration du diagnostic précoce de certaines cardiopathies permet, en collaboration avec les clubs de races canines et félines, de sélectionner des animaux indemnes utilisés pour l’élevage, ce qui aboutit à terme à l’éradication de certaines malformations cardiaques. Ces nouvelles possibilités ont une importance particulière lorsqu’il s’agit d’investir des sommes considérables dans l’élevage et le dressage de certains animaux destinés à aider les personnes handicapées (chiens d’assistance aux handicapés moteurs, aux non-voyants, aux autistes) : la nécessité de reformer certains animaux dont la maladie n’a pas été détectée à temps constitue un drame pour la personne handicapée et une perte économique importante. La détection précoce de ces cardiopathies est ainsi essentielle.

Les travaux poursuivis par l’Unité de Cardiologie d’Alfort s’appliquent également aux animaux exotiques et des programmes de détection précoce des cardiopathies congénitales s’appliquent parfaitement à certaines espèces sauvages dont la sauvegarde devient problématique en raison de la consanguinité qui règne chez les animaux de ces espèces.

La fondation «  Un Coeur », créée par Mme Anouk AIMEE et M. Jean GLAVANY, destinée d’une part à soigner les animaux et aider les équipes dont c’est la vocation et, d’autre part, à maintenir la biodiversité, est le fruit d’une excellente initiative qui mérite d’être soutenue par les amis des animaux.

Robert J.Y. MORAILLON

Docteur Vétérinaire, Professeur émérite,

et Directeur honoraire de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort


Une mission «Double Cœur» pour la Fondation Un Cœur et l’association Yaboumba

 

FondationUnCoeur_Yaboumba

 

Elephant_Cambodge

 

Du 27 au 31 janvier 2014, la Fondation Un Cœur a mené une mission au Cambodge en collaboration avec l’association vétérinaire Yaboumba. Cette mission, baptisée « Double Cœur », double car à la fois humanitaire et scientifique, a été réalisée par une équipe internationale de 10 vétérinaires passionnés, partis dans ce pays dont l’héritage majestueux des Rois Angkoriens ne saurait  oublier sa tragique récente histoire …

 

Un grand merci aux sponsors : l’entreprise «  Alsace Biscuits » et le laboratoire Vetoquinol pour le don de  gâteaux et de matériels distribués aux orphelins de Kien Khleang (Association Elephant Blanc) ainsi qu’à la société General Electric (M. E. Demaret) pour le prêt de l’échocardiographe V-Scan (de la taille d’un smartphone, donc très pratique en raison des conditions de terrain difficiles : ici la jungle !).

Alsace_BiscuitsvetoquinolGEcardio

 

carte Cambodge

 

 

 

 

 

 

 

Etape 1 : Orphelinat  (Kien Khleang orphanage center)

Vétérinaires de cœur pour une Fondation du Cœur, la première étape de nos aventuriers était de donner -  pendant un temps – des sourires, encore plus de sourires à des enfants orphelins. Dans un orphelinat situé sur la rive du Tonlé Sap (à la sortie de Phnom Pehn) et géré par l’Association Éléphant Blanc, ils ont apporté cadeaux, et  surprises à une centaine d’enfants. Ils ont vécu une soirée avec eux, dansé, joué, câliné, aimé ces enfants qui les ont accueillis avec des regards reconnaissants. C’était fort, très fort et l’on se demande encore qui était reconnaissant envers qui…

Au delà de toute entreprise vétérinaire, cette étape était importante, humaine, où l’on se rend compte qu’on ne peut se couper de ce qui est essentiel…. le Cœur !

 

cadeaux_partenaires enfant_Cambodge

 enfants-Cambodge

 

Etape 2 : Eléphants (réserve naturelle de l’ELEPHANT VALLEY PROJECT).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’équipe vétérinaire est ensuite partie pour le Mondolkiri (province du Nord-est du Cambodge, près de la frontière vietnamienne) afin de réaliser une étude portant sur les éléphants d’une réserve naturelle gérée par l’ELEPHANT VALLEY PROJECT (EVP) de l’ONG « Elephant Livelihood Initiative Environment ” (E.L.I.E). Le Mondolkiri abrite, en effet,  la majorité des éléphants du pays, mais ces derniers, utilisés pour le travail  par les Bunongs (minorité éthnique locale) sont en voie de disparition (il en resterait seulement environ 300).Le magnifique projet EVP, qu’il convient de saluer et d’encourager, a pour but de permettre à des éléphants ayant beaucoup travaillé, voire qui sont blessés ou maltraités, de se reposer dans la forêt et d’y être traités. Les éléphants sont rachetés par l’EVP et leurs propriétaires sont dédommagés pour la perte de revenus liée au fait que l’éléphant ne travaille plus.

Ce projet a abordé deux aspects médicaux de la conservation des éléphants, la tuberculose et la cardiologie dans cette région clé d’Asie pour la sauvegarde de l’espèce.

Les objectifs de ce projet furent ainsi :

-        d’étudier la prévalence de la tuberculose, maladie infectieuse majeure chez des éléphants dans leur milieu naturel

-        développer une base de données sur les paramètres cardiologiques chez l’éléphant en milieu naturel, ce qui n’avait encore jamais été réalisé (les maladies cardiaques étant très répandues chez ces animaux, mais très rarement diagnostiquées de leur vivant).

Jack Highwood, le responsable de l’ELEPHANT VALLEY PROJECT,  s’est chargé de regrouper les éléphants et d’assurer la sécurité des vétérinaires lors des manipulations.

Des examens cliniques, morphométriques, thermographiques ont ainsi pu être réalisés ainsi que des bilans sanguins. A la plus grande joie du personnel de l’EVP et des vétérinaires de l’équipe, des bilans cardiovasculaires inédits ont aussi été effectués, du matériel « high tech » ayant été dépêché sur place depuis la France ….les résultats feront l’objet de publications et communications scientifiques dont les amis de la Fondation Un  Cœur et de l’Association Yaboumba seront tenus au courant !

Cette mission vétérinaire cambodgienne « Double Cœur » est l’illustration même du pourquoi de l’existence de la Fondation Un Cœur : faire reculer les limites de la médecine vétérinaire et la cardiologie animale  tout en aidant l’Homme !

 

Projet média associé

Tout au long du voyage, un caméraman a suivi l’équipe vétérinaire et a pu immortaliser tous ces moments magiques. Le Pr. Valérie Chetboul et le Dr. Norin Chai ont été interviewés sur la Fondation Un Cœur, sur leurs motivations, sur leurs valeurs…. Avant même de pouvoir visionner ces séquences que nous attendons avec impatience, les dires de ces deux vétérinaires passionnés peuvent se résumer en un mot : Cœur….

 

Un massacre qui a commencé il y a 10000 ans…

Nous assistons impuissants à de réguliers massacres de populations entières d’éléphants… Les assauts de la population humaine, non seulement restreignent de plus en plus leur habitat, mais les tuent sans distinction de sexe ou d’âge. Nous aurions tendance à penser qu’il s’agit d’un méfait du monde moderne. Il n’en est rien. Au Pleistocene, il y a quelques millions d’années, les ancêtres immédiats des éléphants modernes sont apparus, en même temps que les premiers membres du genre Homo, dont l’espèce humaine moderne est le seul représentant. À la fin de la même ère, il y a 10 000 ans, les mammouths et les mastodontes furent rayés de la planète, peut-être par la main de l’Homme… Même si d’autres arguments impliquant notamment les changements climatiques viennent infirmer partiellement cette hypothèse, une synthèse des dernières découvertes de la biologie de l’évolution, de l’écologie et de la paléontologie tendent à véritablement prouver le rôle décisif de l’Homme, dans la disparition d’un très grand nombre d’espèces animales, dont les mammouths et les mastodontes. Et une simple lecture même rapide de l’histoire récente (re)démontre le rôle destructeur de l’Homme. Il y a quelques milliers d’années à peine, l’Elephas maximus (actuel  éléphant d’Asie) dominait les écosystèmes d’une grande partie de l’Afrique, pénétrant jusqu’en Chine et au Moyen-Orient. Loxodonta (actuel éléphant d’Afrique) occupait toute l’Afrique. Quand on voit aujourd’hui la distribution des espèces, on comprend que l’expansion et l’essor inexorable de l’humanité, combinés à la chasse à l’ivoire leur ont été fatals….

Les hommes ont de tout temps été fascinés par la beauté – et les pouvoirs supposés de l’ivoire. La représentation sculptée préhistorique – la plus ancienne connue – un petit cheval, trouvé à Vogelherd en Allemagne – a été gravée dans de l’ivoire (dans une défense de mammouth), il y a 35000 ans. Nous sommes alors à l’aube de l’histoire de l’art, du moins une forme d’expression que l’on retrouve dans certaines des plus anciennes civilisations du Moyen-Orient, puis en Égypte ancienne, en Crète et en Grèce. Ce sont les Romains qui ont élevé le travail de l’ivoire au rang de grand art. La demande d’ivoire devint énorme, avec sa conséquence immédiate : la population d’éléphants commença à diminuer. Au Ile siècle avant Jésus-Christ, on tua ainsi le dernier éléphant d’Afrique du Nord…

Une extinction annoncée…

Les éléphants sont les plus grands mammifères terrestres. Ils subissent des agressions directes telles que le braconnage pour leur ivoire, la perte de l’habitat, la pollution, le changement climatique… La perte de l’habitat induit par ailleurs un cercle vicieux où la confrontation Eléphants / Hommes (agriculteurs) devient inéluctable et où l’un doit laisser la place à l’autre (même s’il existe des projets de conservation participatifs sensibilisant et prônant la cohabitation).Mais il existe aussi des menaces plus insidieuses et plus profondes. Les plus grandes défenses sont portées par les adultes mâles, qui sont donc les principales cibles des braconniers. En peu de temps, ces éléphants reproducteurs deviennent rares. Sachant que chez les femelles, l’œstrus ne dure que 4-5 jours seulement pendant les 3 ou 4 cycles fertiles par an, la probabilité d’une reproduction réussie s’amoindrit radicalement. Au delà de cette cassure du lien reproducteur, les grands mâles ayant disparu, les braconniers s’en prennent aux femelles adultes. Or, la société des éléphants est matriarcale, les femelles âgées forment le nœud du groupe et sont les dépositaires de l’expérience et de la connaissance du monde. La disparition de ces femelles est tout simplement un facteur de connaissance et de donc de destruction de la société des éléphants. De plus, en tuant les mères, on affame les éléphanteaux qui ont besoin du lait maternel durant de longs mois. Ces jeunes, s’ils survivent, manqueront d’un apprentissage essentiel. Sans modèle éducatif, ils ne sauront ni les comportements reproducteurs, ni utiliser rationnellement leur environnement.

Une rupture des liens de reproduction et une rupture des liens sociaux induiront à moyen terme l’effondrement de la population.

 

Pourquoi il est important de protéger l’éléphant

Les éléphants font partie des animaux les plus intelligents. Tant en sciences comportementales qu’en neurophysiologie et anatomie, les preuves ne manquent pas pour décrire aussi bien une intelligence pragmatique qu’émotionnelle. Passer ne serait-ce qu’une courte période en leur compagnie suffit à se rendre compte de leur sensibilité, comme individus, et de leur complexité, en tant que groupe. On parle chez eux d’empathie, de compassion, d’altruisme, mais aussi, d’automédication, de jeux, de simulations, d’imitations, d’utilisation outils, d’art, de conscience de soi, de rites funéraires… Parler du massacre des éléphants, c’est simplement parler de «génocide»… Des raisons simplement éthiques et ces raisons seules devraient être suffisantes pour protéger ces êtres hautement sensibles.

On parle du rôle biologique important de l’éléphant, dans la dissémination des graines par exemple. Mais la place de l’éléphant dans un écosystème se situe en réalité bien au delà.

Quand on observe un éléphant en train de démolir un arbre ou de déraciner une jeune plante, il y a de quoi être impressionné par la puissance de destruction de l’animal. Les biologistes portent aujourd’hui un regard différent sur la puissance destructrice de l’éléphant et la voient plutôt comme une force de création. L’idée est aussi simple que profonde. Lorsqu’on est immergé dans une forêt tropicale dense, une question nous vient à l’esprit. Où sont les grands animaux ? Il peut en exister, mais ils sont peu nombreux, du moins représentés par une faible diversité spécifique. La destruction des arbres par l’éléphant dans la savane boisée permet aux buissons de survivre et la destruction des buissons dans une savane buissonneuse crée de l’espace pour la prairie. Les biologistes commencent à comprendre que l’éléphant est un acteur clé du façonnage de la mosaïque d’habitats permettant aux autres espèces de prospérer. On parle d’« espèce clé» ou ici, d’ «herbivore clé». L’écosystème s’effondre et bien d’autres espèces iront aux oubliettes de l’évolution si cet herbivore clé vient à s’éteindre. Le rôle essentiel de l’éléphant a été occulté par le commerce de l’ivoire… alors que c’est un élément vital de l’équation. L’éléphant n’est pas seulement une espèce en danger, ni seulement l’étendard des conservateurs : la survie de bien d’autres espèces qui constituent la diversité de la faune dépend de sa sauvegarde.

Conclusion

L’éléphant n’est pas une simple espèce menacée parmi d’autres. Il représente notre volonté (ou non) de préserver la nature. Si nous sommes incapables de sauver de l’extinction le plus grand des mammifères terrestre, comment pourrons-nous sauver les autres espèces et à moyen – long terme, nous sauver nous mêmes ?

Il y a plusieurs siècles, les Romains n’avaient pas compris le lien entre leur consommation d’ivoire et la raréfaction de l’animal qui le fournissait. Pline écrivait «le principal ennemi naturel de l’éléphant était le dragon»… Aujourd’hui, nous vivons à une époque où nous sommes à la fois acteur et spectateur de l’extinction d’une «espèce clé». Nous savons et réalisons ce que nous faisons, nous en connaissons les conséquences, et malgré cela, l’entreprise de destruction des éléphants continue…

 

 

 


Echocardiographie d’un dauphin (vidéo)

Fondation un coeur – Vétérinaire : Valérie Chetboul – échocardiographie d’un dauphin avec l’équipe du delphinium du Parc Astérix. Image :  Julianne Klein


Interventions vétérinaires d’urgence sur des chimpanzés dans le cadre d’une aide à l’association HELP CONGO

ProgrammeHelpCongo

Contexte

chimpanzes

H.E.L.P. Congo (Habitat Ecologique et Liberté des Primates) agit pour la sauvegarde des chimpanzés et leur réintroduction en milieu naturel depuis 1989. Aliette Jamart, une Française vivant en République du Congo, décide à l’époque de venir en aide aux chimpanzés et autres primates du « zoo mouroir » de Pointe-Noire. Les chimpanzés y vivent alors dans des conditions misérables. Elle les recueille chez elle. « Une fois que l’on a pris un chimpanzé dans ses bras, il devient impossible de s’en détacher… » souligne Aliette Jamart. Les recueillir ne suffit pas : il faut aussi enrayer le trafic illégal et protéger la forêt. Ainsi depuis 2000, HELP Congo développe d’autres programmes : l’éducation et l’information à l’environnement, la création d’une plantation pilote, des missions scientifiques sur l’habitat des primates… Élevée en 2008 au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur, en reconnaissance de ses quarante trois années d’activités professionnelles et associatives, c’est le 28 avril 1989 qu’Aliette Jamart fait la promesse de rendre leur liberté aux chimpanzés… En 1991 le gouvernement congolais met à la disposition de HELP trois îles boisées sur la lagune de Conkouati, à 180 kilomètres au Nord de Pointe-Noire. Ainsi est né le Sanctuaire de Conkouati. En novembre 1996, cinq chimpanzés sont relâchés au Triangle, zone forestière au sein du Parc National de Conkouati-Douli. Il s’agit du premier relâcher de chimpanzés dans leur milieu naturel jamais réalisé ! Plus de soixante dix chimpanzés ont été accueillis par HELP Congo entre 1989 et aujourd’hui. Parmi eux se trouve une majorité de jeunes individus, parfois âgés de moins d’un an, saisis par les autorités congolaises ou abandonnés par des particuliers. Les plus âgés, proviennent du zoo de Pointe-Noire (détruit en 1994), d’autres ont été déplacés du zoo de Brazzaville pendant la guerre de 1997.

Ils ont été accueillis sur une des îles du Sanctuaire. À ce jour, deux des trois îles sont encore habitées par des chimpanzés. Ils y trouvent de quoi manger mais de façon insuffisante : un complément nutritionnel leur est apporté quotidiennement. Aujourd’hui, partout sur le globe, des milliers d’espèces animales et végétales disparaissent, parfois même avant d’avoir été décrites ou étudiées ; et au rythme actuel de la déforestation 90% de l’habitat des grands singes aura disparu en Afrique d’ici 2030. Les hommes sont donc responsables de l’avenir de ce « cousin » éloigné… HELP Congo a pour vocation d’agir pour la conservation des primates, mais aussi de leur habitat et de tout ce qui en assure l’équilibre. Pour cela, il faut à la fois protéger la nature et sensibiliser les hommes. HELP Congo lutte donc également contre le braconnage en soutenant les autorités congolaises dans leurs actions, et en dissuadant les braconniers, par la présence permanente de ses équipes en forêt. En sensibilisant à la préservation de la forêt, en luttant contre la déforestation, et en participant activement à la recherche scientifique sur les primates, HELP Congo montre que la réintroduction est vraiment un outil de conservation, le braconnage ayant fortement diminué depuis 1996.

Le projet

chimpanze

HELP CONGO nous a contacté pour les aider sur différents cas cliniques. «Lucie», une femelle chimpanzée,  a été vue en chaleur fin 2011. Depuis février 2012, aucune chaleur n’a été observée. Il y a eu des accouplements avec le mâle dominant. Elle a été ensuite observée avec un « gros ventre » en mai 2012. Le vétérinaire de HELP CONGO pense qu’elle aurait dû accoucher  fin août. Elle a encore un juvénile de 6 ans avec elle.
Sur elle, il faudrait donc faire une échographie pour objectiver une gestation. Et si oui, voir si le bébé est viable. Dans tous les cas, si elle n’arrive pas à mettre bas, une césarienne serait envisagée.
«Pépère», un mâle adulte qui présente des syncopes lorsqu’il s’excite. Une pathologie cardiaque sous jacente est suspectée. Il s’agit de faire sur lui un examen cardiologique complet et proposer le cas échéant un traitement.
«Chinois», présente des sinusites chroniques. Le vétérinaire aurait besoin de lui faire faire une rhinoscopie pour évaluer ses sinus et cornets nasaux.
«Cheyenne» est une femelle dépressive qui a perdu son bébé. Elle ne s’en est pas remise et présente des problèmes de santé depuis. Le vétérinaire nous demande s’il est possible de lui faire une échographie abdominale pour déceler ou non des kystes parasitaires intestinaux.

Approche méthodologique

  • Les animaux sont tous en forêt mais viennent à l’appel des bénévoles et des éco-rangers de HELP CONGO. Il y a une relation de confiance qui s’est installée. Les anesthésies s’effectueront par voie orale avec des anesthésiques cachés dans des fruits ou du jus
  • du fruit. Les matériel échographique et endoscopique sont tous portables et les examens peuvent s’effectuer en forêt même. Dans le cas d’une chirurgie, un « bloc opératoire » improvisé pourra également être installé.
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Etude des cardiopathies chez les grands félins

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Pr. Valérie Chetboul – Dr. Norin Chai

 

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Contexte

De tous les animaux chasseurs, les félins sont bien les plus impressionnants. Dotés par la nature d’armes redoutables, ils illustrent à merveille cette beauté indomptée de la vie sauvage. Cependant, la cohabitation avec l’homme est difficile et dans les prochaines dizaines années, nous verrons disparaître nombre d’espèces sauvages de leur milieu naturel.De fait, de plus en plus, la survie de nombreuses espèces animales dépend de la reproduction en captivité. Nourrir les connaissances sur la biologie, la physiologie, affiner les méthodes de prévention, les outils diagnostic, et définir des protocoles de traitements de plus en plus spécifiques, permettent de réduire la morbidité et la mortalité des populations et ainsi aider à la conservation de nombreuses espèces menacées. Les pathologies cardiaques en parcs zoologiques sont souvent sous diagnostiquées. La plupart des félins captifs – qui sont souvent consanguins – semblent en souffrir. De plus, de nombreuses lésions cardiaques ne se voient pas à l’autopsie. De ce constat, un projet global d’étude sur les maladies cardiaques a été lancé par le service de Cardiologie de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, la Ménagerie du Jardin des Plantes et Yaboumba. Continuer la lecture …


Etude cardiologique et dépistage de la tuberculose dans une population d’éléphants en milieu naturel au Cambodge

Elephants

Pr. Valérie Chetboul – Dr. Norin Chai

 

Elephants2Contexte

Les éléphants sont les plus grands mammifères terrestres. Ils subissent des agressions directes telles que le braconnage pour leur ivoire, la perte de l’habitat, la pollution, le changement climatique… La perte de l’habitat induit par ailleurs un cercle vicieux où la confrontation Eléphants / Hommes (agriculteurs) devient inéluctable et où l’un doit laisser la place à l’autre (même s’il existe des projets de conservation participatifs sensibilisant et prônant la cohabitation). Les éléphants font partie des animaux les plus intelligents. Tant en sciences comportementales qu’en neurophysiologie et anatomie, les preuves ne manquent pas pour décrire aussi bien une intelligence pragmatique qu’émotionnelle. Passer ne serait-ce qu’une courte période en leur compagnie suffit à se rendre compte de leur sensibilité, comme individus, et de leur complexité, en tant que groupe. On parle chez eux d’empathie, de compassion, d’altruisme, mais aussi, d’automédication, de jeux, de simulations, d’imitations, d’utilisation outils, d’art, de conscience de soi, de rites funéraires… Parler du massacre des éléphants, c’est simplement parler de «génocide»… Des raisons simplement éthiques et ces raisons seules devraient être suffisantes pour protéger ces êtres hautement sensibles. L’éléphant n’est pas une simple espèce menacée parmi d’autres. Il représente notre volonté (ou non) de préserver la nature. Si nous sommes incapables de sauver de l’extinction le plus grand des mammifères terrestre, comment pourrons-nous sauver les autres espèces et à moyen – long terme, nous sauver nous mêmes ? Il y a plusieurs siècles, les Romains n’avaient pas compris le lien entre leur consommation d’ivoire et la raréfaction de l’animal qui le fournissait. Pline écrivait «le principal ennemi naturel de l’éléphant était le dragon»… Aujourd’hui, nous vivons à une époque où nous sommes à la fois acteur et spectateur de l’extinction d’une «espèce clé». Nous savons et réalisons ce que nous faisons, nous en connaissons les conséquences, et malgré cela, nous poursuivons notre oeuvre de destruction… La tuberculose représente un problème majeur de santé publique chez l’homme et reste la première cause de mortalité d’origine infectieuse, avec le SIDA. C’est une maladie bactérienne complexe, causée par différents bacilles de la famille des Mycobactéries, et commune à l’homme et à l’animal. Continuer la lecture …


La Grande Odyssée : Le point

grande odysee

La Grande Odyssée Savoie Mont Blanc est la course de chiens de traineaux la plus difficile au monde. Du 11 au 22 Janvier 2014, 19 mushers engagés dans cette 10ème édition ont parcourus avec leurs attelages composés de 10 chiens, près de 1000 km, cumulant 30 000 mètres de dénivelés positifs. Un véritable exploit sportif pour ces athlètes à quatre pattes, suivis de près par une équipe de vétérinaires bénévoles dirigés par le Docteur Delphine Clero, appartenant à l’Unité de Médecine de l’Elevage et du Sport de l’Ecole Vétérinaire de Maisons-Alfort. Grâce au prêt du dispositif Alive Cor par la société Galileo, les cœurs de ces chiens ont pu être surveillés à distance par les cardiologues vétérinaires de l’Unité de Cardiologie d’Alfort, dirigée par le Professeur Valérie Chetboul.

En effet, cet outil ingénieux permet d’enregistrer le rythme cardiaque des chiens (électrocardiogramme) par simple apposition d’un téléphone, équipé d’une coque spécialement conçue à cet effet, contre le thorax de l’animal. Un geste simple à réaliser dans des conditions climatiques parfois très rudes ! Un grand nombre d’électrocardiogrammes ont pu être envoyés à l’Unité de Cardiologie d’Alfort et interprétés par des spécialistes en temps réel. Aucun problème cardiaque grave n’a été décelé chez les chiens de la course et ce dispositif a permis d’aider les vétérinaires présents sur le terrain dans leurs démarches de soin.

« Mimi », une chienne Alaskan appartenant à l’un des meilleurs mushers de la course, a présenté un abattement et des troubles digestifs au retour d’une étape très difficile. Le vétérinaire l’ayant examiné a décelé une arythmie en écoutant son cœur à l’aide de son stéthoscope. Le dispositif Alive Cor a permis de caractériser cette arythmie et les cardiologues de Maisons-Alfort ont imputé cette dernière à la déshydratation et les troubles du potassium sanguin faisant suite à un effort intense. Après une nuit de soin et 24 heures de repos, Mimi a pu repartir en tête de l’attelage, à la plus grande joie de son musher, qui a avoué par la suite avoir rarement vu Mimi dans une forme aussi olympique!

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Sauvetage de Griotte

Grâce au don d’un pacemaker, un jeune chien souffrant d’un grave trouble du rythme cardiaque a pu être traité et sauvé

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Griotte, Caniche femelle de deux ans et demi, pesant 4 kg, souffrait d’un grave trouble du rythme  cardiaque.En raison de cette arythmie (dénommée bloc atrioventriculaire du 3ème degré), la fréquence cardiaque de Griotte n’était que de 35 par minute en moyenne (au lieu de 70 à 90 battements par minute au repos, voire du double à l’effort). Malgré son jeune âge, Griotte ne jouait plus et avait fait déjà un premier malaise. Une échocardiographie réalisée à l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) a permis de découvrir que son cœur avait déjà grossi.  La pose d’un stimulateur cardiaque (pacemaker) pour rétablir une fréquence cardiaque normale était donc une urgence!

Il n’existe pas de pacemaker spécifiquement conçu pour les chiens. Toutefois, des pacemakers humains sont adaptables aux animaux. Griotte a pu bénéficier d’un tel dispositif grâce à la  société Medtronic. Cet appareil, placé dans l’abdomen et cousu sur la pointe du cœur, a été programmé spécifiquement pour une fréquence cardiaque de 75 battements par minute au repos, pouvant augmenter jusqu’à 160 bpm lors d’exercice.griottte-chirurgie

Griotte est rentrée chez elle, en Bretagne, 4 jours après la pose du pacemaker. Près de deux mois plus tard, elle se porte toujours très bien et a retrouvé ses jeux d’autrefois avec Udyne, l’autre Caniche de la famille.

Remerciements au Dr. N Borenstein (vétérinaire chirurgien cardiaque), au Pr. V Chetboul, aux Drs. C. Damoiseaux et J. Bouvard de l’UCA ainsi qu’au Dr. JL Retortillo (vétérinaire anesthésiste) et au docteur vétérinaire P Kiner pour avoir référé ce cas à l’UCA.

Remerciements à la société Medtronic ainsi qu’à M. S  Benvenuti et Mme A Seiler (Ingénieurs Technico-Commerciaux de la société Medtronic ) pour le réglage gracieux du pacemaker.

pile-avant-implantation


Cas de la panthère de Chine

panthère de chineDébut décembre, check-up cardiaque d’une panthère de Chine  à la Ménagerie du Jardin des Plantes grâce au programme de recherche sur les cardiopathies des Félidés sauvages, initié par le professeur Valérie Chetboul et le docteur Norin Chaï, une collaboration entre l’Unité de Cardiologie d’Alfort et le Muséum National d’Histoire Naturelle soutenue par la Fondation Un Coeur. De nombreux grands félins sont en effet malheureusement atteints de malformations cardiaques congénitales. Les dépister par échocardiographie et en déterminer la gravité constitue une action vétérinaire en faveur de la conservation de ces espèces en voie de disparition.

Ce programme a déjà généré une thèse vétérinaire et plusieurs publications dans des revues et conférences internationales. Une prochaine publication est en cours de rédaction ».

norin-val-panthere-baobaoPanthere de Chine


Précautions pour les chiens porteur d’un pacemaker : mode d’emploi

1) Le propriétaire doit toujours garder sur lui la carte du pacemaker lorsqu’il se promène avec son chien.

précaution

2) Quelques précautions sont à prendre avec des appareils électriques et ceux générant un champ électromagnétique :

    • La distance entre un téléphone mobile et le pacemaker doit être supérieure à 20 cm !pécautions1
    • Il est déconseillé au chien de s’approcher des gros haut-parleurs stéréo des discothèques !précautions 2
    • Dans les magasins, le chien doit franchir les portes automatiques sans s’arrêter !

3) Vacances avec voyage en avion : le chien présente sa carte de pacemaker pour être fouillé à la main (éviter le portique et le bâton détecteur de métaux) !précaution3

 

4) Eviter les sports brutaux (exemple : rugby !).

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Adapté à partir : http://www.behra.eu/espace-public/pacemaker/regles-a-suivre-par-le-porteur-dun-pacemaker/


Témoignage Lycka

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 Lycka est un chien qui accompagne une personne en situation de handicap. En 2012, il a été opéré d’une grave malformation cardiaque à l’origine d’une complication rare : la rupture d’une artère… Voici le courriel reçu par le docteur E. Trehiou-Sechi, praticien hospitalier à l’Unité de Cardiologie d’Alfort, responsable du suivi pré- et post-opératoire de Lycka

 

« Bonjour docteur,

Je vous rassure tout de suite Lycka est en pleine forme. Il a bien profité de l’été avec Lucky et Timmy, beaucoup de natation notamment.  Depuis septembre nous n’allons plus a l’eau, nous faisons 2 balades hebdomadaires en forêt. Les parties de jeux et les courses  poursuites entre eux sont nombreuses.Lycka a totalement repris une vie normale comme s’il ne s’était jamais rien passé, et ceux grâce a toute l’équipe soignante. De mémoire le prochain contrôle est pour février. Je vous joins quelques photos prises vendredi dernier en forêt.
Cordialement ,
 Christian Collin »
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Vétoquinol, premier partenaire de la fondation Un coeur

Partenariat Vetoquinol

Grâce à un premier mécénat par le laboratoire Vétoquinol, la Fondation Un Cœur finance depuis le 1er octobre 2013 un poste d’Assistant de Recherche Clinique au sein de l’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA) !

Vanessa Soubeyran Arqued occupera ce poste, dédié à la cardiologie (clinique et recherche) des carnivores domestiques, au cours de l’année universitaire 2013/2014.

Vanessa est diplômée de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort (promotion 2012) et avait déjà réalisé un an de stage au sein de l’UCA, dirigée par la Pr. Valérie Chetboul.

C’est durant ses multiples stages à l’étranger (Etats-Unis, Royaume-Uni, Espagne), en milieu universitaire et au sein de cliniques privées, que Vanessa s’est découvert une passion pour cette discipline qu’est la cardiologie.

La jeune femme a choisi l’UCA non seulement en raison de sa passion pour la cardiologie, mais aussi pour l’excellence de la formation qui y est délivrée, le dynamisme de l’équipe et la gestion exemplaire de la clientèle dans ce service.

Son premier projet de recherche en tant qu’Assistante de Recherche Clinique portera sur la maladie cardiaque du chien la plus fréquente, une maladie dégénérative des valves (dénommée maladie valvulaire dégénérative mitrale) touchant plus particulièrement les chiens de petit format. Ce sujet tient d’autant plus à cœur Vanessa que ses propres chiennes, Yorkshire Terriers, sont concernées par cette cardiopathie.

Un grand merci au laboratoire Vétoquinol pour ce premier mécénat avec la Fondation Un cœur !

Espérons … de tout cœur ! …que ce partenariat ouvre la porte à d’autres soutiens à l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort pour l’emploi des jeunes, afin d’aider ces derniers à réaliser leurs rêves et leurs projets professionnels ! Ceci permettra  ainsi d’améliorer les connaissances en médecine vétérinaire et, par la même, les soins prodigués aux animaux !


Un beau partenariat Fondation un coeur, Galiléo et la Grande Odysée

logo_galileo_pantoneGrandeOdysee

 

« L’Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA)BeagleECGfromTF et l’Unité de Médecine de l’Elevage et du Sport (UMES) de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort (ENVA) ont décidé, avec le soutien de la Fondation « Un Cœur » et de la société Galileo, d’unir une fois de plus leurs forces dans une collaboration qui vise à mettre en place durant la Grande Odyssée Savoie Mont Blanc 2014 un suivi cardiologique par télémédecine des chiens participant à la course. 

 

L’utilisation du nouveau système « Alivecor », qui se présente sous la forme d’une coque « enregistreuse » associée à un smartphone, permet de réaliser sur le chien un enregistrement de tracé électrocardiographique 

(ECG) qui est ensuite instantanément transmis depuis le site de course à un cardiologue spécialiste de l’UCA, basé à l’ENVA, par email, ce dernier assurant une lecture et un retour immédiat à l’équipe de vétérinaires de terrain de la Grande Odyssée. 

 

L’intérêt d’une telle approche réside en une efficacité très accrue du dépistage d’éventuelles anomalies cardiaques qui ne pourraient être que suspectées  lors de l’examen clinique initial et quotidien des 

Partenariat

chiens, ceci sans nécessiter de disposer d’un matériel d’enregistrement lourd et fragile dans des conditions de course telles que celles d’une compétition de 1000 km à travers les Alpes savoyardes. »

 

Site de La Grande Odysée : http://www.grandeodyssee.com/fr/index.html


Sauvons le soldat Ritos

photo pansement Ritos
  • Voici l’histoire de RITOS, chien militaire et rescapé. Après ses épreuves de sélection au sein des armées, il apparaît que RITOS est incapable de suivre son entraînement militaire. Selon le vétérinaire colonel Lamour et ses collègues de la clinique du 132e Bataillon Cynophile de l’Armée de Terre (Suippes) et malgré leurs moyens modestes (échographe ancienne génération), le diagnostic est sans appel : il souffre d’une malformation cardiaque, dénommée communication interventriculaire (caractérisée par une sorte de   »trou » – de plus d’1 cm de diamètre – à l’intérieur du cœur faisant communiquer le sang oxygéné et non  oxygéné). Référé au Pr Chetboul, le diagnostic est confirmé, mais il apparaît que RITOS n’a pas encore de modifications cardiaques irréversibles et que seule la chirurgie à coeur ouvert lui permettrait d’espérer à une vie normale.
  • Le Ministère de la Défense réunit les fonds nécessaires à son intervention chirurgicale (ramenés à leur plus strict nécessaire, juste pour couvrir les frais matériels). L’intervention, réalisée à coeur ouvert et cœur battant avec l’aide de chirurgiens cardiaques, a consisté à boucher la communication grâce à  un patch. Elle a été réalisée avec un professionnalisme sans faille. 24 heures plus tard, le Pr Chetboul confirme la normalisation des pressions sanguines. Comble de satisfaction ultime pour tous, RITOS (re)commence son entraînement militaire progressif après 3 mois de convalescence, qui se déroule, cette fois, sans encombre. Il fera une carrière militaire normale, l’amenant à être projeté au Kosovo, en validant sans problème toutes les étapes des contrôles opérationnels : signe magistral, s’il en faut, d’une totale et parfaite réussite de cette équipe pluridisciplinaire, animée par la même passion de la cardiologie animale. RITOS est désormais un retraité militaire, bien paisible, dans le sud-est de la France au foyer de son ancien maître….

Un ENORME remerciement, encore une fois, de la part des personnels militaires de la clinique vétérinaire de Suippes (colonel  Lamour, colonel  Ginesta, colonel Magnan, commandant Quain, CCh De Biasi, CCh Frédéric, entre autres) à cette équipe extraordinaire de cardiologues vétérinaires et chirurgiens cardiaques (Pr Laborde, Pr Chetboul, Dr Borenstein, Dr Behr, M. Pierrel, entre autres),  qui se trouve enfin reconnue et portée au grand jour par cette fondation remarquable.

 

Colonel Lamour, du 132e Bataillon Cynophile de l’Armée de Terre (Suippes)

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